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Reprendre le travail après un burn out : tous nos conseils pour éviter la rechute. ©pixabay

Après un burn-out, difficile de reprendre la route du travail. Entre angoisses, rechutes et souffrance, le bonheur au travail semble dès lors inaccessible. Pourtant, une nouvelle vie professionnelle est possible. Aménagements, accompagnement, formation… On vous dit tout sur la reprise après un burn-out avec Florence, accidentée de parcours.

Auparavant désigné comme syndrome d’épuisement professionnel, le burn-out est désormais requalifié en effondrement professionnel. Loin d’une simple fatigue passagère, le burn-out apparait comme une sentence irréversible. Pourtant, les conséquences du burn-out peuvent s’amoindrir et offrir de nouvelles possibilités de bien-être. Reste à savoir comment rebondir.

En effet, si faire une pause est la meilleure solution en cas de burn-out, elle ne peut être définitive. Viens un moment où la reprise du travail est nécessaire. Tant dans le processus de reconstruction que dans sa vie socio-professionnelle. Mais comment reprendre le travail et ne pas replonger ? Quels outils déployés pour « vivre bien et vivre-mieux » ? Éléments de réponse avec Florence, cadre à Lyon ayant vécu un burn-out.

Afin d’éviter de replonger dans une même spirale d’effondrement, il est essentiel de mettre en place des aménagements au travail, voire d’en changer radicalement. Mais reste aussi le besoin primordial de comprendre le passé pour mieux avancer et ne pas reproduire les mêmes erreurs.

 

Burn-out, un panneau « danger de mort »

Florence a connu un burn-out des plus rudes. Comme toute personne en état de burn-out, elle a été arrêtée. Et ce, quatorze mois. Longue période aux yeux de tous, mais courte selon les professionnels de santé. Depuis, elle a repris le travail comme missionnée au sein d’un autre secteur dans la même entreprise. Si les résultats sont désormais là, la route a été longue et sinueuse. Le premier piège ? Retomber dans les mêmes travers, la même situation. Pour lutter contre ce danger, il a fallu comprendre les mécanismes du burn-out. Mettre des mots sur son vécu pour accepter et avancer.

« Le burn-out, c’est le corps qui dit stop alors que l’esprit veut continuer. C’est les deux premiers mois d’arrêts vides, un cerveau qui ne fonctionne plus, une remise en question de soi incessante. C’est ne plus savoir faire une addition de tête, faire les courses ou lire. Les pires moments. Des lendemains infinis. Je ne sais pas ce que j’aurai donné pour qu’on m’assomme et que j’arrête de penser », témoigne Florence.

Survenant après une longue période d’exposition au stress et surmenage, le burn-out est à la fois le processus de cheminement et le point de rupture. Ainsi, épuisé physiquement, mentalement et émotionnellement, le corps n’a d’autre choix que de dire stop.

« Il m’a fallu prendre conscience des facteurs environnementaux et organisationnels au travail. Au début, je n’imputais ce burn-out qu’à moi. Or c’est faux ». Comprendre que la responsabilité du burn-out n’est pas à attribuer mais à analyser est essentiel. En effet, l’accent doit être mis sur la compréhension des enjeux et mécanismes. Et non pas sur la responsabilité individuelle ou collective.

 

La machine du parfait en cause

Si l’on repère un profil type des « burn-outés », les traits de personnalité ne sont pas seuls responsables de ce choc psychologique. En effet, il serait dommageable d’identifier l’individu comme seule causalité. Les risques psycho-sociaux (RPS) au travail sont d’ailleurs des facteurs prégnants d’émergence de burn-out.

« J’ai fait face à un engrenage d’incompréhension, de recherches de contact avec ma responsable et de fatigue. Je me suis épuisée à essayer d’inculquer une valeur collective du travail jusqu’à réduire mon boulot à une question de conflit. La goutte d’eau de trop a été une réunion la veille où ma responsable n’a pas pris le temps de m’écouter », relate Florence. Ainsi, si aucun facteur ne peut s’affirmer comme cause formelle du burn-out, tous participent à la spirale vicieuse.

Parmi les facteurs de risques psycho-sociaux, les exigences au travail contribuent au stress chronique. La charge de travail est importante, les objectifs mal définis ou irréalisables, le travail complexe… Le vécu du travailleur s’effile d’autant plus que les exigences émotionnelles envers un public sont fortes. De même, le manque d’autonomie, l’insécurité, les mauvais rapports sociaux et les conflits de valeur empêchent le bon épanouissement au travail.

