Avec la zoothérapie, l'animal devient un allié contre la maladie
La zoothérapie permet de réduire le stress et soigner la déprime

Eprouvées Outre-Atlantique, la zoothéapie et la médiation animale sont de plus en plus répandues en France. Le principe de ces thérapies ? Créer du lien avec l’animal de compagnie ou domestique pour soigner les troubles physiques, mentaux ou sociaux. Explications.

« L’animal ne se nourrit pas d’attentes idéalisées envers les humains, il  les accepte pour ce qu’ils sont et non pas pour ce qu’ils devraient être », affirmait Boris Levinson, psychiatre américain et pionnier de la zoothérapie en 1953. Précurseur dans ce mouvement, son approche consistait déjà à faire intervenir l’animal auprès de personnes sujettes à des troubles qu’ils soient d’ordre psychiques, moteurs ou sociaux, le plus souvent en complément d’un traitement médical ou d’un suivi psychologique. A la différence de la médiation animale dont la vocation est d’apporter du bien-être ou un confort, la zoothérapie possède un but thérapeutique et est obligatoirement prescrite par des thérapeutes, médecins, psychologues.
Cette thérapie, plébiscitée par 96% des Français (sondage Opinionway) trouve tout son sens dans le contenu du projet de loi voté début 2015 qui reconnait l’animal comme un « être vivant doué de sensibilité ».

L’animal, meilleur ami de l’homme

« Si les Français sont aussi convaincus par la capacité des animaux de compagnie à apporter du réconfort aux personnes en difficulté, c’est parce qu’une large majorité d’entre eux ont déjà expérimenté les bienfaits d’une présence animale », explique Najla Barouni, responsable du développement chez Assur O Poil. 91% des Français assurent d’ailleurs avoir déjà ressenti du réconfort en présence d’un animal de compagnie, qu’ils soient propriétaires ou non et 74% ressentent du bien-être en leur présence (sondage Opinionway).
On peut expliquer cet engouement par la relation ancestrale qui s’est instaurée entre l’homme et l’animal. « De plus en plus de citadins, jeunes couples ou personnes âgées prennent un animal pour se sentir moins seuls », constate le docteur Jacques, vétérinaire. Il explique aussi qu’ « au contact des animaux, l’homme se rééduque, apprend à être plus respectueux, plus sensibles aux autres ». Qui aime son chien, aime son prochain pourrait être un bon adage !
 

Zoothérapie ? Des partenaires au poil !

Les bienfaits de la zoothérapie ne sont pas scientifiquement prouvés mais cette approche fait quotidiennement ses preuves dans de nombreux lieux de vie qui ont adopté la médiation par l’animal. « De plus en plus de maisons de retraite font appel à nos services pour venir en aide à des personnes en situation de grand isolement, ayant des problèmes sensoriels ou des troubles cognitifs », explique Caroline Barthalot, infirmière intervenante en médiation animale, formatrice et responsable administrative de l’association 4 pattes tendresse. « Nous travaillons en étroite collaboration avec le personnel soignant afin d’accompagner notre animal dans le travail qu’il nous aide à mener auprès du patient. En instaurant un rapport de confiance entre le bénéficiaire des soins et l’animal, nous parvenons tout doucement à faire passer de nouveaux messages et à faire évoluer le malade», indique encore Caroline Barthalot. Avant d’ajouter : « La joie de l’animal, son comportement festif, la douceur de son pelage éveillent l’intérêt des patients qui ne peuvent rester insensibles à cet échange nouveau pour eux. C’est à nous en parallèle de mettre des mots sur leurs maux et de les aider à progresser ».
Sources de réconfort et de mieux-être, les animaux domestiques sont d’ailleurs devenus des compagnons traités au même plan qu’un membre de la famille. 63% des Français avouent faire autant attention à la santé de leur animal qu’à celle de leur conjoint.
Ce même sondage montre également que 83% des personnes interrogées trouveraient pertinents que les médecins puissent prescrire la présence d’un animal en support d’une thérapie.

Le chien, un compagnon à méditer

Maisons de retraite, centres spécialisés, hôpitaux, foyers d’accueil, instituts médicaux et éducatifs ou même prisons sont désormais le théâtre de la présence et de l’intervention d’animaux. Chats, chiens, lapins, chevaux et même parfois petits rongeurs entrent dans des lieux où ils n’étaient d’ordinaire pas admis. « L’animal le plus souvent utilisé dans cette médiation reste le chien du fait de sa docilité mais certains patients sont plus sensibles à la présence d’autres espèces. A nous de trouver le meilleur allié possible », dit Catherine Barthalot.
Synonyme de lien social, l’animal peut être utilisé dans le cadre de troubles de l’attention et de la concentration, de dépréciation de soi, de dépression, de solitude mais aussi auprès de personnes en situation de fragilité ou de handicap. L’animal aide à stimuler les capacités cognitives, la dextérité, la motricité mais sert aussi à améliorer l’autonomie et à favoriser la communication.
Les animaux ne suivent aucune formation en particulier mais peuvent toutefois être préparés dans certains cas. « Nous sommes là pour créer le lien, pour aller dans le sens des équipes dans le respect du bien-être des animaux et celui des bénéficiaires », déclare encore Catherine Barthalot. Avant de préciser que « c’est ce travail de collaboration qui permet d’observer les impacts positifs sur les résidents ». Devant de tels progrès, les directeurs d’établissement sont bien souvent incités à reproduire ces expériences auprès d’autres patients.

Des animaux pas toujours les bienvenus…

En dépit des retours positifs sur la zoothérapie, certains centres restent partagés par le flou de la législation française sur le sujet. « Plusieurs textes de lois évoquent la possibilité d’introduire un animal dans un lieu collectif mais nombres d’entre eux se contredisent et leur cadre est insuffisamment défini pour être clairement interprété », déplore Catherine Barthalot. La notion de loi est dans ce cas facilement contestable puisque selon les textes, on passe de « l’animal peut être admis » à « l’animal est interdit ». C’est alors aux chefs d’établissements de décider s’ils souhaitent faire appel à la médiation animale pour leurs pensionnaires. Dans tous les cas, les animaux sont soigneusement sélectionnés et leur état de propreté et de santé est certifiée par un vétérinaire.
La médiation animale reste un complément à d’autres soins et ne peut en aucun cas constituer un moyen unique de guérison.

A SAVOIR

Dans les maisons de retraite : 90% des Français estiment que la médiation animale prend tout son sens dans les maisons de retraite, synonyme de lien social et de réconfort
Dans les centres spécialisés : accompagnement aux soins ou psychologique, la présence des animaux de compagnie est plébiscitée par 88% des Français
Dans les écoles et les universités : 44% des Français estiment que les animaux de compagnie peuvent permettre aux étudiants d’atténuer leur stress.
Dans les entreprises : les Français sont 39% à y être favorables

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