Le retard de livraison de 62 000 doses du vaccin Moderna aux pharmacies et médecins de ville d'Auvergne-Rhône-Alpes risque de ralentir la campagne vaccinale à l'approche de l'été. ©Freepik

Alors que la vaccination bat son plein en Auvergne-Rhône-Alpes, où près de 40% des habitants ont déjà reçu une première dose, certains rendez-vous pourraient être déprogrammés dans les prochaines semaines. En cause : une panne de camion acheminant des doses du vaccin Moderna vers les pharmacies et les médecins généralistes, autorisés à l’administrer depuis le 26 mai. Explications, à l’heure où la vaccination est désormais ouverte à tous les adultes et qu’elle pourrait s’étendre bientôt aux mineurs.

La campagne de vaccination anti Covid-19, enfin sur les rails, risque de subir un coup de ralentissement en Auvergne-Rhône-Alpes. Un retard de livraison pourrait mettre à mal le rythme des vaccinations avant la période estivale. Les 62 000 nouvelles doses du vaccin Moderna promises aux pharmacies et aux médecins libéraux auverhonalpins au 26 mai dernier n’ont en effet pas été livrées à temps. En cause : une panne du camion de transport qui a impacté de nombreux professionnels de la région et de la moitié sud de la France.

 

Vaccinations : “course contre la montre” dans les officines

Au total, 28 000 doses du vaccin à ARN-Messager étaient attendues dans 1500 pharmacies auverhonalpines. 34 000 autres devaient remplir les stocks de plus de 3000 médecins de ville. Oliver Rozaire, président de l’URPS Pharmaciens d’Auvergne-Rhône-Alpes craint d’importants retards. “On devrait recevoir le solde la semaine prochaine. Le problème c’est qu’on ne peut pas passer de commandes cette semaine, ce qui va forcément entraîner des déprogrammations de vaccinations chez les médecins libéraux et dans les pharmacies. Cela tombe d’autant plus mal que les vacances approchent. Les gens sont inquiets de ne pas pouvoir se faire injecter les deux doses avant de partir en congés. On est donc engagés dans une course contre la montre durant les prochaines semaines. Ce retard de livraison risque d’être très préjudiciable”, déplore t-il.

 

Les vaccinations avec Moderna à la traîne

En effet, à l’approche des vacances estivales, chaque jour compte dans le calendrier vaccinal. Les doses tant attendues du vaccin Moderna ont pour but de booster la vaccination en Auvergne-Rhône-Alpes puisque la confiance dans le principe à ARN-Messager semble nettement supérieur à ceux à adénovirus tels que Johnson & Johnson ou AstraZeneca.

Au total dans la région, depuis le début de la campagne vaccinale, seules 289 132 personnes ont pu être vaccinées avec Moderna, faute de doses disponibles. Un chiffre bien loin de son homologue Pfizer-BioNtech, administré à plus de 2 millions d’Auverhonalpins. Même le décrié AstraZeneca (rebaptisé Vaxzevria) désormais injectable qu’aux plus de 55 ans sans risques de comorbidités, comptabilise plus de vaccinés. Soit 502 400 personnes. Commandées en masse au début de la campagne, les doses de ce vaccin conçu par adénovirus de chimpanzé peinent en effet à trouver preneur.

À ce jour, 39% de la population d’Auvergne-Rhône-Alpes a reçu au moins une dose de vaccin contre la Covid-19, soit autant qu’au niveau national. Moins de 19% de la population régionale, comme au niveau national, a atteint la complète couverture vaccinale. Des chiffres encourageants qui restent toutefois bien en dessous du seuil de l’immunité collective, fixé à 70%. Pour l’atteindre, l’une des pistes envisagées est l’élargissement de la vaccination à tous les âges.

 

Covid-19 : faut-il vacciner les enfants ?

Alors que la France s’apprête à franchir une nouvelle étape du déconfinement dans quelques jours, de nombreux spécialistes craignent une remontée des cas. Le risque que les plus jeunes développent une forme grave est minime. Celui qu’ils transmettent massivement le coronavirus est toutefois plus important. Si Emmanuel Macron a annoncé rendre accessible la vaccination anti Covid-19 aux 12-18 ans dès la mi juin, la question fait encore débat et se pose notamment pour les plus jeunes. En sus de l’absence de symptômes, les gestes barrières sont plus difficilement imposables aux tout petits. Le port du masque par exemple, n’est obligatoire dans les lieux publics que pour les plus de 11 ans.

L’Académie de médecine pour l’obligation de la vaccination

La mise en place de la vaccination aux enfants est toutefois un processus complexe. L’injection aux mineurs de vaccins dont l’évaluation et les effets secondaires sont encore incertains, fait débat. Du côté du ministère de la Santé, l’heure serait à la prudence et donc à l’attente. “Il nous faut encore des détails, une autorisation de l’agence européenne, une autorisation des autorités sanitaires françaises. Et ensuite nous pourrons l’envisager“, annonçait Olivier Veran sur BFM TV.

De son côté, l’Académie de médecine préconise, à l’inverse, la vaccination obligatoire pour les enfants. “Obligation n’est pas un gros mot quand il s’agit de vacciner contre la Covid-19, défend t-elle. Elle s’impose dans tous les cas où une vaccination efficace permet d’éliminer une maladie répandue, sévère et souvent mortelle.”Selon l’Académie, l’obligation pourrait contrer “la réticence de parents qui ne manqueront pas d’objecter que la Covid-19 est généralement bénigne dans le jeune âge“.

L’Agence nationale de sécurité du médicament a quant a elle donner un avis favorable à l’élargissement du vaccin Pfizer aux enfants. “L’utilisation recommandée du vaccin Comirnaty Covid-19 (le vaccin Pfizer / BioNTech, NDLR) chez les enfants de 12 à 15 ans sera la même que chez les personnes âgées de 16 ans et plus. Il est administré en deux injections dans les muscles du bras, à au moins trois semaines d’intervalle”, a déclaré l’instance le 28 mai dernier.

Dans l’attente d’une décision des autorités de santé sur l’élargissement de la vaccination anti Covid-19 aux enfants, les gestes barrières restent le principal moyen de se protéger.

 

À SAVOIR

L’épidémie de Covid-19 continue à freiner en Auvergne-Rhône-Alpes comme dans le reste de la France. Le taux d’incidence est désormais tombé sous le seuil des 100 cas pour 100 000 habitants. Dans la semaine du 24 au 30 mai, il stagnait aux alentours de 90/ 100 000. À l’échelle départementale, seuls deux départements ont un taux d’incidence supérieur à 100/ 100 000 : la Loire (156,3) et le Rhône (107).

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