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Dans les stations des Alpes, de nombreuses pharmacies sont proches du dépôt de bilan ©DR

Victimes collatérales de la fermeture des stations de ski en raison de l’épidémie de Covid-19, de nombreuses pharmacies d’Auvergne-Rhône-Alpes sont aujourd’hui à l’agonie. Elles lancent un SOS auprès des pouvoirs publics pour éviter une avalanche de liquidations dramatique pour la vie de nombreux villages et l’économie de la montagne. Une conférence “au sommet” se tenait ce jeudi à la Région avant une réunion à Paris, en début de semaine prochaine, avec le Premier Ministre.

Frappées de plein fouet par la crise sanitaire et la fermeture des remontées mécaniques, les stations de ski des Alpes tournent au ralenti depuis décembre. Parmi les principales victimes, les commerçants, les restaurateurs, les saisonniers, les médecins mais aussi… les pharmaciens. En raison de la raréfaction de la clientèle, la plupart des 120 officines implantées dans les 138 stations recensées en Auvergne Rhône-Alpes, pour la plupart en Savoie et Haute-Savoie, sont en souffrance.

 

La situation “catastrophique” des stations des Alpes

« En moyenne, la baisse de chiffre d’affaires a été de l’ordre de 70% en janvier.  Certains n’ont pratiquement aucune activité depuis le début de la saison. Les PGE (Ndlr : Prêts garantis par l’Etat) contractés au printemps dernier sont épuisés en raison des loyers très élevés en station. Impossible dans ces conditions, de les rembourser. La situation est catastrophique… et je pèse mes mots », confie le docteur Olivier Rozaire, président de l’URPS pharmaciens Auvergne-Rhône-Alpes.

Ce dernier précise que les pharmacies des stations de haute altitude sont beaucoup plus impactées par la crise sanitaire que celles implantées en moyenne montagne. Et, de citer l’officine des Saisies (1650 m – Savoie) dont le chiffre d’affaires a chuté de 60%, alors qu’il a fondu de 95% dans la pharmacie de Val-Thorens (2280 m – Savoie). « La moitié des pharmacies en station sont en cessation de paiement, dont toutes celles situées dans les Trois Vallées ».

 

Appel à l’aide vers l’Etat et la Région

Une inquiétude teintée de colère, Olivier Rozaire soulignant que les pharmaciens ne bénéficient d’aucune aide, à la différence des commerces notamment. Devant cette impasse, le président de l’URPS AuRA a alerté le Premier Ministre, Jean Castex, lors de sa venue récente dans la région. Son souhait : que les officines soient intégrées à la catégorie S1 du fonds de solidarité, afin d’obtenir jusqu’à 20% d’indemnisation mensuelle sur leur chiffre d’affaires. Montant plafonné à 200 000 € par mois. Une requête sans résultat pour l’instant.

 

Des mesures d’urgence pour les pharmacies de montagne

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Olivier Rozaire, président de l’URPS Pharmaciens AuRA, lors de la conférence montagne/covid ©P.Auclair

En revanche, Olivier Rozaire a eu une oreille plus attentive du côté de Laurent Wauquiez. Le président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes s’est engagé à verser une aide financière pour prendre en charge une partie des investissements réalisés en 2020 dans les pharmacies. Autre mesure d’urgence, le déblocage de prêts à taux zéro consentis par la BPI, garantis par la Région, remboursable à partir de la 3e année.

D’autres mesures plus concrètes devraient être annoncées la semaine prochaine. En effet, Laurent Wauquiez doit se rendre à Paris pour rencontrer le Premier Ministre afin d’obtenir un soutien plus significatif de l’Etat. Dans cette perspective, une conférence de crise réunissant tous les acteurs de la montagne s’est tenue ce jeudi au siège de la Région, à Lyon. L’occasion pour Olivier Rozaire de plaider la cause des pharmaciens et de faire entendre sa voix dans un concert de doléances. Reste à savoir si elle sera entendue…

 

A SAVOIR

Certaines stations de moins de 2 500 habitants risquent d’être privées de pharmacies en cas de liquidation de l’officine du village. Les textes législatifs prévoit en effet qu’en cas de perte de la licence, la fermeture est définitive. “Si la pharmacie de Val d’Isère ou des 2-Alpes ferme, il faudra redescendre dans la vallée chercher son médicament“, prévient Olivier Rozaire.

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