La campagne nationale pour la sécurité nucléaire concerne quatre sites en Rhône-Alpes
Autour de la centrale nucléaire du Bugey, dans l'Ain, les populations devront retirer leurs comprimés d'iode en pharmacie ©DR

Face au risque d’une fuite radioactive ou d’un acte terroriste, une campagne de distribution de comprimés d’iode va être lancée début 2016 en France. Les populations vivant autour des quatre centrales nucléaires de Rhône-Alpes sont notamment concernées.

Agir rapidement et efficacement en cas d’incident nucléaire ou d’acte terroriste, tel est l’objectif de la campagne de distribution préventive de comprimés d’iode lancée prochainement auprès des populations vivant près d’une centrale nucléaire en France. Cette campagne, engagée en janvier 2016, est la cinquième de ce type depuis 1997. La précédente avait été organisée en 2009. Or, les comprimés distribués ont une durée de vie de sept ans. Pour l’Autorité de sureté nucléaire (ASN), il était donc logique de mettre en place cette opération de renouvellement qui va concerner toutes les populations résidant dans un périmètre de 10 kilomètres autour des sites nucléaires.

Périmètre de sécurité de 10 km autour des sites nucléaires

Cette mesure de protection concerne particulièrement la région Rhône-Alpes qui recense quatre des dix-neuf centrales nucléaires du territoire français (Bugey dans l’Ain, Saint-Alban en Isère, Cruas-Meysse en Ardèche et Tricastin dans la Drôme), ainsi qu’un centre d’études nucléaires à Grenoble. Au total, ce sont environ 400 000 foyers en France, ainsi que 2 000 établissements accueillant du public (écoles, mairies, administrations, entreprises) répartis sur 500 communes qui seront concernés par cette campagne de grande ampleur.
Au delà de ce périmètre de sécurité de 10 km prévu par le plan particulier d’intervention (PPI) en cas d’incident nucléaire, les stocks de comprimés d’iode seront renouvelés dans les départements où sont implantées les centrales ainsi que dans les départements limitrophes, l’Autorité de sureté nucléaire estimant qu’une fuite radioactive pourrait impacter les populations jusqu’à 330 km au delà du site nucléaire concerné.

Fuite radioactive et cancers

Si un tel cas de figure demeure peu probable selon l’ASN, il n’en demeure pas que la récente catastrophe de Fukushima et le risque terroriste élevé en France justifient cette nouvelle campagne, financée par EDF. Concrètement, les populations vivant à l’intérieur du périmètre de sécurité vont recevoir dans les prochaines semaines un courrier leur demandant de se rendre en pharmacie pour retirer leur boîte de comprimés d’iode. Si elles ne se déplacent pas, les petites capsules leurs seront envoyées par la poste quelques mois plus tard.
L’ingestion de ces comprimés d’iode stable reste, à ce jour, le meilleur moyen de limiter les risques d’une fuite radioactive pour la santé humaine. L’iodure de potassium va en effet protéger la thyroïde contre les effets de l’iode radioactif rejeté dans l’atmosphère, radioactivité générant de nombreux cancers.

A savoir

Première région productrice d’électricité en France, Rhône-Alpes dispose d’une capacité de production nucléaire représentant un quart des installations françaises, soit 14 réacteurs sur 58: 4 au Bugey, 4 à Cruas-Meysse, 4 au Tricastin et 2 à Saint-Alban.

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