Une étude de l'Insee et de l'ARS Auvergne-Rhône-Alpes prévoit deux fois plus de seniors dépendants d'ici à 2050. ©Pixabay

Avec un doublement du nombre de seniors dépendants dans notre région en 2050, l’Agence Régionale de Santé Auvergne-Rhône-Alpes tire la sonnette d’alarme et appelle à trouver des solutions concrètes pour répondre à cet enjeu majeur de santé publique.

En prenant en compte les améliorations qui pourraient être réalisées en matière de développement et d’accompagnement des seniors d’ici trente ans, l’étude menée par l’Insee et l’ARS de la région Auvergne-Rhône-Alpes fait état d’une situation alarmante. Sur le million et demi de seniors que compterait la région en 2050, 410 000 seraient en situation de dépendance, avec toutes les complications induites dans leur quotidien. 

 

Dépendance des seniors : des chiffres inquiétants

Dépendance : des disparités selon les départements

L’évolution de la dépendance chez les seniors est hétérogène sur le territoire régional. L’Est de la région est la zone la plus touchée par ce phénomène notamment dans les départements de l’Ain et de la Savoie dont le nombre de seniors dépendants serait plus important que la moyenne régionale. Des chiffres qui devraient augmenter: dans le Rhône, l’étude estime ainsi qu’il y aura 28 500 personnes âgées dépendantes de plus en 2050

 

Vieillir à domicile : un souhait de plus en plus répandu 

La majorité des personnes de plus de 75 ans en situation de dépendance modérée à sévère vivaient dans leurs propres logements en 2015. En 2050, le maintien à domicile resterait le mode de vie privilégié et concernerait 80 % d’entre eux. 

Les seniors souhaitant en majorité rester chez eux le plus longtemps possible, la demande d’aidants est grandissante. À l’inverse, l’âge d’entrée en institution recule au fil des années tandis que la gravité de l’état de santé des patients résidents s’accentue. Résultats : la durée du séjour en Ehpad est restreinte et les patients sont parfois proches de leur fin de vie à leur arrivée. 

 

Dépendance : des améliorations sont à prévoir dans la région

Auvergne-Rhône-Alpes : plus de places en Ehpad que les autres régions

Pourtant, avec 950 établissements hospitaliers pour personnes âgées dépendantes, la région Auvergne-Rhône-Alpes est celle qui compte le plus de places en Ehpad. Comptant parmi les régions les plus jeunes de France, elle dispose ainsi d’une capacité de 70 000 places institutionnelles mais réparties de façon inégale. Si dans plusieurs départements de la région, l’offre institutionnelle semble équilibrée au nombre de seniors dépendants, l’Allier à l’inverse présente un taux de dépendance élevé contre un nombre de place en Ehpad limité. 

 

Quels plans d’actions à l’horizon 2050 ? 

« Cette étude permet de nous donner des objectifs d’ici 2050 pour s’éloigner le plus possible de ces projections. Il s’agit donc d’un vrai défi à l’échelle régionale mais aussi nationale », explique Jean-Pierre Grouthier, directeur régional de l’Insee Auvergne-Rhône-Alpes. 

Pour cela, trois pôles sont à améliorer.

– La préservation de l’autonomie des seniors est à accroître le plus longtemps possible à travers la prévention de la dégradation de leur état de santé et notamment des maladies dégénératives (Alzheimer, Parkinson, sclérose en plaques…) . 

– Le maintien de la délivrance de soins et de la prise en charge des seniors malades à travers la mise en place de permanence d’aides à domicile ou dans les Ehpad. 

– L’amélioration de la qualité de vie des seniors et de l’accompagnement des malades.

D’importants effectifs seront ainsi à prévoir pour pouvoir répondre à ces objectifs. Un besoin difficile à combler tant les candidats pour les emplois en aide à domicile et dans les Ehpad se font rares. L’Insee et l’ARS publieront prochainement une étude sur le nombre prévisionnel d’emplois nécessaires d’ici 2050 pour pallier à la dépendance des séniors.

 

À SAVOIR

La dépendance est la nécessité pour une personne âgée d’une aide d’un tiers (un proche ou professionnel) dans des situations de la vie quotidienne. Cette dépendance peut-être légère à modérée avec la nécessité d’une aide ponctuelle pour des tâches quotidiennes. Dans les cas où les fonctions physiques et/ou mentales sont gravement altérées, la dépendance est considérée comme sévère.

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