L'évasion lointaine n'étant pas au menu cet été, pourquoi ne pas mettre le cap sur les sommets alpins et auvergnats, aux vertus incomparables pour notre bien-être et notre santé ? ©Christian Martelet / Auvergne-Rhône-Alpes Tourisme

Cet été, le tourisme sera de proximité ou ne sera pas. Par bonheur, avec les deux-tiers de son territoire en zones montagneuses, la région Auvergne Rhône-Alpes offre un terrain de jeu post-confinement idéal pour se refaire une santé.

Cet été, pour faire le plein d’énergie et d’air pur, prenez de la hauteur. La montagne, avec ses paysages grandioses, ses villages fleuris et ses activités toniques, est LA destination post-confinement idéale. Et ça tombe bien, deux tiers de territoire d’Auvergne-Rhône-Alpes se trouve… en zone montagneuse.

 

Destination montagne, des bienfaits connus de longue date

Depuis Heidi, conte suisse paru en 1880, la destination montagne est perçue comme un eldorado de pureté et de luminosité. Face à des villes qui ne seraient que miasmes et grisaille. Très vite, les tuberculeux viennent se refaire une santé dans des sanatoriums à 1000 mètres d’altitude.

Le plateau d’Assy, en Haute-Savoie, devient ainsi la première station sanatoriale de haute altitude en France. Le site est orienté plein sud. Il bénéficie d’une vue exceptionnelle sur le massif du Mont-Blanc et d’un climat privilégié. Les malades viennent y pratiquer des cures de soleil, traitement recommandé contre la tuberculose.

Après la guerre, des milliers d’enfants sont envoyés en colonies de vacances vers les sommets profiter du soleil, du grand air, de la nature. Et, aussi, d’une certaine joie de vivre contribuant à cette image d’une montagne vertueuse. Une destination bonne pour la santé morale et physique.

 

La bonne altitude… thérapeutique

Le docteur Pascal Zellner est médecin urgentiste et président de l’Ifremmont, Centre de recherche en médecine de montagne basé à Chamonix. « Le bacille de Koch, bactérie responsable de la tuberculose, souffre du manque d’oxygène (hypoxie). Or avec l’altitude, l’oxygène se raréfie ce qui ralenti le développement de la maladie. »

Mais l’hypoxie nous permet aussi de renforcer notre cœur. Plus on s’élève, moins il y a d’oxygène dans l’air ce qui oblige nos cellules à fonctionner à l’économie. En réaction, notre corps va mettre en place des adaptations vasculaires. Elles vont permettre à l’oxygène de mieux circuler jusqu’aux organes. « Notre respiration et notre fréquence cardiaque s’accélèrent », observe Pascal Zellner, adepte de la destination montagne.

 

En montagne, moins de risque d’infarctus

À long terme ces modifications protègent des risques de maladies cardiovasculaires. Comme l’hypertension artérielle, l’infarctus du myocarde ou encore l’insuffisance cardiaque. « En 2016, une étude de l’Université de Zurich a démontré que chez les personnes vivant entre 600 et 1 600 mètres d’altitude, le risque de faire un infarctus est diminué de 20% », illustre le docteur Zellner.

L’altitude, par ailleurs, favorise la production de globules rouges. Ce qui, pendant 3 à 6 semaines, améliore performances et endurance au retour en plaine. Ce bénéfice est bien connu des sportifs. Nombreux viennent s’entraîner en altitude avant de grandes compétitions. « Depuis les années 1990, nous savons que l’altitude modérée (entre 1 000 et 1 800 mètres) et à petite dose a de multiples bienfaits sur la santé », confirme le docteur Pascal Zellner.

 

La montagne, un hôpital à ciel ouvert ?

« Grâce au stress hypoxique, à effort équivalent, la dépense énergétique est plus importante en montagne, détaille ainsi le médecin. L’avantage en altitude, c’est qu’une activité à intensité plus faible. Donc, avec moins de contraintes ostéo-articulaires, elle brûlera autant de calories que la même en plaine. »

L’altitude est aussi connue pour diminuer l’appétit. La baisse de l’hormone de la faim (grehline), la hausse de l’hormone de la satiété (leptine) conjugués à la hausse du tonus sympathique (norépinéphrine) contribuent à la perte de poids de manière durable dans le temps. « Sans oublier l’exposition aux UV plus importante en altitude qui permet de réguler l’humeur. Et la concentration de l’air moindre en acariens et en particules fines qui permet de respirer mieux », ajoute le docteur Zellner.

 

Un effet antistress avéré

Autres atouts méconnus de la destination montagne: les odeurs ainsi que les ions négatifs générés par les cascades améliorent les fonctions immunitaires. C’est ce qui ressort de l’étude, demandée par Auvergne Rhône-Alpes Tourisme à l’agence SPRIM. Spécialisée dans la veille scientifique et médicale, l’agence a passé en revue les études abordant l’impact de l’environnement montagneux sur la diminution du stress, l’amélioration de la fonction cardiovasculaire, la lutte contre l’obésité et le renforcement du système immunitaire…

Les conclusions ont été rendues en octobre 2019. Elle n’étonnent pas Fabien Lamborot, accompagnateur en moyenne montagne et naturopathe établi dans les Bauges, en Savoie-Mont-Blanc. Spécialiste de la sylvothérapie, le contact avec les arbres est, selon lui, un formidable moyen de se ressourcer, de se connecter à la puissance de la nature et de se nettoyer de ses énergies usées. « Les arbres et les fleurs de montagne libèrent dans l’air des molécules aromatiques, des huiles essentielles et des phytoncides, dont l’effet antistress est avéré », affirme-t-il.

 

Des cascades de bienfaits

Quant aux cascades, elles génèrent en grande quantité des ions négatifs, particulièrement bénéfiques pour la santé. « Au contraire des ions positifs, très présents en milieu urbain, ces ions positifs ont une incidence positive sur notre humeur. Mais aussi sur notre tonus, la qualité du sommeil ou encore l’oxygénation des tissus. Ils nous permettent aussi de mieux résister au stress », constate Fabien Lamborot.

Alors, à quand des séjours en montagne sur ordonnance ?

 

À SAVOIR

C’est la dose qui fait le poison…  « Cette formule du docteur Paracelse, mort en 1541, s’applique parfaitement à l’altitude, met en garde le docteur Zellner. L’altitude modérée est bonne sur la santé. Mais on sait qu’au-delà de 3 000 mètres, certaines personnes vont souffrir de problèmes de sommeil, de maux de tête ou de vertiges. D’une façon générale, au-delà de 2 000 mètres, il convient d’être prudent. Et d’y aller très progressivement pour laisser votre corps s’acclimater au manque d’oxygène. Par ailleurs, si vous avez été exposé au coronavirus ou si vous avez des problèmes pulmonaires (asthme, BPCO), il est important de consulter votre médecin traitant avant de séjourner en montagne. »

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