2 à 3% des Français souffriraient de TOC. ©Pixabay

2 à 3% des Français souffriraient de troubles obsessionnels compulsifs, ces rituels anxieux liés à la saleté, au désordre ou à la sexualité… Le point sur une pathologie chronique très lourde à vivre avec Damien Corubolo, psychologue clinicien à Grenoble.

Vérifier plusieurs fois qu’on a bien fermé sa porte d’entrée, se laver les mains 40 fois par jour ou encore être “maniaque” au point de faire le ménage au moindre grain de poussière… 2 à 3% des Français souffriraient de ce genre de troubles obsessionnels compulsifs (ou TOC). Le point avec Damien Corubolo, psychologue clinicien à Grenoble.

 

Les TOC, qu’est-ce que c’est ?

Modérés ou sévères, les TOC font partie des troubles anxieux. Ils peuvent apparaitre dès
le plus jeune âge, et souvent avant 25 ans. Ils se manifestent généralement par
l’apparition d’une pensée intrusive, plutôt banale, comme « ai-je bien fermé la porte ? ».

Les personnes atteintes de ce trouble développent alors de l’anxiété vis-à-vis de cette
pensée et ont des difficultés à maîtriser leurs émotions. « Elles vont avoir du mal à gérer
l’émotion générer par la pensée et vont mettre en place un comportement qui vise à la
réguler. Et cela peut leur prendre beaucoup de temps », analyse le psychologue Damien
Corubolo.

 

Comment se caractérisent les TOC ?

Les TOC se manifestent à travers des obsessions et des compulsions, engendrant le suivi
de rituels relatifs à différentes thématiques. On trouve :

Les obsessions :

  • Saleté
  • Contamination
  • Désordre
  • Sexualité
  • Sacrilège

Les compulsions :

  • Lavage des mains
  • Vérifications
  • Rangements et classements précis
  • Comptage
  • Prière
  • Répétition silencieuse de mots

 

Un profil de patient ?

Les TOC peuvent être d’origine neurophysiologique, psychotraumatique et/ou génétique.
Pour Damien Corubolo, certains types de personnalités sont plus susceptibles de
développer des TOC. « Les personnes ayant un système de valeur stricte, rigide, exigeant
peuvent croire que les pensées disent des vérités. Ils peuvent alors développer des TOC
visant à annuler des pensées qu’ils peuvent juger anti-morales, ou à réguler l’émotion ».

Des difficultés sociales

Les conséquences sociales varient en fonction de l’incidence des TOC sur leur quotidien
du patient : de 20 à 30 minutes par jour, jusque dans certains cas 3 à 5 heures par jour,
gênant ainsi considérablement le rythme de vie habituel.

Face à la méconnaissance de ce trouble et l’incompréhension possible de l’entourage, certains patients peuvent développer un sentiment de honte.

Comment soigner les TOC ?

Une prise en charge précoce favorise l’atténuation des symptômes de cette pathologie
chronique. Le premier traitement réside dans la prise d’antidépresseurs : « si cela ne
guérit pas, cela a tendance à soulager le patient », confirme le psychologue grenoblois.
C’est pourquoi ce traitement médicamenteux s’accompagne généralement d’une psychothérapie. Basée sur un échange entre le psychothérapeute et son patient, la
thérapie cognitivo-comportementale (TCC) agit directement sur les comportements
problématiques et obtient de bons résultats.

 

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À SAVOIR

Selon l’Inserm, de nouveaux modes de prise en charge des TOC sont à l’étude pour limiter l’échec thérapeutique éventuel du traitement médicamenteux. La recherche avance notamment sur l’option de la chirurgie lésionnelle, à destination des cas les plus graves. La stimulation cérébrale profonde est une autre technique envisagée pour les cas les plus sévères.

 

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