La question des bienfaits ou des affres de la tétine est récurrente chez les jeunes parents ! ©Shutterstock

Source de réconfort, la tétine est sucée par 80% des enfants. Il n’en demeure pas moins que son usage n’est pas toujours sans conséquences. On fait le point sur les huit choses à savoir sur la tétine avec le Dr Marie Hélène Prévé, spécialiste en orthodontie dans l’Isère, membre de la FFO.

 

La succion est une fonction vitale chez le bébé

Pour votre nourrisson, la succion physiologique est une fonction archaïque, c’est-à-dire qu’elle est totalement indispensable à sa survie puisqu’à l’origine, elle est destinée à l’allaitement au sein. Bien entendu, la succion de la tétine – beaucoup moins puissante que celle du sein – répond à un autre besoin : celui d’apaiser votre nourrisson. « Cette succion de confort est une fonction artificielle qui vient réconforter bébé en dehors des phases d’allaitement ou quand celui-ci est inexistant. Elle permet aussi de rassurer les parents qui se retrouvent parfois démunis devant les pleurs de leur enfant », souligne le Dr Marie-Hélène Prévé, orthodontiste grenobloise, membre de la Fédération Française d’Orthodontie.

 

La tétine, c’est pas automatique !

Aujourd’hui, 80% des bébés ont une tétine. Dans de nombreuses maternités, certains membres du personnel n’hésitent pas à donner d’emblée la tétine au nouveau-né, sans même demander l’autorisation aux parents. Pourtant, comme nous le confirme le Dr Marie Hélène Prévé, « il est préférable de laisser le réflexe de succion s’installer de lui-même, afin de permettre au bébé de trouver son propre mode de réconfort qui peut être autre que la tétine ». Certains spécialistes conseillent ainsi d’attendre un mois avant de donner la tétine.

 

Il est préconisé de restreindre les moments avec la tétine

Dans un monde rêvé, l’orthodontiste conseille aux parents de limiter les moments d’usage de la tétine afin d’éviter une utilisation intensive de celle-ci. « Lorsque le bébé vient de manger, qu’il est de bonne humeur, en pleine action, on peut tenter de lui retirer la tétine pour ne la réserver qu’aux phases de repos ou lorsque l’enfant est fatigué et possiblement grognon. Il faut lui montrer qu’il peut passer de bons moments même sans la tétine », affirme l’orthodontiste. Le but ? Éviter de créer un conditionnement et une dépendance à la tétine. « Le problème de cette dépendance est de priver ensuite le bébé de quelque chose auquel il est habitué. Il risquerait de mettre en place d’autres stratégies, comme téter sa langue », explique le Dr Prévé.

 

La tétine, pas pire que le pouce

Certes, la tétine n’est pas l’allié d’un beau sourire pour votre enfant, mais le pouce ne l’est pas davantage ! « La tétine présente l’avantage de pouvoir être retirée, alors que le pouce, qui peut aussi générer des malformations, n’est pas contrôlable », souligne la spécialiste.

 

La tétine physiologique, un simple argument marketing

Si vous vous demandez s’il est nécessaire d’adopter une tétine physiologique pour réduire l’impact sur la bouche de votre enfant, gardez vos sous dans votre porte-monnaie. D’après l’orthodontiste, il ne s’agit que d’arguments marketing « car la succion physiologique ne peut pas être reproduite avec une tétine. C’est un peu la même histoire que les yaourts light », argue-t-elle.

 

L’entrée à l’école, le bon timing pour stopper

Rassurez-vous : avant l’âge de 15 mois, 65% des effets de la tétine sont totalement réversibles. Et tant que l’enfant n’a pas de dents… pas de panique. « En revanche, les déformations sont définitives lorsque l’enfant suce sa tétine au delà de 4 ans. Toutefois, tout dépend de la manière dont il la suce et du nombres d’heures qu’il passe avec chaque jour », affirme l’orthodontiste. Il est donc conseillé de stopper la tétine aux alentours de l’âge de 2 ou 3 ans grand maximum. En règle générale, les enfants s’arrêtent d’eux-mêmes, mais d’autres se montrent plus accros à la tétine, auquel cas il faudra faire preuve de douceur et de patience, tout en faisant comprendre à l’enfant les enjeux.

 

Des déformations possibles 

Utilisée abusivement, la tétine peut parfois provoquer des déformations, à commencer par une béance entre les dents du haut et du bas. La mâchoire supérieure va également avoir tendance à ne pas se développer, tandis que celle du bas va se déplacer latéralement. Enfin, l’autre problème majeur peut concerner la déglutition qui va demeurer infantile en raison de la présence de la tétine entre le palais et la langue. La langue va venir prendre appui sur les lèvres à cause de l’écartement des mâchoires, alors qu’elle devrait normalement prendre appui sur le palais.. C’est aussi pourquoi l’orthodontiste déconseille l’usage du biberon à un âge avancé, car cela maintient le phénomène. Bien sûr, il est toujours difficile de dire si ces malformations ne se seraient quand même pas produites sans la tétine. Toutefois, « certaines déformations sont typiques de la tétine », note l’experte.

 

Quels traitements ?

Si une malformation est constatée, l’orthodontiste va tout d’abord alerter l’enfant et lui expliquer les raisons pour lesquelles il est nécessaire qu’il se sépare de sa tétine. « En général, on ne commence jamais les traitements avant l’âge de 6 ans. Avant, on essaie d’établir un contrat avec l’enfant pour l’encourager à s’arrêter le plus tôt possible. On se rend compte que lorsque le petit cesse la tétine, la béance se réduit », rapporte la spécialiste. Si un traitement s’avère toutefois nécessaire, il peut s’agir de la pose d’un appareil dentaire ou encore d’une rééducation avec l’orthophoniste afin d’apprendre à l’enfant à prendre conscience de sa langue et à bien la positionner.

 

A SAVOIR

Une tétine… ça se lave, et ça se change régulièrement. En effet, des bactéries peuvent aisément s’y nicher, surtout lorsque les tétines sont trouées. Pensez-y !

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