Favorisant l’émergence du syndrome burn-out, certains traits de personnalité sont fréquemment relevés. Notamment l’importance du travail pour la personne. En effet, plus la personne est impliquée, émotionnellement engagée dans la situation, plus la situation va lui tenir à cœur et risque de l’impacter psychologiquement. Ainsi, un sur-engagement, un caractère consciencieux sont des prémisses favorables à l’absence de régulation entrainant stress chronique et épuisement professionnel.

 

Percevoir les signes

« Je sentais des signes de fatigue que je ne m’expliquais pas. Chaque matin, je vomissais et me sentais très mal. J’avais la tête dans un étau et j’ai perdu sept kilos. En somme, j’étais un fantôme et je ne m’en rendais pas compte ».

Ainsi, stress, addiction au travail, fatigue chronique et épuisement émotionnel sont autant de signes que d’alertes. Sur le plan émotionnel, l’individu peut être tendu, irritable ou hypersensible. Physiquement, il peut souffrir de troubles du sommeil, de perte ou prise de poids soudaine, de nausées ou vertiges. Enfin, oublis et erreurs peuvent se glisser dans son travail effectué par difficulté de concentration et de mémoire.

 

Burn-out et reprise : arrêter de s’adapter et demander

Après un burn out et un arrêt maladie, le retour à l’emploi ne peut être envisagé que de manière progressive. Inutile de reprendre immédiatement le même rythme, le même emploi si aucune modification n’a été effectué. En effet, sans changements, le risque de rechute est grand. Développer une stratégie de reprise est donc primordial.

« Si au début je me disais que je ne retournerai jamais dans l’entreprise, aujourd’hui j’y suis. Après 14 mois d’arrêt, j’ai repris par un mi-temps thérapeutique au sein d’un service différent. Mon énorme besoin de sommeil a justifié cette décision ». Ainsi, il faut adapter le travail à l’homme et non pas l’homme au travail, comme le confie le Code du Travail.

Reprendre le travail, c‘est aussi effectuer un travail sur soi. Pour ne pas replonger. Pour se tenir à distance des situations à risque. « L’important est de comprendre pourquoi on en est arrivé là. De remettre en question son équilibre vie professionnelle et personnelle ainsi que de solutionner les critères majeurs de son burn-out. Ça implique d’avoir un autre centre d’intérêt, de prendre le temps, voire parfois de recommencer à zéro ». Si la personne doit porter attention à ces éléments, le service Ressources Humaines, la médecine du travail et l’employeur doivent également veiller à respecter ces exigences afin de ne pas provoquer de seconde rupture.

« Aujourd’hui, j’arrive de nouveau à reprendre du plaisir au travail. Mon équipe est bienveillante. Malgré tout, j’ai toujours du mal à me projeter dans l’avenir », explique Florence.

 

Être suivi, la base de la reconstruction post burn-out

Aucun médicament ne soigne le burn-out. « On ne guérit pas du burn-out. On se soigne, on apprend à vivre différemment. J’ai encore quelques crises d’angoisses, de trous de mémoire et des doutes incessants. Parfois je me dis que je ne retrouverai jamais le moi d’avant, et parfois je pense que finalement ce n’est peut-être pas nécessaire ». Ainsi, un accompagnement est nécessaire pour trouver un chemin de résilience.

Sans être un remède miracle, les médicaments peuvent aider à reprendre pied avec la vie. Cependant, il est capital d’entamer un long processus de reconstruction auprès d’un professionnel de santé. Difficile autrement de s’en sortir. « La psychothérapie et les antidépresseurs aident à soulager les moments les plus douloureux et à surmonter ce creux de la vague. Personnellement, j’ai aussi eu besoin d’un bilan de compétences afin de ressasser des questionnements profonds sur moi ».

Si l’aide familiale ou amicale ne suffit pas, elle peut malgré tout apporter des béquilles non négligeables à l’élaboration d’un nouveau bien-être. S’isoler pour récupérer est nécessaire mais se socialiser l’est tout autant. « Ma famille a été très présente, a compris et accueilli le fait que j’étais mal. Ça a été très précieux. De même que l’association Mieux-être & Travail m’a permis de déposer mon histoire et d’avoir un avis extérieur ».

 

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 À SAVOIR

Avant un retour au travail, une visite de pré-reprise avec le médecin du travail est fortement recommandée. Le but ? Réinsérer en toute efficience la personne en souffrance dans l’environnement professionnel. Aménagements, adaptations, reclassement, formation professionnelle… Toutes les solutions peuvent être abordées. Si l’individu est salarié et arrêté depuis plus de 3 mois, cette consultation est rendue obligatoire par LE CODE DU TRAVAIL.

 

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