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Jean Castex en visite dans le vaccinodrome du palais des Sports de Lyon-Gerland ©F.David/Matignon

Au lendemain de la visite de Jean Castex à Lyon, les médecins et les infirmiers libéraux ne décolèrent pas. Ils s’insurgent contre l’attitude méprisante du Premier Ministre à leur égard. Explications.

Jean Castex n’aura pas fait que des heureux lors de sa visite express à Lyon, ce week-end. Le Premier Ministre, qui avait annoncé (tardivement) sa venue dans le Rhône, samedi, avait placé ce déplacement sous le signe de la lutte contre le coronavirus. Alors que l’épidémie a déjà fait plus de 10 000 morts en Auvergne-Rhône-Alpes.

Un périple dans la capitale des Gaules marqué notamment par une halte dans le service de réanimation puis dans celui des soins intensifs de l’hôpital Edouard-Herriot. Puis, plus tard, Jean Castex a fait un détour par le quartier de Gerland afin de découvrir le vaccinodrome implanté sous le dôme du palais des Sports. Le plus productif de France avec 14 000 vaccinations par semaine.

 

Covid, exaspération et lassitude des personnels soignants

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Le Premier Ministre, Jean Castex, en visite à l’hôpital Edouard Herriot, à Lyon ©F.David/Matignon

Sur les deux sites, le Premier Ministre a donc pu ressentir l’exaspération et la lassitude des professionnels de santé, confrontés depuis de longs mois à la pandémie. A l’hôpital Edouard-Herriot, Jean Castex a notamment été interpelé par un médecin réanimateur. Objet du courroux du praticien, le manque d’anticipation du gouvernement face à une situation sanitaire jugée trop prévisible. “Il y a une usure“, a notamment lancé le médecin, évoquant les conséquences psychologiques de la troisième vague et le sentiment de “ne pas être écouté“.

Ce lundi 12 avril, ce sont les médecins libéraux et les infirmiers libéraux qui ont fait savoir leur mécontent face à l’attitude jugée méprisante du Premier Ministre. Ce dernier est notamment accusé d’avoir snobé ces professionnels de santé, pourtant en première ligne sur le front de la lutte anti-covid. “Le Premier Ministre n’a pas eu l’égard de nous inviter. La bienséance aurait voulu que nous soyons au moins averti de sa visite. Or, on a été ni informé, ni invité ! Il s’est foutu de nous ! On a ressenti ça comme un véritable affront car sans nous, tout s’arrête “, tempête Pierre-Jean Ternamian, le président des Médecins Libéraux Auvergne-Rhône-Alpes.

 

“On réclame un minimum de respect”

Un mécontent partagé par les infirmiers libéraux. “Depuis le 14 janvier, grâce au SIO (Service Infirmier d’Orientation) mis en place par l’URPS, nous mettons à disposition 300 infirmiers libéraux chaque semaine sur le site du palais des Sports. Quotidiennement, cela représente 56 infirmiers qui se relaient par sessions de quatre heures, assurant entre 30 et 35 vaccinations chacun. Ils viennent du Rhône, de la Loire, du Nord-Isère… Il y en a aussi sur les autres centres du département. Cela méritait bien un minimum de respect de la part du chef du gouvernement“, s’emporte Lucien Baraza, président de l’URPS Infirmiers Libéraux Auvergne-Rhône-Alpes.

Dans un communiqué commun, médecins et infirmiers libéraux considérent comme une “vexation supplémentaire” le fait de ne pas avoir été conviés à marcher dans les pas de Jean Castex en terre lyonnaise. “Les médecins et infirmiers libéraux sont déjà en colère contre les conséquences de la politique vaccinale erratique du gouvernement. Un politique qui se traduit par une baisse de confiance générale de la population, dans les vaccins contre la Covid-19. Certains médecins se désengagent de cette vaccination. L’attitude du Premier Ministre ne va sûrement pas les encourager pour la suite de la campagne vaccinale“, conclut Pierre-Jean Ternamian, président de l’URPS Médecins Libéraux AuRA.

 

A SAVOIR

A compter de ce lundi 12 avril, la vaccination est ouverte à tous les Français âgés de 55 ans ou plus. Avec ou sans comorbidités.  Deux vaccins sont à la disposition de cette tranche d’âge : l’AstraZeneca et le Johnson&Johnson dont les premières livraisons viennent d’être effectuées sur le sol français. Par ailleurs, la campagne vaccinale avec les doses Pfizer et Moderna va s’élargir à toutes les personnes âgées de plus de 60 ans à compter du 16 avril.

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