Raymond le Moigne hospices civils de Lyon Covid
Pour Raymond Le Moign, les Hospices Civils de Lyon doivent se préparer à un fort rebond épidémique ©P.Auclair

Face à la cinquième vague qui déferle sur la France, et dans la perspective d’une aggravation de la situation sanitaire liée au variant Omicron, Raymond Le Moign ne cache pas son inquiétude. Le directeur général des Hospices Civils de Lyon a déjà pris des mesures préventives, comme une limitation des droits de visite. D’autres, encore plus restrictives, sont à l’étude.

La cinquième vague semble monter en puissance depuis quelques jours. Est-elle perceptible dans les services des HCL ?

Raymond Le Moign (Hospices Civils de Lyon) : Effectivement, la cinquième vague est déjà une réalité. Le taux d’incidence, soit le nombre de nouvelles contaminations/jour, est en train de dépasser celui de la quatrième vague. Cela étant, la pression hospitalière n’est pas encore aussi vive que lors des précédentes vagues. Pour l’instant, l’augmentation du taux de contamination n’a pas eu un impact brutal sur les admissions dans nos services de soins critiques, réanimation ou hospitalisation conventionnelle. Le problème, c’est que cette cinquième vague survient après dix-huit mois de crise sanitaire. Les personnels sont fatigués. Dans les prochaines semaines, il sera donc extrêmement compliqué de rebondir, de réinstaller des unités spécialisées dans l’accueil et la prise en charge des patients Covid.

 

Des patients Covid plus jeunes et souvent non vaccinés 

Concrètement, certains établissements des Hospices Civils de Lyon sont-ils déjà en tension face à la reprise de l’épidémie ?

Oui, un frémissement est déjà perceptible sur le groupement hospitalier Sud (Ndlr: Lyon-Sud à Pierre-Bénite). La moindre disponibilité de certains services, la fatigue du personnel, les postes non pourvus… nous font donc aborder avec beaucoup de crainte cette cinquième vague.

 

Le profil des patients Covid aujourd’hui admis dans les établissements des Hospices Civils de Lyon a-t-il évolué par rapport aux précédentes vagues ?

Pour l’instant, les victimes de la cinquième vague semblent avoir un profil proche de celles de la quatrième vague. À savoir des patients plus jeunes, immuno-déprimés, donc avec une fragilité intrinsèque. Et la plupart ne sont pas inscrits dans un schéma vaccinal complet.

 

Des visites limitées au strict minimum

Dans le contexte sanitaire actuel et dans la perspective d’un pic épidémique en janvier, les Hospices Civils de Lyon ont-ils déjà pris des mesures spécifiques ?

Oui. Nous avons déjà décidé de restreindre le droit de visite. C’était nécessaire pour éviter les zones de contaminations et ralentir la circulation du virus. Des mesures indispensables pour protéger nos patients et notre personnel. Cette restriction du droit de visite concerne les accompagnants comme les associations qui interviennent au sein de nos établissements. Compte tenu de l’évolution de la pandémie, nous étudions désormais une limitation, voire la suppression, de toutes les manifestations de fin d’année qui ne sont pas en format assis et statique. Par ailleurs, de manière préventive, nous avons pris des mesures de spécialisation de certaines unités pour accueillir de manière privilégiée des patients Covid.

 

Olivier Véran a annoncé l’ouverture de plusieurs centaines de centres de vaccination supplémentaires pour tenir l’échéance du 15 janvier. Ne craignez-vous pas de vous voir « dépouiller » d’une partie de votre personnel pour répondre à cette impératif vaccinal ?

Historiquement, les HCL sont très engagés dans le fonctionnement des centres de vaccination. Que ce soit dans nos différents établissements hospitaliers mais aussi aux centres de Lyon-Gerland et de Caluire. Compte tenu de la situation, on sait qu‘il faudra renforcer les capacités d’accueil dans ces centres. Mais, face aux craintes d’un manque de disponibilité au sein des HCL, le mot d’ordre est donc clair. Ce renforcement des effectifs ne pourra se faire qu’avec l’appui de professionnels de santé libéraux ou retraités. En aucune façon, on ne pourra faire appel à du personnel qui exerce dans les services hospitaliers des HCL.

 

(1) Dans une note interne, Raymond Le Moign a annoncé à son personnel que les patients hospitalisés ne pourraient désormais recevoir qu’une seule visite quotidienne, une seule personne à la fois. Cette restriction ne s’applique toutefois pas aux services pédiatriques et autres unités de fin de vie.

À SAVOIR

Premier employeur de la Métropole de Lyon, les Hospices Civils de Lyon regroupent treize établissements publics. Le deuxième CHU de France emploie 23 000 personnes, dont plus de 5 700 médecins et plus de 11 350 soignants. Dans le cadre de leurs missions, les HCL ont aussi mis en place une organisation dédiée à la vaccination de masse dans les sites suivants: Hôpital de la Croix-Rousse, Hôpital Édouard-Herriot, Hôpital Lyon-Sud, Groupement Hospitalier Est, centres des vaccination de Lyon-Gerland et Caluire.

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