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La chirurgie à l'hôpital, un reste à charge très variable d'un département à l'autre ©CCO

La réforme du 100% santé, qui entre progressivement en vigueur, ne réglera pas tous les problèmes de prise en charge des frais de santé. Tel est l’un des enseignements de l’édition 2019 de l’Observatoire de la Mutualité française en Auvergne-Rhône-Alpes. Cette étude de grande ampleur révèle d’importantes disparités sur le reste à charge en fonction du département, particulièrement élevé dans le Rhône, la Savoie et l’Isère.

Le plan 100% santé, annoncé en juin 2018 par la ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn, ne régle par 100% des restes à charge (RAC), notamment dans le secteur hospitalier. Tel est le principal enseignement de L’Observatoire de la Mutualité Française dont les résultats régionaux ont été dévoilés ce mardi 29 octobre 2019.

100% santé, les mutuelles de plus en plus sollicitées

Yves Perrin, président de la Mutualité Française AuRA
Yves Perrin, président de la Mutualité Française Auvergne-Rhône-Alpes ©P.Auclair

La troisième édition de cet Observatoire décrypte les restes à charge encore supportés par les Français avant même l’application intégrale du 100% Santé. Ces restes à charge peuvent s’avérer élevés et très variables en fonction de l’âge et du lieu d’habitation des patients, en particulier pour les dépenses hospitalières. “On constate au fil des ans une augmentation de la place des complémentaires santé dans la prise en charge des soins“, souligne Yves Perrin, président de la Mutualité Française Auvergne-Rhône-Alpes. L’intervention des mutuelles est donc plus qua jamais déterminante pour réduire la facture et les inégalités.

Contrairement à certaines idées reçues, l’Observatoire montre que les dépenses hospitalières sont loin d’être supportées à 100% par la Sécurité sociale. Et qu’elles sont désormais le 1er poste de remboursement des mutuelles, note Thierry Beaudet, président de la Mutualité Française. Le rôle des mutuelles pour réduire les inégalités et la facture des Français, en particulier à l’hôpital, est déterminant et croissant. D’autant que la population qu’elles protègent est plus âgée que la moyenne”.

 

100% santé, le Rhône deux fois plus élevé que l’Ardèche

De fait, toutes les études démontrent que les complémentaires santé jouent – et vont jouer – un rôle de plus en plus important dans la couverture des dépenses de santé, y compris hospitalières. Un constat implacable, alors que le RAC sur l’ensemble des dépenses de santé (avant remboursement des mutuelles) est très inégalement supporté. Il varie très fortement avec l’âge pour atteindre 1 200 € pour les personnes de 80 ans et plus, alors que la moyenne (652€) est deux fois moindre.

Ce RAC varie également de manière significative en fonction du département. Ainsi, en Auvergne-Rhône-Alpes, il atteint 574 € dans le Rhône, 558 € en Savoie et 564 € en Isère. En revanche il ne dépasse pas 457 € en Ardèche ou 466 € dans le Puy-de-Dôme.

Le RAC hospitalier avant remboursement des mutuelles est encore plus inégalitaire, tant en fonction de l’âge que de la situation géographique du patient. Ainsi, ce reste à charge est particulièrement élevé en Savoie (346 €), en Isère (274 €) et dans l’Allier (266 €). Contre à peine 210 € en Ardèche.

 

Cataracte et coloscopie, des disparités énormes

Ces disparités de RAC s’expliquent en grande partie par des différences de prix facturés. Ainsi, les prix pratiqués pour la chirurgie de la cataracte en clinique privée varient de 272 € dans le Cantal à 605 € dans le Rhône. De même, les prix pratiqués pour une coloscopie en clinique privée varient de 153 € dans le Cantal à 273 € dans le Rhône.

Enfin, l’autre volet de l’Observatoire concerne le regard que porte les Français sur l’hôpital. Il en ressort un double sentiment d’attachement et d’inquiétude. La situation de l’hôpital apparaît comme un enjeu de premier plan aux yeux des Français. D’une part, on considère l’hôpital comme un pilier incontournable de notre système de santé. Seuls 20% des personnes interrogées estiment que le pays pourrait fonctionner avec moins d’hôpitaux.

 

L’hôpital et les Français, un attachement “charnel”

Mais, au-delà de ce constat, la moitié des Français juge que l’hôpital ne se porte pas bien. Au cœur de leurs préoccupations, un manque cruel de personnel et des services urgences surchargés. D’où le fait qu’aujourd’hui, la réforme de l’hôpital apparaît comme le deuxième enjeu le plus important par le gouvernement en matière de santé. Juste derrière la question des déserts médicaux. “Il existe en France un attachement fort, presque charnel, à l’hôpital public. C’est un symbole de la présence de l’Etat. On perçoit comme un abandon du service public hôpital qui ferme ou une maternité qui disparaît“, résume Yves Perrin, président de la Mutualité Française Auvergne-Rhône-Alpes. Et ce dernier de regretter le manque de reconnaissance des métiers de l’hôpital” dans notre pays.

Enfin, cet Observatoire 2019 de la Mutualité Française confirme aussi que pour les Français, le vieillissement et le risque de dépendance, pour eux comme pour un proche, restent leur premier motif de préoccupation.

 

A SAVOIR

Le plan 100 % Santé (anciennement baptisé “reste à charge zéro”) permet d’améliorer et de renforcer l’accès aux soins. En permettant aux Français de s’équiper de lunettes et d’aides auditives de qualité ainsi que de bénéficier de soins dentaires prothétiques (prothèses fixes ou mobiles) sans que l’acte ou le soin réalisé ne leur coûte un centime après remboursement de l’Assurance maladie et des complémentaires. Cette réforme va entrer en vigueur progressivement, par étape, avec un calendrier différent selon les secteurs concernés, jusque’) un remboursement total à compter du 1er janvier 2021.

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