Un surfer en pleine vague : a-t-il pensé à protéger son audition ?
Que l'on soit pratiquant d'un surf engagé ou simple néophyte désireux de découvrir le grand frisson de la vague, il est essentiel de penser à préserver ses oreilles de chocs éventuels. ©Freepik / Pressfoto

Plongée sous-marine, surf, wakeboard, ski nautique… Grisants, ces sports nautiques peuvent être sources de dangers insoupçonnés. Féru de pratiques « engagées », le Lyonnais Dany Mingas, installé sur la côte basque pour mieux profiter de ses passions, a perdu l’audition dans un accident de plongée. S’il a aujourd’hui surmonté son handicap, l’ancien scaphandrier profite du début de l’été pour délivrer quelques précieux conseils pour éviter les conduites à risque et mieux protéger vos oreilles. Témoignage.

L’audition est un capital santé précieux, qui passe souvent au second plan. « Les gens n’ont aucun problème à prendre soin de leur vision. Cela devrait être tout aussi naturel d’aller consulter un ORL une fois par an ». Pour Dany Mingas, ce réflexe devrait même être obligatoire en cas de pratiques aquatiques.

Atteint du « virus » de l’eau depuis tout petit, ce Lyonnais d’origine, fan de surf et d’une foule d’autres activités nautiques, sait de quoi il parle. Un accident de plongée, en 2003, l’a peu à peu privé d’une grande partie de son audition. Sans altérer sa grande passion, mais en occasionnant un handicap qui a profondément changé sa vie. Né à la Croix-Rousse en 1965, Dany a grandi entre Vénissieux et Saint-Fons. « J’ai un rapport spécial avec l’eau depuis toujours. Enfant, je passais mes vacances à la piscine ou au lac de Miribel-Jonage, alors très sauvage. Puis à pêcher, sauter, nager dans la Galaure, lorsque ma mère a déménagé dans un petit village de la Drôme, Fay-le-Clos ».

Perte d’audition : « au lieu de remonter, j’ai forcé »

Dany Mingas a toujours été attiré par l’élément liquide. ©Phonak

Parallèlement à ses études en économie et sa pratique du rugby, le jeune homme poursuit ses découvertes, en autodidacte. Il s’offre un canoë-kayak, puis un surf, qu’il étrenne lors d’un tout premier séjour à l’océan, en Galice espagnole. « J’ai pris une grande claque: là-bas, en passant mes journée dans l’eau, j’ai découvert un monde merveilleux ». C’est une rencontre, après son service militaire, qui change le cours de sa vie. Celle d’un ancien scaphandrier, qui le convainc de suivre une formation pour embrasser cette profession. Diplôme d’économiste rangé au fond d’un placard, le voilà à la manoeuvre au fond de la Méditerranée, à Marseille, puis en Afrique de l’Ouest, du côté du Congo et de l’Angola, où il se spécialise pour l’off-shore.

C’est à son retour en France, en 2003, que sa vie bascule. Sollicité pour une plongée de maintenance dans le lac d’Annecy, il baisse la garde par un froid matin de décembre. « C’était la veille du réveillon et je voulais libérer mes gars rapidement. J’avais mal à l’oreille, et au lieu de remonter, j’ai forcé et j’ai senti mon tympan se déchirer. La douleur était intense et j’ai failli perdre connaissance. Mais j’ai fini le boulot. En remontant, j’avais du sang plein les oreilles et j’ai été emmené aux urgences ».

« Il est important de préserver son capital auditif »

Dany Mingas, malgré son handicap, continue de pratiquer le surf  »engagé » : avec toutefois de bonnes protections auditives. ©DR

Victime d’un  »barotraumatisme », Dany Mingas reprend peu à peu sa carrière et repart même en mission en Afrique. Cet amateur de grosses vagues s’installe au Pays Basque, pour mieux profiter de sa passion. « Je faisais beaucoup de surf, de chasse sous-marin. J’ai fini par chopper une grosse infection. Et puis peu à peu j’ai senti au fil des années que je perdais l’audition. Elle s’est progressivement dégradée, jusqu’à ce qu’en 2018 mon médecin du travail me déclare travailleur handicapé. En tout, j’ai subi 4 ou 5 opérations des oreilles ».

