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180 000 personnes seraient porteuses du VIH en France, mais 25 000 le seraient sans le savoir. ©Freepik

Occulté par le virus de la Covid-19, celui du VIH, également mortel, continue à circuler. L’importance du port du préservatif ne semble pas aussi ancré dans les moeurs que celle des gestes barrières. Pourtant, près de 25 000 personnes seraient porteuses du VIH sans le savoir, en France, où l’on estime à 6000 le nombre de contaminations chaque année. Pour sensibiliser à ce fléau passé sous silence, Antoine Baudry, membre du Sidaction, était l’invité de l’émission Votre Santé, à l’occasion de la semaine nationale de prévention du VIH.

En France, 180 000 personnes vivent avec le VIH. Mais s’il est bien traité une fois diagnostiqué, des milliers de personnes séropositives sans le savoir, continuent à propager ce virus potentiellement mortel. Tandis que les contaminations s’accélèrent, le dépistage a au contraire fortement diminué depuis la crise de la pandémie de Covid-19.

Une prise en charge précoce des personnes séropositives pourrait pourtant permettre d’éradiquer le virus du VIH. À l’occasion de la journée mondiale de lutte contre le sida le 1er décembre, Antoine Baudry, membre du comité associatif Sidaction de lutte contre le sida, lance un appel au dépistage dans l’émission Votre Santé du 2 décembre, sur BFM Lyon. Un rendez-vous santé hebdomadaire animé par Élodie Poyade et Pascal Auclair, rédacteur en chef du groupe Ma Santé, partenaire de l’émission. 

 

Sida : sensibiliser pour éradiquer le virus 

Pourquoi faut-il encore sensibiliser au VIH aujourd’hui ? 

Ces actions de sensibilisation sont encore très importantes et d’autant plus aujourd’hui car le VIH a été complètement éclipsé par la pandémie de Covid-19. En 2020, on a en effet constaté une baisse du nombre de dépistage alors qu’entre 20 000 et 25 000 personnes vivent avec le VIH sans même le savoir. L’appel au dépistage du VIH est donc essentiel.

Différentes initiatives sont réalisées par les équipes sur le terrain pour faire de la prévention, telles que des vidéos et des campagnes qui interpellent. Il existe également plusieurs démarches de prise de contact sous forme d’ « aller-vers virtuel » avec différentes populations exposées, notamment les hommes qui ont des relations sexuelles avec des hommes.

 

Quelles sont les profils des personnes qui contractent le VIH ? 

Tout le monde peut contracter le VIH. Dans les nouvelles contaminations, il y a récemment de plus en plus de personnes de plus 50 ans. Il existe ensuite des populations qui restent très touchées par le VIH : les hommes qui ont des relations sexuelles avec des hommes (HSH) ; les migrants, notamment ceux d’Afrique subsaharienne qui sont contaminés en France ; les femmes transgenres et les travailleuses du sexe. Les contaminations sont en corrélation avec la précarité des populations. Certaines couches de la société sont donc plus touchées que d’autres.

 

« En 2020, le nombre de dépistages de VIH a diminué de 14%« 

Le nombre de cas détectés est en baisse, soit moins 22% en 2020. Des chiffres trompeurs par rapport au nombre de dépistages ? 

Au niveau national, on estime que les dépistages ont diminué de 14%, en 2020. S’il y a moins de dépistages, les cas détectés de séropositivité sont logiquement moindres. En revanche, cela ne veut pas dire qu’il y a moins de contaminations ! Au contraire, plus il y a de personnes séropositives sans le savoir, plus il y a des personnes susceptibles de transmettre le virus et d’augmenter les contaminations.

 

Quelles pourraient être les conséquences de ces retards de diagnostic dans les prochaines années ? 

Ces retards peuvent avoir des effets particulièrement graves à deux niveaux. D’une part, plus il y a du retard dans le diagnostic, plus lente sera la prise en charge. Il y a donc des pertes de chance importantes de maintien d’une bonne santé des personnes séropositives. D’autre part, une personne non diagnostiquée et non traitée continue à transmettre le virus. Un patient sous traitement a en effet une charge virale de VIH indétectable et donc non-transmissible.

 

La majorité des étudiants n’utilisent pas de préservatif !

Selon une enquête d’Opionion Way de novembre 2021, 56% des étudiants n’utiliseraient pas de préservatif. Ce chiffre vous semble t-il réaliste ? 

Il reste un important travail de pédagogie à réaliser. En mars 2021, le sondage Ifop réalisé pour Sidaction a révélé que les 15-24 ans ne se sentaient pas bien informés sur les risques du VIH. Le nombre de jeunes qui déclarent utiliser un préservatif est en effet très faible comparé aux générations précédentes.

La prévention passe également par l’éducation, au niveau des écoles, notamment dans les cours d’éducation sexuelle. Il est important d’expliquer comment on attrape le VIH. Les contaminations au VIH ne se font pas au cours d’un baiser, par exemple, il est important de le rappeler.

 

Où en sont les recherches pour un vaccin contre le VIH ? 

Les recherches en cours constituent un véritable espoir. En attendant, des outils existent pour limiter les contaminations, notamment avec la Prep. Ce traitement pré-exposition [qui empêche le virus de se développer et de se fixer à l’organisme, dès son entrée dans le corps] a démontré son efficacité. Mais on attend toujours l’arrivée d’un vaccin en espérant que la technique de l’ARN Messager sera une piste fructueuse.

 

À SAVOIR

En Auvergne-Rhône-Alpes, près de 6000 patients séropositifs sont actuellement pris en charge dans l’Ain, le Rhône, la Drôme et l’Ardèche.

Pour faire un don au Sidaction, association qui lutte contre le VIH et le sida, rendez-vous sur LE SITE DON.SIDACTION.ORG .

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