Sucer son poouce trop tard est fortement déconseillée.
Attendre trop longtemps pour le sevrage du pouce peut avoir de lourdes conséquences. ©Shutterstock

Le suçage de pouce est souvent montré du doigt. Essentiel chez le nourrisson, ce geste peut en effet s’avérer dangereux pour le jeune enfant. Les conseils d’une orthodontiste pour aider son enfant à un sevrage au bon moment.

Dents écartées, zozotements, déglutition atypique… Sucer son pouce peut être à l’origine de nombreux problèmes chez les enfants, voire les adolescents. Ce geste qui semble anodin est donc à prendre au sérieux. Les conseils du Dr. Marie-Hélène Prévé, spécialiste en orthodontie à Grenoble pour mettre fin à cette habitude chez les enfants, dès le plus jeune âge.

 

Pourquoi l’enfant suce t-il son pouce ?

« Le nourrisson suce son pouce sans même s’en rendre compte, déjà dans le ventre de sa mère. La succion est une action physiologique naturelle et indispensable à sa survie puisqu’elle lui permet de déglutir et de se nourrir. Avant le coucher, lorsqu’il est fatigué ou troublé, l’enfant trouve ainsi réconfort et détente dans le suçage de son pouce. » 

 

Suçage de pouce : pas de danger avant 3 ans

Tous les bébés sucent-ils leurs pouces ?

 « La plupart des nourrissons ont tendance à sucer leur pouce jusqu’à l’âge de 6 mois, mais ils ne sont pas égaux face à ce besoin. Les bébés allaités par leurs mères ont en général moins besoin de téter leur pouce que ceux qui sont nourris au biberon. L’effort de la prise de lait d’un biberon étant bien moindre par rapport au sein de la mère, l’enfant peut avoir besoin de compléter l’exercice de succion avec son pouce. »

 

Quand cela devient-il un problème ? 

 « Jusqu’à l’âge de 3 ans, il n’y a quasiment pas de danger pour l’enfant, les effets néfastes du suçage étant réversibles. En revanche, au-delà de cet âge et en particulier à partir de 6 ans, sucer son pouce peut être dangereux. Les principaux risques sont des béances dentaires pouvant entraîner des problèmes de mastication et de locution, une déglutition atypique et infantile et une déformation du palais pouvant favoriser les apnées du sommeil

 

Sucer son pouce réduit-il les risques d’allergies chez l’enfant, en raison du contact avec les bactéries extérieures ? 

« Il y a une différence entre le fait d’être exposé à des microbes et l’être à des pathologies ! Au contraire, le suçage de pouce peut favoriser la contraction de maladies chez l’enfant.  Le développement du système immunitaire chez le nourrisson se fait de différentes façons : par l’accouchement (contact avec le microbiote vaginal de la mère) et par l’allaitement notamment. »  

 

Le bon moment du sevrage: l’entrée à l’école

À quel moment l’enfant doit-il arrêter de sucer son pouce ?

« Le sevrage du pouce est beaucoup plus difficile que celui de la tétine, celle-ci pouvant être retirée par les parents tandis que les doigts des enfants sont avec eux en permanence.

Aider son enfant à arrêter de sucer son pouce revient à l’aider à grandir. En effet, il s’agit d’un geste physiologique typique du nourrisson, passée la petite enfance, il devient un signe d’immaturité. 

Le moment idéal du sevrage pour l’enfant est celui de l’entrée à l’école, quand il commence à avoir d’autres centres d’intérêts et un rythme différent. Cette période de changements va favoriser également l’arrêt de cette habitude. » 

 

Des techniques pour favoriser le sevrage de pouce de son enfant 

  • Un coup de pouce du doudou

L’enfant a tendance à sucer son pouce en même temps qu’il se sert de son objet fétiche. L’encourager à délaisser progressivement son doudou va le motiver à faire de même avec son pouce. Attention, cependant à ne pas l’en priver pour lui laisser une source de réconfort.

 

  • Le cache-pouce

Revêtir le pouce de l’enfant d’un sparadrap par exemple afin qu’il se rende compte de son geste. L’enfant prend alors conscience qu’il a quelque chose dans la bouche et peut ainsi plus facilement l’arrêter. 

 

  • La distraction Réaliser des activités avec l’enfant et l’occuper pour qu’il ait les mains prises et moins souvent dans sa bouche. Le réflexe du suçage de pouce va ainsi diminuer. 

 

  • Se faire aider

Consulter un orthodontiste, à partir de 6 ans, en particulier si l’enfant rencontre déjà les conséquences du suçage de son pouce (béance dentaire, déformation du palais, dents en avant…).

 

  • Lui laisser du temps

Les habitudes sont difficiles à perdre, en particulier celles dont on ne se rend pas compte. Ne pas forcer son enfant au sevrage mais aller à son rythme, en douceur et en évitant la frustration. 

 

À SAVOIR

Selon le Dr. Marie-Hélène Prévé, spécialiste en orthodontie et membre de la Fédération Française d’orthodontie (FFO), Grenoble., les dispositifs d’aide au sevrage du pouce ne sont ni utiles ni efficaces. Si leur composition peut poser question, il s’agit surtout d’une contrainte supplémentaire pour l’enfant selon l’orthodontiste et un moyen de substitution au pouce qui ne résout pas le problème de l’habitude. 

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