La vaccination contre le Covid-19 s'est étendue aux 50-65 ans depuis le 25 février 2021. ©Freepik

Si l’ouverture de la vaccination à tous les Français de plus de 50 ans avec comorbidités a élargi la liste des publics éligibles, les innombrables changements ont rendu très flou le calendrier vaccinal. Et alors que la vaccination, freinée par des stocks limités, ne remplit pas les objectifs préalables, chacun se demande quand il aura droit au précieux sérum. À qui le tour ? Qui peut se faire vacciner ? Avec quel vaccin ? Le point pour y voir plus clair.

Depuis le début de la campagne de vaccination en janvier dernier, 351 418 personnes ont reçu au moins une dose de vaccin contre la Covid-19 en Auvergne-Rhône-Alpes. À la traîne, la couverture vaccinale de la région atteint laborieusement ainsi les 4,4% de la population régionale selon les données de Santé Publique France du 27 février 2021. De quoi laisser le champs libre à cette question : quand sera t’il possible de se faire vacciner ?

Entre retards de livraisons des vaccins, manque de doses disponibles et changements de stratégies, le calendrier vaccinal a été mis à mal. Il va falloir encore patienter, même si l’ouverture de la vaccination à n’importe quelle personne de plus de 50 ans avec comorbidités ce 1er mars est une bonne nouvelle.

 

Vaccin AstraZeneca : tous les + de 50 ans (avec morbidités) finalement éligibles

Le ministre de la Santé Olivier Véran a annoncé hier que “désormais toutes les personnes âgées de 50 ans et plus et qui ont des comorbidités et fragilités peuvent se faire vacciner avec l’AstraZeneca sans limite d’âge, incluant les 65-75 ans.” La Haute Autorité de Santé a en effet donné un avis favorable à la vaccination de cette tranche d’âge par le vaccin AstraZeneca.

 

Les “oubliés” de 65-75 ans aussi dans les critères

Depuis le 19 février, seuls les 50-64 ans pouvaient en effet bénéficier du vaccin AstraZeneca, à condition de présenter un risque de comorbidité. Entre les deux âges autorisés à se faire vacciner, les 65-74 ans semblaient donc être les grands oubliés du calendrier vaccinal. Ils ne rentraient dans aucune case prévue par le Ministère de la Santé : trop jeunes pour les vaccins Pfizer et Moderna, ils étaient, jusqu’à ce lundi 1er mars, trop vieux pour le vaccin AstraZeneca !

Les plus de 50 ans avec comorbidités peuvent donc se faire vacciner chez leur médecins traitants et dans les établissements hospitaliers qui les suivent. En théorie, car en pratique les médecins généralistes dénoncent le peu de doses disponibles.

Autre problème : la réticence de certains face à ce dernier vaccin. “Au début, les patients disaient qu’ils ne voulaient pas [du vaccin Pfizer] et qu’il leur faisait peur. Maintenant, ils disent qu’ils veulent du Pfizer et que l’AstraZeneca fait peur“, confiait Dr Michel Till, médecin généraliste et représentant du syndicat CSMF (Confédération des Syndicats Médicaux Français) dans l’émission ” Votre Santé” du jeudi 25 février. L’avis de la Haute Autorité de Santé qui “considère que tous les vaccins dont nous disposons en France, le AstraZeneca, le Pfizer et le Moderna, ont une efficacité qualifiée de remarquable” selon Olivier Véran, pourra peut-être changer la donne.

 

À qui sont destinés les vaccins Pfizer et Moderna ?

Aux mêmes publics que depuis le début de la vaccination.

Les patients de résidences à risques et les professionnels de santé

Les personnes dîtes “prioritaires” et les plus à risques de développer les formes graves ne sont éligibles qu’aux versions des laboratoires Pfizer et Moderna. C’est-à-dire celles qui résident dans des établissements à risques (Ehpad et unités de soins longue durée, établissements de santé et services de soins de suite, résidences autonomie ou de service…) et les personnes en situation de handicap considérées comme vulnérables. Soit en majorité, les sujets les plus fragiles.

 

Les personnels de santé de plus de 50 ans

Autres bénéficiaires des mêmes vaccins : les professionnels de santé, les sapeurs pompiers et les aides à domicile de plus de 50 ans et/ou présentant des risques de comorbidités qui travaillent auprès des personnes à risques.

 

Les plus de 75 ans et les personnes malades

Qu’ils vivent dans un établissement de santé agréé ou à leur domicile, les plus de 75 ans peuvent être vaccinés depuis le 18 janvier. En Auvergne-Rhône-Alpes, ils étaient 207 470 à avoir déjà reçu au moins une première dose des vaccins Pfizer ou Moderna, au 27 février.

Enfin et quelque soit leur âge, les personnes présentant de hauts risques de comorbidités (déficit immunitaire, pathologies chroniques, cardio-vasculaires, endocriniennes…) peuvent également se faire vacciner.

Le risque de développer une forme grave de la maladie de la Covid-19 étant élevé, ils ne sont pas éligibles au vaccin AstraZeneca. “Pour les personnes qui ont 75 ans et plus, c’est toujours le Pfizer ou le Moderna” qui sera injecté uniquement “en centre de vaccination”, a confirmé hier Olivier Véran.

Ces personnes restent aujourd’hui prioritaires pour la prise de rendez-vous dans ces lieux.

Vaccin contre le Covid-19 : et pour tous les autres ?

Les autres Français de moins de 75 ans et sans comorbidités, soit la majorité de la population, n’a toujours pas accès aux vaccins.

Prévue initialement en février-début mars, la partie de la phase 2, qui concerne entre autres les 7 millions de 65 à 74 ans, devrait débuter “début avril”, selon le premier ministre Jean Castex.

La phase 3, soit le reste de la population par priorité, devait au préalable débuter “au printemps”. Il est semble désormais illusoire d’imaginer tenir cette prévision très optimiste. Le gouvernement a déjà repoussé l’échéance. Emmanuel Macron, dès le 2 février, se prononçait sur une ouverture de la vaccination pour tous “avant la fin de l’été”. Le nombre de doses disponibles, pour les vaccins Pfizer, Moderna et AstraZeneca, sera déterminant pour la tenue de ce nouveau calendrier vaccinal.

 

À SAVOIR

En Auvergne-Rhône-Alpes, 28,1% des 80 ans et plus ont reçu au moins une dose de vaccin depuis le début de la campagne (chiffres du 27 février). Pour les 75-79 ans, ce chiffre n’atteint que les 24,7% dans la région. À l’échelle nationale, ces taux sont quasi similaires (27,9% pour les 80 ans et plus et 24,3% pour les 75-79 ans).

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