Du fait d'une prévention en pente douce, les IST progressent chez les jeunes, moins informés, et donc moins protégés... ©Shutterstock

Les IST, en hausse chez les jeunes, sont des infections sexuellement transmissibles. Ces infections sont imputables à des bactéries, des virus ou des parasites. Le point avec le Dr Laurent Cotte, du Service des Maladies Infectieuses et Tropicales Hôpital de la Croix-Rousse à Lyon.

Les IST sont en pleine recrudescence

Les jeunes sont touchés en priorité, le nombre d’infections à chlamydia et à gonocoque a été multiplié par trois au cours des dernières années chez les 15-24 ans*. Cette génération, née après les années SIDA, a peu conscience des risques d’infection sexuelles. Alors que leur nombre de partenaires tend à augmenter, le port du préservatif est, lui, loin d’être systématique, surtout dans la durée.
*Source : Santé publique France, juillet 2018.

 

Les IST sont asymptomatiques

Les infections sexuellement transmissibles sont souvent silencieuses, pendant longtemps elles ne vont se manifester par aucun symptôme. Résultat, le risque est de se croire à tort en sécurité. C’est pourquoi il indispensable de se faire dépister après un rapport sans protection, ou encore, si la relation se stabilise et que les partenaires souhaitent arrêter le préservatif. Pour écarter tout danger, ils devront alors se faire dépister pour toutes les IST, VIH et hépatites inclus. Plus l’examen est précoce plus l’éventuelle infection pourra être traitée efficacement.

 

Les IST sont potentiellement graves

À terme, elles peuvent entrainer de lourdes conséquences : l’apparition de douleurs pelviennes chroniques, une fragilisation des muqueuses qui augmente le risque de contamination par le VIH/sida, voire un risque de stérilité, plus particulièrement, chez la femme.

 

Les IST peuvent être prévenues

Le port du préservatif masculin ou féminin constitue un rempart efficace. Il sera encore plus efficace si on couple son utilisation avec un gel lubrifiant disponible en pharmacie.

La vaccination quand elle existe est un autre moyen de protection. Elle est disponible contre l’hépatite B et offre alors une protection à vie. Les jeunes-filles peuvent également se faire vacciner contre le papillomavirus (HPV) avant le commencement de leur vie sexuelle. Certains pays, comme l’Australie et le Canada, préconisent la vaccination pour tous les adolescents.

 

Les IST se transmettent aussi par les relations orales et parfois par les caresses

Les IST se transmettent lors de rapports sexuels avec pénétration, mais peuvent aussi se communiquer par les relations orales, et parfois par de simples frottements intimes. Il en va ainsi notamment du papillomavirus, des chlamydias, de l’herpès, de la gonorrhée et de la syphilis.

 

L’infection à Chlamydiae, très contagieux !

L’infection à Chlamydiae est l’IST la plus fréquente chez les adolescents et les jeunes adultes (16-24 ans). Elle touche en priorité les femmes, plus à risque de transmission. Elle est imputable à une bactérie qui provoque des infections dans l’appareil urogénital. Elle est susceptible de se propager à d’autres parties du corps comme les yeux ou les articulations.

Elle se transmet généralement lors d’un rapport sexuel non protégé, mais elle peut aussi se communiquer lors de pratiques orales voire par un simple contact de peau à peau.

La plupart du temps, il s’agit d’une infection silencieuse. Des brûlures, un écoulement ou des saignements inhabituels, de la fièvre ou encore une douleur au bas-ventre peuvent parfois apparaître dans les 10 à 15 jours suivant la contamination. Mais la plupart du temps la maladie est asymptomatique. C’est le cas pour trois quarts des femmes et la moitié des hommes.

A terme, l’infection à Chlamydiae peut causer des salpingites, être à l’origine d’une infertilité chez la femme ou encore d’une grossesse extra-utérine si elle n’est pas traitée. De plus, elle accroît le risque de transmission du VIH.

 

Vous avez un doute ?

Le dépistage permet de vous assurer que vous n’êtes pas touché(e). Indolore, il s’effectue par simple prélèvement vaginal chez la femme ou via un recueil des urines ou un prélèvement à l’entrée de l’urètre chez l’homme.

L’infection se soigne très bien avec un court traitement antibiotique. Le partenaire devra être également traité pour éviter tout réinfection.

 

Retrouvez la liste de tous les gynécologues et spécialistes des maladies infectieuses sur www.conseil-national.medecin.fr

 

À SAVOIR

Pour encourager les jeunes à se protéger l’Assurance maladie rembourse désormais à hauteur de 60 % les préservatifs masculins de la marque EDEN vendus en pharmacie.  Le reliquat peut être pris en charge par la mutuelle. Une condition : ils doivent être prescrits par un médecin ou une sage-femme pour être pris en charge.

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