Sa grande erreur, au final, fut de ne pas s’écouter. « J’ai nié le sujet et j’ai laissé ma surdité s’accentuer. Cela touchait à ma fierté, je ne voulais pas que cela impacte mon travail. J’ai été appareillé à partir de 2011, mais je le cachais. L’acceptation tardive de mon handicap m’a fait perdre du temps. Alors qu’il existe aujourd’hui une foule de solutions auditives qui permettent de vivre normalement. Je continue à surfer, à plonger… Mais je sais aujourd’hui à quel point il est important de préserver son capital auditif ». Quelques réflexes simples permettent de préserver ce capital auditif. Dans la vie de tous les jours, mais aussi en cas de pratique aquatique. Autant de conseils bons à entendre, alors que la grande ruée estivale vers les plages vient de débuter…

Les conseils du pro pour préserver votre audition

Faites-vous contrôler !

« Je conseille fortement de faire un check-up régulier de votre audition. Pour prévenir d’éventuels problèmes, mais pas seulement. De nombreuses personnes sont en effet malentendantes sans le savoir, et cela impacte fortement leur vie. Le dépistage est donc primordial. Personnellement, j’y vais tous les six mois mais une fois par an serait déjà très bien. »

En cas de problème, agissez !

« Lorsque l’on subit une perte auditive, on a tendance à laisser traîner, ce que l’on ne ferait pas du tout si cela touchait la vue, par exemple. C’est dommage, car la perte d’audition a des conséquences sur la vie familiale et professionnelle. Elle isole, elle nuit à l’efficacité. Alors qu’il existe aujourd’hui des aides auditives de qualité, des prothèses discrètes, etc. permettant de vivre normalement. »

Lors d’une plongée, ne forcez pas !

« L’accident qui m’est arrivé est courant. Il est même plutôt fréquent lors des plongées de loisir. Si vous avez une oreille  »qui ne passe pas », ne forcez pas ! Il faut savoir s’écouter. Et je rappelle qu’un passage chez l’ORL, avant un stage de plongée ou même d’une pratique ponctuelle pendant les vacances, n’est pas inutile ! »

En piscine, gare aux bactéries

« Les piscines, notamment municipales, sont des nids à bactéries. Rincez vos oreilles à l’eau claire lorsque vous sortez de l’eau et évitez de vous servir d’un coton-tige, qui va pousser les bactéries au fond du couloir auditif et favoriser ainsi le risque d’infection. »

Sur les plans d’eaux et rivières

« Renseignez-vous sur la qualité de l’eau, notamment en période de canicule. À titre d’exemple, les gens qui se baignent depuis les quais du Rhône font preuve d’une certaine imprudence. le risque d’otite est réel, et il n’est jamais anodin. »

Sports nautiques : mettez des bouchons !

« En moto ou à ski, on porte un casque. Mettre des bouchons lors des activités aquatiques, qu’il s’agisse de plane à voile, de surf, de wake-board ou de ski nautique devrait être tout aussi évident. Une déchirure du tympan provoquée par une chute, cela fait mal et cela peut facilement dégénérer en infection. Personnellement, j’ajoute même un casque léger pour limiter l’effet de blast lorsque je surfe sur de très grosses vagues. »

À SAVOIR

Appareillé depuis plus de 10 ans, Dany Mingas est ambassadeur Phonak depuis 2021. Le spécialiste de la solution auditive, dont le siège français se situe à Bron (Rhône), lui fournit différents types d’appareillage. Au quotidien, il a recours à divers outils tels les prothèses Naida ParadiseTM, adaptées aux pertes auditives sévères et dotées d’une connexion bluetooth, ou le microphone Roger OnTM, qui filtre le bruit parasite. Lors de ses sorties aquatiques, il utilise notamment les prothèses Audéo LifeTM, qui rendent étanche le conduit auditif tout en laissant passer les sons.

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