Santé dans le grand débat national : les habitants de la région inquiets

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Pour de nombreux patients, les délais d'accès aux soins, en cabinet comme aux urgences, sont beaucoup trop longs. ©Shutterstock

Pour les Auverhônalpins, le système de santé s’est fortement dégradé depuis ces dix dernières années, comme le révèle une enquête réalisée dans le cadre du grand débat national. Une inquiétude à laquelle les hôpitaux publics et les médecins libéraux de la région tentent de répondre à travers plusieurs actions conjointes.

L’hôpital français va mal. C’est en tout cas l’opinion de bon nombre de Français, comme le révèlent les résultats édifiants d’une grande enquête portant sur les questions de santé, réalisée en début d’année dans le cadre du grand débat national.

Dévoilées le mercredi 17 avril, ces données montrent que les habitants de la région Auvergne-Rhône-Alpes partagent l’inquiétude de ceux des autres régions du pays, notamment en ce qui concerne la dégradation de l’hôpital public. 86% des habitants de la région considèrent l’hôpital public comme étant en danger, du fait d’une détérioration globale depuis 10 ans (pour 74%) et de mesures insuffisantes pour inverser la tendance. 91% des sondés sont ainsi ”favorables à une augmentation des moyens financiers de l’hôpital public français”.

 

Isolement médical, délais d’attente, urgences saturées…

Le manque de médecins, et plus généralement l’accès au soins, est également pointé du doigt dans cette enquête. “Il n’y a jamais eu autant de médecins inscrits à l’ordre, mais aussi jamais aussi peu de médecins installés en libéral”, regrette ainsi le docteur Pierre-Jean Ternamian, président de l’Union Régionale des Professionnels de Santé (URPS) médecins libéraux d’Auvergne-Rhône-Alpes.

En cause de ce grand écart? L’évolution d’une profession moins encline à subir les aléas de l’isolement et du rythme frénétique du médecin généraliste? Avec à la clé, du coup, l’amplification des phénomènes de désertification médicale, d’éloignement des infrastructures de soins et d’engorgement des services d’urgence. 43% des personnes interrogées avouent en effet s’être rendus aux urgences parce qu’ils ne parvenaient pas à obtenir de rendez-vous chez un médecin généraliste.

Alors que le fonctionnement du système de santé reste opaque pour 70% des patients, l’heure est clairement aux réformes, pour nombre de personnes sondées : 86% réclament le recrutement massif de personnel, 77% une hausse des budgets, 59% des efforts en matière d’accessibilité aux soins et, donc, de proximité. 65% estiment aussi que la télémédecine et les actes à distance sont un élément de réponse efficace, entre autres pistes de réflexion à mener.

 

Des actions concrètes initiées dans la région

Dans ce contexte, l’hôpital public et les médecins libéraux semblent faire front commun, du moins en Auvergne-Rhône-Alpes.  “Les défis d’aujourd’hui nécessitent une coopération entre la médecine libérale, hospitalière, privée… Cette action conjointe est une première”, affirme ainsi le professeur lyonnais Jean-Louis Touraine, président de la Fédération Hospitalière Régionale Auvergne-Rhône-Alpes.

Plusieurs actions illustrent en tout cas cette volonté d’unité, à l’image de l’expérimentation menée au Centre Hospitalier Alpes Léman, en Haute-Savoie, où un médecin libéral intervient à l’accueil des urgences. Entre autres exemples, les médecins urgentistes de l’hôpital Edouard-Herriot, à Lyon, travaillent déjà en lien avec les médecins libéraux du secteur, ce qui devrait déboucher sur la création d’une Maison Médicale de Garde à proximité de l’hôpital. Cette collaboration ”ville-hôpital” est au coeur de la politique de déploiement des Communautés Professionnelles Territoriales de Santé, à laquelle l’URPS Médecins Libéraux apporte un soutien actif (37 projets sont en cours de développement dans la région).

 

A SAVOIR

L’enquête Ipsos, rendue publique le 17 avril, a été réalisée pour la Fédération Hospitalière de France dans le cadre du grand débat national. Un échantillon de 5889 Français a ainsi été sollicité entre le 27 février et le 1er mars 2019. Parmi eux, 568 habitants d’Auvergne-Rhône-Alpes.

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