La campagne de vaccination contre la Covid-19, ralentie par la pénurie des doses pour Pfizer et Moderna, devrait s'accélérer avec l'arrivée du vaccin AstraZeneca. ©Freepik

Bonne nouvelle pour la campagne de vaccination contre le Covid-19. Particulièrement à la peine en Auvergne-Rhône-Alpes depuis janvier, elle devrait être boostée par l’arrivée du nouveau vaccin AstraZeneca, qui vient d’obtenir le feu vert de l’OMS. Si de nouvelles doses des vaccins Pfizer et Moderna doivent être livrées en mars, ce troisième vaccin, plus facile à conserver, pourra être administré par les médecins de ville aux moins de 65 ans, à compter du 25 février.

La campagne de vaccination contre la Covid-19, officiellement débutée le 4 janvier dernier, se poursuit en Auvergne-Rhône-Alpes. La livraison des doses de vaccin au compte-goutte par les laboratoires américains freine toutefois sa diffusion.

Dans la région, 266 977 premières doses ont été injectées aux patients propriétaires depuis le début de la campagne. Seules 65 507 personnes ont pu atteindre la complétude vaccinale avec l’administration de la seconde dose. Un score bien loin des autres régions de France. L’arrivée du nouveau vaccin AstraZeneca devrait toutefois permettre l’accélération de la couverture vaccinale dans la région.

 

Vaccination : Auvergne-Rhône-Alpes à la traine 

Le bilan vaccinal est disparate sur la carte de France. Avec plus de 750 000 habitants de plus de 75 ans, la région Auvergne-Rhône-Alpes compte pourtant parmi les mauvais élèves. Dans la classement des régions selon le taux de vaccination, aux premières doses, elle stagne même dans les trois dernières places, avec 2,09%, devant les Hauts-de-France et l’Île-de-France.

La distribution des rares doses de vaccins est répartie dans les régions françaises selon la situation sanitaire et les personnes à risques. Difficile, donc, d’expliquer ce retard alors que 10% de la population régionale est considérée comme à risque et qu’Auvergne-Rhône-Alpes figure parmi les régions qui restent les plus touchées actuellement.

 

Une vaccination inégale entre les départements

Les départements auverhonalpins ne sont toutefois pas couverts de la même façon par la vaccination. Le Rhône comptabilise 55 655 premières injections. Contre seulement 9524 dans le Cantal, au 14 février 2021.

Vaccination en Auvergne Rhône-Alpes
La carte de la vaccination en Auvergne-Rhône-Alpes. ©Source ARS

Concernant les profils, la majorité des personnes vaccinées sont des femmes (61%), selon les données de l’ARS. Parmi les bons élèves, la tranche d’âge de 80 ans et plus a été la plus volontaire. Les 75 à 79 ans, au même nombre que les 50-59 ans suivent, majoritairement composés des professionnels de la santé et du médico-social.

 

Le vaccin AstraZeneca bientôt disponible dans les pharmacies

Jusqu’à présent, seuls les vaccins Pfizer-BioNTech et Moderna étaient administrés aux personnes prioritaires. Pour rappel, il s’agit pour le moment des plus de 75 ans, des résidents d’Ehpad et d’unités de soins longue durée ainsi que leurs personnels et les professionnels de santé de plus de 65 ans.

Autorisé sur le marché européen le 29 janvier, le vaccin développé par la firme AstraZeneca a également obtenu hier (15 février) l’aval “d’urgence” de l’Organisation mondiale de la Santé.

 

Le vaccin pour les moins de 65 ans le 25 février

Pour protéger sa population du Covid-19, la région Auvergne-Rhône-Alpes dispose donc désormais de trois vaccins. Les 72 900 premières doses du fameux vaccin AstraZeneca ont été livrées en début février dans la région. Une avancée de taille qui permettra, dès le 25 février, d’étendre la stratégie vaccinale directement aux moins de 65 ans. La Haute autorité de santé (HAS) le recommande aux professionnels de santé et du médico-social ainsi que les seniors avec des risques de comorbidités, dès 50 ans.

Pour les vaccins Pfizer et Moderna, seuls des professionnels de la santé peuvent pour le moment l’administrer. Bientôt disponible, ce troisième vaccin AstraZeneca dispose de conditions plus souples de conservation et d’administration. Les médecins de ville pourront se le procurer en pharmacie et l’injecter aux patients correspondant aux critères (personnes âgées de 50 à 64 ans, avec en priorité celles présentant des comorbidités).

L’URPS Pharmaciens Auvergne-Rhône-Alpes, pour éviter l’amalgame, a bien rappelé que “les médecins de ville auront la possibilité de vacciner leur patientèle avec le vaccin AstraZeneca, qu’ils se procureront auprès d’une officine référente de leur choix”. Et que si “les volumes sont faibles”, les “doses augmenteront très progressivement à compter du mois de mars”. Pas la peine, donc, de se ruer dans sa pharmacie de quartier pour acheter soi-même une dose de vaccin, ou même pour se faire vacciner. Les pharmaciens, rappelons le, ne sont en effet pas encore autorisés à le faire.

 

Les 65-74 ans, grands oubliés de la vaccination ?

Cette annonce a en tout cas soulevé une question. Quid, à l’état actuel, des séniors de 65 à 74 ans dans les recommandations ? Trop jeunes pour les vaccins Pfizer et Moderna seront-ils trop vieux pour l’AstraZeneca ? Devront-ils attendre les prochaines doses ? Pour mémoire, le calendrier initial tablait sur la vaccination de cette tranche d’âge (6 à 7 millions de Français) entre février et début mars.

 

Pfizer et Moderna : de nouvelles doses de vaccins pour mars 

De technologie différente à celle d’ARN-Messager comme ses deux homologues, ce troisième vaccin AstraZeneca présente toutefois une efficacité moindre. Les personnes les plus à risques se verront donc administrées de préférence les vaccins des types Pfizer-BioNTech ou Moderna.

Si obtenir un rendez-vous pour se faire vacciner relevait du parcours de combattant depuis fin janvier, le mois de mars devrait changer la donne. Selon l’Agence Régionale de Santé, en février, seules 80 000 premières injections devraient être réalisées. Contre 140 000 en mars prochain. “Les prochaines livraisons des vaccins Pfizer-BioNTech et Moderna connues à ce jour devraient permettre de réaliser durant le mois de mars près de 220 000 injections” au total, indique l’ARS.

De quoi espérer de nouveaux créneaux disponibles ? “Une grande partie d’entre eux a d’ores et déjà été réservée par la population, notamment par les personnes qui étaient positionnées sur liste d’attente” a conclu l’ARS. Le temps, pour les candidats au vaccin, risque encore d’être long…

À SAVOIR

Auvergne-Rhône-Alpes compte 99 centres de vaccination contre la Covid-19. LES TRANSPORTS VERS CES ÉTABLISSEMENTS EST GRATUIT POUR LES PLUS DE 75 ANS dans la région, depuis le 18 janvier 2021. Pour plus de renseignements sur la stratégie vaccinale, rendez-vous sur le site internet de l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here