8 Rhônalpins sur 10 se disent inquiets de la qualité de l’air ©Pixabay

Les Lyonnais, et plus généralement tous les Auverhônalpins, sont majoritairement inquiets de la qualité de l’air de leur région. C’est ce qui ressort d’un récent sondage d’Atmo, l’observatoire de la qualité de l’air en Auvergne-Rhône-Alpes. Signe d’une certaine évolution des mentalités, les habitants de la région se disent aujourd’hui prêts à modifier leurs habitudes et comportements pour favoriser une diminution des pollutions atmosphériques.

Le récent renouvellement municipal en faveur des Verts a donné la couleur aux administrés de la région Auvergne-Rhône-Alpes : les habitants veulent des changements en faveur de l’écologie. Le dernier sondage de l’observatoire Atmo (observatoire de surveillance de la qualité de l’air Auvergne-Rhône-Alpes) témoigne de cette volonté des Auverhônalpins de voir la qualité de l’air révisée. Un engagement particulièrement mesurable chez les jeunes sondés.

 

8 habitants sur 10 inquiets de la qualité de l’air

8 habitants sur 10 d’Auvergne-Rhône-Alpes se disent inquiets de la qualité de l’air de leur commune. Une tendance à la hausse avec une augmentation de 5 points par rapport au précédent sondage (2013). L’enquête effectuée en novembre dernier auprès d’un panel de 700 personnes révèle néanmoins des opinions nuancées. Ainsi, si 57% des Rhônalpins estiment que la qualité de l’air est bonne, 58% d’entre eux pensent qu’elle s’est tout de même dégradée.

Eric Fournier, président d’Atmo Auvergne-Rhône-Alpes, explique les pressions exercées par les habitants sur l’association : « ils exigent le suivi de nouveaux polluants comme les NOx (oxyde d’azote) et en particulier le NO2 ». Ce dernier composant, qui peut être à l’origine de nombreuses irritations et même d’une réduction de la fonction pulmonaire, provient principalement des automobiles.

Dans les faits, la pollution aux particules fines par exemple, qui était très largement au dessus des normes il y a 5 ans, a nettement baissé. Pour autant, « une grande partie de la population restent trop exposée selon les recommandation de l’OMS », décrit Eric Fournier. De cette façon, « si le territoire régional respecte depuis trois années consécutives les seuils fixés par la réglementation pour les particules inhalables, 21 000 habitants ont encore été exposés à des valeurs supérieures à la réglementation en dioxyde d’azote (NO2) et 40 % du territoire est en difficulté l’été sur les niveaux d’ozone en 2019 », décrit l’association.

 

64% des Auverhonalpins sont motivés à changer leur comportement

64% des habitants de la région ont pris « conscience des conséquences de leurs comportements individuels sur la qualité de l’air », selon la présidence d’Atmo. Ainsi, 6% des sondés ont l’intention de pratiquer plus souvent la marche ou l’usage des modes doux. 27% ont l’intention de conduire un véhicule peu polluant et 9% souhaiteraient utiliser d’avantage les transports publics. Cela est surtout visible dans des zones où ils sont moins développés, comme en Haute-Savoie ou dans la Loire.

Paradoxalement, on pourrait avoir peur que les modes doux, de plus en plus privilégiés par les habitants (notamment dans les grandes agglomérations), favorisent la pollution. Cela en privant les véhicules de certaines voies et en créant des bouchons. Atmo se veut rassurante sur ce point : « nous n’avons pas constaté de hausse des bouchons et donc de la pollution depuis l’installation massive des pistes cyclables : pour nous ce n’est pas une inquiétude ».

 

19% des Auverhonalpins sondés se disent prêts à améliorer l’isolation de leur logement

Le lien entre habitat et qualité de l’air est moins connu. Pourtant les chauffages individuels, notamment au bois, sont « une source majeure » d’émission de particules fines selon Atmo. Ainsi, l’association conseille de faire attention à plusieurs facteurs comme la qualité du combustible utilisé (humidité basse, propreté maximale, calibrage etc.), la conception de l’installation (choix du combustible, dimension etc.) ou encore l’utilisation (allumage, entretien etc.) dans le cadre d’un chauffage au bois.

En lien avec cette problématique, 19% des sondés (particulièrement les moins de 35 ans) se disent prêts à améliorer l’isolation de leur logement. 20% des répondants se disent prêts à remplacer leur chauffage actuel par un appareil performant. Enfin, 11% d’entre eux se disent prêts à acheter des bois de meilleure qualité.

 

Le compostage : une activité envisagée par 9% habitants d’Auvergne-Rhône-Alpes

Les déchets verts composent une autre source importante d’émissions de particules fines. Une des solutions envisagées est le compostage, auquel 9% des interrogés se disent favorables, particulièrement dans l’Ain et le Rhône.

 

4% des interrogés mangeraient plus local pour lutter contre le CO2

Réduire le CO2 : 4% des interrogés souhaitent consommer davantage local, particulièrement les moins de 25 ans. Cela permettrait de diminuer les émissions de CO2, qui est un gaz à effet de serre, mais également de particules fines. Ces deux polluants atmosphériques sont émis par les véhicules, et incidemment par le transport sur de longues distances.

Dans le même ordre d’idée, 14% des sondés sont sensibles aux suremballages et souhaiteraient privilégier le vrac. Cette intention est, cette fois-ci, plus forte chez les personnes de 50 ans et plus.

 

Une application pour mieux connaître la qualité de l’air que nous respirons

L’association avait tenté de sensibiliser les habitants il y a 20 ans via des panneaux d’affichage. Aujourd’hui leur principal moyen de communication est Internet. Atmo réfléchit à une mise à jour de son application Air to Go. Le but est de mieux répondre aux préoccupations des riverains qui veulent consulter la qualité de l’air près de chez eux avant certaines de leurs activités extérieures. C’est le cas de la promenade (pour 45% d’entre eux), du sport (32%), ou d’une sortie avec les enfants (19%).

 

À SAVOIR

Les particules fines ont un impact avéré sur la santé respiratoire et cardiovasculaire. Elles augmentent le risque de développer un cancer du poumon. L’ozone engendre des problèmes similaires, pouvant aller jusqu’à la crise d’asthme. Sur le long terme, ce gaz peut aussi être à l’origine de maladies respiratoires ou d’une diminution de la capacité pulmonaire.

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