Tout savoir sur la pollution atmosphérique et le risque de cancer
Habiter à la campagne ne garantis pas l'accès à un air plus sain. En effet, on constate une augmentation de 12 à 28% des cas de cancer de la prostate chez les populations rurales en fonction des territoires. ©Freepik

Pesticides, particules fines, amiante… La pollution atmosphérique constitue un risque avéré de cancer, elle serait responsable de 31 millions de décès prématurés par an dans le monde, toutes causes confondues, selon l’OMS. Contrairement aux idées reçues, l’air n’est pas nécessairement plus sain à la campagne où les pesticides peuvent être très présents. Ma Santé fait le point entre pollution atmosphérique, pesticides et risque de cancer, avec le concours du Pr Fervers, responsable du Département Prévention Cancer Environnement, du Centre Léon Bérard à Lyon.

Avec 157 400 décès en France en 2019 (source : Institut national du cancer), le cancer constitue la première cause de mortalité prématurée avant 65 ans. La recherche menée sur le terrain des facteurs environnementaux et des risques de cancer est donc essentielle pour améliorer les connaissances et la prévention du cancer chez les individus. En effet, selon les données du Centre International de lutte contre le Cancer (CIRC), 40% des cancers sont attribuables à des facteurs de risque bien connus et pourraient être évités.

 

Quels risques si mon habitation est située à proximité de cultures ?

De nombreux villages sont situés à proximité de parcelles agricoles. Les habitants de ces zones peuvent être exposés par la dispersion des pulvérisations de pesticides lors des périodes de traitement. Un foyer, même situé à plusieurs centaines de mètres des cultures, peut être exposé. Les effets sont à la fois sur le court terme (allergies, irritations des yeux et de la peau) et sur le long terme, avec des conséquences plus importantes en termes d’effets sur la santé. À noter que l’utilisation des pesticides à la maison ou au jardin constitue également un facteur d’exposition en population générale.

En milieu professionnel, l’utilisation de pesticides est associée à une augmentation du risque de certains cancers, notamment certaines hémopathies malignes (lymphome non hodgkinien, myélomes multiples). Les études montrent également une association positive entre l’exposition professionnelle et le cancer de la prostate, notamment pour l’exposition chronique au chlordécone. En ce qui concerne la population générale, les études disponibles sont moins nombreuses. Elles sont en faveur d’une augmentation du risque de leucémies et à un moindre degré des risques de tumeurs cérébrales chez l’enfant, associée à une exposition au cours de la période prénatale et périnatale . 

Des mesures ont été prises pour pallier ces problèmes (Centre Léon Bérard). Les agriculteurs doivent respecter des horaires précis pour traiter leurs cultures. De plus, certaines parcelles agricoles ont été réduites afin qu’une distance de sécurité soit respectée avec les habitations.

Pour se protéger, il est envisageable de mettre en place des protections assez rudimentaires pour limiter les dégâts : haies, murs, etc. Néanmoins, ces types de protection ne protègent que très faiblement. Il est également important de bien aérer son intérieur en dehors des périodes de traitement. 

 

Quels risques si je réside en milieu urbain ?

La pollution atmosphérique serait responsable de 31 millions de décès prématurés, toutes causes confondues, dans le monde selon l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé). Il s’agit donc d’un vrai enjeu de santé publique. En France, près de 4% des cancers du poumon, soit 1500 cas sont attribuables aux particules fines en 2015. Néanmoins, les estimations concernent uniquement les particules fines, mais pas les autres cancérogènes présents dans le mélange.

Il est très courant que des pics de pollution surviennent dans les grandes villes françaises (Paris, Lyon, Marseille ou encore Lille et Grenoble). Ces pics sont souvent le fruit d’un trafic routier dense combiné à des températures basses. Cependant l’effet sanitaire le plus important survient lors d’expositions chroniques à cette pollution atmosphérique. D’après les connaissances actuelles, être exposé sur le long terme à la pollution atmosphérique et aux particules fines augmente le risque de développer un cancer du poumon.

Le Centre Léon Bérard a également observé, à travers de récentes études, des associations statistiquement significatives entre le risque de cancer du sein et l’exposition à certains polluants de l’air (PCB, BaP). 

L’air intérieur peut être également pollué. Les principales sources de pollution de l’air intérieur sont le tabac, les particules associées à la combustion (cheminée, poêle à bois), le radon, l’encens, les bougies et les pesticides domestiques.

 

Les bonnes pratiques à adopter lors des périodes de pics de pollution en ville ? 

  • Se déplacer en utilisant des modes de transport doux et renoncer à prendre sa voiture
  • Ne pas faire de sport pour les publics sensibles (enfant, femme enceintes, personnes âges, personnes avec des pathologies respiratoires)
  • Aérer votre domicile
  • Privilégier le télétravail
  • Consulter l’application Air To Go pour connaître la pollution autour de chez moi et identifier des lieux moins pollués
  • Entretenir son véhicule
  • Respecter les restrictions de circulation différenciée
  • Diminuer et valoriser ses déchets verts, réduire sa ‘consommation’ d’emballages
  • Soutenir les initiatives en faveur de l’environnement

 

Le cancer professionnel peut-il me concerner ?

Chaque année en France, près de 15 000 cas de cancers ont une origine professionnelle selon la fondation ARC (Association pour la Recherche sur le Cancer). 

On dénombre au moins 2 millions de salariés qui sont exposés à des cancérogènes sur leur lieu de travail. 70% d’entre eux sont des ouvriers. Les risques d’avoir un cancer augmentent surtout si l’individu manipule des substances (amiante, benzène, etc.). Les expositions d’ambiance sont associés à un risque moindre.

Ces cancers d’origine professionnelle concernent essentiellement le poumon, la plèvre, la vessie et les voies aérodigestives supérieures, mais également certaines hémopathies malignes (lymphome non hodgkinien, myélomes multiples) chez les agriculteurs et ouvriers agricoles. 

 

Mon habitation peut-elle contenir du radon, à l’origine de nombreux cancers ? 

Le radon est un gaz radioactif naturel, deuxième cause de cancer du poumon après le tabac. Il serait responsable de 4 000 décès par an en France (2015). 

Ce gaz est présent dans les sous-sols granitiques ou volcaniques et peut s’accumuler dans des endroits clos comme les caves. Il peut alors pénétrer dans votre habitation par différentes fissures et se glisser dans vos inhalations courantes. Voici une cartographie du potentiel radon pour connaître les lieux où ce dernier est présent en grande quantité.

Pour limiter la pénétration du radon, l’aération quotidienne de votre logement est importante et faire appel à des professionnels (IRSN) pour réaliser des mesures et mettre en œuvre des solutions.

 

À SAVOIR

Les périodes de pics de pollution sont souvent caractérisées par des concentrations importantes de particules fines PM2.5. L’acronyme PM signifie “Particulate Matter”, particules fines. Les PM2.5 sont des particules d’un diamètre inférieur à 2.5 microns. Les PM10, particules grossières, ont un diamètre inférieur à 10 microns. Elles sont particulièrement dangereuses pour notre organisme car elles peuvent pénétrer profondément dans notre organisme via nos voies respiratoires. 

 

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