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Légalisée en France depuis juillet 2001, la vasectomie est un moyen de contraception masculine considéré comme irréversible. Contrairement aux idées reçues, la vasectomie est extrêmement efficace et ne modifie pas la vie sexuelle des patients.

En France, on note un engouement de plus en plus prononcé pour la vasectomie, largement démocratisée aux États-Unis ou en Grande-Bretagne, comme l’explique le Docteur Jean-Michel Clavel, chirurgien urologue au Médipôle Lyon-Villeurbanne.

 

En quoi consiste la vasectomie ?

La vasectomie est une intervention de stérilisation masculine qui consiste à sectionner le canal déférent au niveau du scrotum afin d’empêcher les spermatozoïdes de se mélanger au liquide spermatique. En règle générale, on en extrait quelques millimètres avant de procéder à une obstruction ou coagulation des deux côtés. Cette intervention est bénigne et généralement pratiquée sous anesthésie locale.

Les chirurgiens urologues peuvent proposer par sécurité une congélation des spermatozoïdes avant de réaliser la vasectomie.

Bien que certaines techniques de reperméabilisation existent, leur efficacité n’est pas garantie et la vasectomie est donc présentée comme une méthode de stérilisation irréversible.

 

Pourquoi cette augmentation du nombre de vasectomies en France ?

Nous faisons régulièrement cette intervention en France, mais nous sommes encore loin de la situation présente aux États-Unis, où la vasectomie suit bien souvent un premier divorce, et le versement d’une pension alimentaire… La France est encore un petit peu “à la traîne” : les demandes augmentent sans toutefois exploser.

De plus en plus de couples se tournent toutefois vers cette méthode contraceptive. Il y a une volonté pour l’homme de participer à la contraception du couple. On note par ailleurs une remise en cause des moyens de contraception féminins actuels, comme la pilule ou le stérilet, souvent responsables d’effets secondaires conséquents sur la santé des femmes.

Une meilleure communication au sein du couple motive cette démarche. Les informations sur la vasectomie circulent mieux et balayent les idées reçues qui ont pu persister au fil du temps. La vasectomie représente aujourd’hui le moyen de contraception le plus efficace, le plus simple et le moins onéreux.

 

La stérilité est-elle immédiate ?

La stérilisation n’est pas immédiate après l’opération. La fécondité persiste tant qu’il reste des spermatozoïdes dans les vésicules séminales. On conseille donc de maintenir une méthode contraceptive durant les 12 semaines qui suivent la vasectomie. Un spermogramme permet ensuite de s’assurer de l’absence de spermatozoïdes.

La vasectomie n’influe pas sur la quantité de liquide spermatique : le volume de liquide émis lors de l’éjaculation reste inchangé. La seule modification qui apparaît est l’absence de spermatozoïdes au sein de ce liquide mais cela ne représente qu’un faible pourcentage sur le volume global.

 

Existe-t-il des répercussions sur la sexualité ?

La vasectomie a souvent été assimilée, à tort, à une perte de virilité. Or, c’est totalement infondé ! Cette méthode ne modifie en rien la production des hormones masculines. Les hommes ne doivent pas redouter des changements dans leur « masculinité » ou un impact sur leur vie sexuelle. La vasectomie n’entraîne pas de troubles de l’érection ni de l’éjaculation.

 

Cette méthode contraceptive est-elle efficace ?

La vasectomie est la méthode contraceptive la plus fiable. On estime son efficacité à 99 % avec un risque très faible de grossesse. Les causes principales d’échec sont plutôt dues à des rapports sexuels non protégés dans les semaines qui suivent l’intervention, ou encore à des cas de reperméabilisation secondaire (qui nécessitent une nouvelle intervention). Ces risques sont cependant extrêmement rares.

 

Les suites opératoires sont elles simples ?

L’intervention est simple puisqu’elle peut être réalisée en une vingtaine de minutes sous anesthésie locale. La vasectomie engendre moins de complications qu’une stérilisation féminine par ligature des trompes. Cette dernière est souvent plus lourde et nécessite une anesthésie générale, avec des suites plus complexes. Par ailleurs, la vasectomie est moins coûteuse que la ligature des trompes. Pourtant elle est à l’heure actuelle moins souvent pratiquée qu’une stérilisation féminine.

 

Est-ce une méthode définitive ?

On doit envisager la vasectomie comme une méthode définitive. Si la possibilité d’une reperméabilisation existe, son efficacité reste aléatoire et le taux de grossesse chez les couples dont le conjoint a subi une seconde intervention de reperméabilisation est très bas. Les patients doivent être informés du caractère non réversible de la vasectomie avant d’envisager l’intervention.

Aujourd’hui, il n’existe pas de méthode de stérilisation temporaire des canaux déférents. Par contre, on peut tout à fait envisager de conserver du sperme avant de réaliser l’intervention.

Toutes ces informations sont bien-sûr communiquées au patient lors d’une consultation pour l’aider dans sa prise de décision. Il faut ensuite respecter un délai légal de 4 mois avant l’intervention chirurgicale.

 

Quel est le coût d’une vasectomie ?

La vasectomie est bien moins onéreuse qu’aux États-Unis, mais souffre pourtant d’un mauvais remboursement auprès de la Sécurité sociale. Cependant cela n’empêche pas les patients de se tourner vers les établissements privés pour 2 interventions sur 3 réalisées.

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À SAVOIR

En France, 9 240 hommes ont choisi d’avoir recours à la vasectomie en 2018. Ces interventions sont en forte augmentation : elles ont été multipliées par 5 depuis 2010. Après l’opération, le taux de grossesses non souhaitées pour 100 femmes la première année suivant une vasectomie est de 0,10 % en pratique optimale contre 0,15 % en pratique courante (aux États-Unis).

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