les pieds sont plus fragile que ce que l’on croit.
Prendre soin de son pied est essentiel pour la prévention d’éventuelles pathologies. ©Freepik

Ongles incarnés, œil de perdrix, durillons… autant de maux plus ou moins graves qui cassent les pieds (et affectent le quotidien !) d’une majorité de Français. Prendre soin de ses pieds est indispensable, d’autant plus pour les personnes âgées, ou encore les diabétiques, à la fragilité pédestre exacerbée. Zoom sur les 10 pathologies du pied les plus courantes, avec le concours de Meriem Kouidri, pédicure-podologue à Lyon.

D’après une étude réalisée par l’Union Française pour la Santé du Pied (UFSP) en 2019, 73% des Français avouent ressentir d’une manière ou d’une autre une douleur aux pieds. Un chiffre important, suprenant même, mais qui s’explique sans doute par l’immense variété de pathologies susceptibles d’affecter les pieds. La preuve par 10 !

Séniors et diabétiques : attention, pieds fragiles !

Les malades du diabète souffrent plus facilement des pieds. Avec à la clé, parfois, des pathologies potentiellement dangereuses. « Les patients diabétiques ont les pieds extrêmement fragiles. La moindre pathologie peut conduire à l’amputation du pied », confirme la pédicure-podologue lyonnaise Meriem Kouidri. Les patients en oncologie ont également plus de risques d’être confrontés à des pathologies avec de lourdes conséquences, à l’image du syndrome mains-pieds (effet secondaire de la chimiothérapie).

Les pieds des personnes âgées doivent aussi susciter une attention permanente de la part des pédicure-podologues. « Les personnes âgées ont une peau assez fragile au niveau des pieds et vont donc rapidement développer des pathologies. À cela s’ajoute aussi leur démarche qui ne facilite pas le bon déroulement de leurs pieds », précise Meriem Kouidri.

L’ongle incarné

On parle d’ongle incarné lorsqu’une partie de l’ongle entre dans la peau du pied autour de l’ongle. On peut le comparer à une écharde susceptible de s’infecter ou de s’inflammer. « Il ne faut pas laisser traîner un ongle incarné. Si on a mal au coin de l’ongle du pied il faut tout de suite aller consulter. » Le pédicure-podologue extrait alors la partie de l’ongle incrustée dans la chair. Sans cette intervention, l’état de l’ongle peut se dégrader et entraîner de pénibles complications, potentiellement handicapantes au quotidien (une partie de l’ongle peut être arrachée en urgence).

Les yeux de perdrix

« Les yeux de perdrix sont une pathologie semblable à un cor aux pieds, mais ils prennent forme entre deux orteils. » Liée à un frottement entre deux orteils, cette affection est assez profonde et prend parfois un aspect gluant. Très douloureux, les yeux de perdrix ne peuvent être traités que par un podologue.

Les durillons

Caractérisés par un amas de corne, les durillons se forment essentiellement dans les zones de frottement du pied. Cette pathologie n’est pas douloureuse, mais pose un problème esthétique. Il n’y a pas vraiment de traitement contre les durillons, mais il est possible de les prévenir. « Mettre de la crème pour les pieds pour nourrir la peau régulièrement et faire des soins de pédicurie », sont les deux conseils donnés par la pédicure-podologue Meriem Kouidri.

Les ampoules

Créée à la suite d’un frottement au niveau du pied, les ampoules se forment habituellement sur les plantes des pieds et les orteils, ou sur des zones de points d’appui. Contrairement aux idées reçues, percer une ampoule soi-même est déconseillé. Il faut plutôt éviter toute friction avec la zone où l’ampoule s’est formée et placer un pansement imbibé de cicatrisant, le temps que l’ampoule se résorbe spontanément.

Le cors aux pieds

Un cor au pied est un durillon qui s’est aggravé. Il se manifeste donc par un amas de corne beaucoup plus dense. Un cor peut également se révéler très douloureux et provoquer « une sensation de cailloux qui va venir appuyer sur la zone ». Si cette pathologie se trouve généralement sous le pied, elle peut toutefois apparaître sur les phalanges des orteils. Si les cors aux pieds ne sont pas rapidement pris en charge par un podologue, alors ils peuvent devenir inflammatoires, voire infectieux.

La goutte

La goutte, généralement génétique, est une maladie chronique qui affecte uniquement les articulations. Une crise empêche parfois celui qui en souffre à mettre le pied à terre. Cette pathologie touche plus souvent les pieds, les chevilles et les genoux. Mais elle peut s’étendre aux bras. Une alimentation pauvre en purines et un traitement médicamenteux contribuent à atténuer les douleurs lors des accès goutteux.

Les pieds en rotation interne et externe

Cette rotation anormale des pieds pendant la marche est souvent la conséquence directe d’une rotation des hanches. « Il y a un déséquilibre entre les muscles des rotateurs internes et externes des hanches », explique Meriem Kouidri. Ce déséquilibre amène donc le pied à se positionner soit plus en position interne soit plus en position externe. La structure de la jambe joue donc un rôle important dans les mouvements du pied. On peut aussi parler de défaut asymétrique pour expliquer cette pathologie. Un travail doit donc être effectué chez le podologue voire avec un kinésithérapeute afin de régler ce problème.

Les pieds plats

On distingue les pieds structurellement plats, liés à un défaut de la voûte plantaire, aux pieds plats valgus, définis comme pathologiques. Ces derniers, du fait d’une tonicité moindre des muscles du pied, ne soutiennent pas le poids du corps. Facteurs de fatigues de chevilles et de douleurs dans les genoux, les pieds plats valgus affectent généralement plutôt les personnes en surpoids. Des exercices conseillés par le pédicure-podologue, mais aussi le port de semelles ou de chaussures adaptés permettent généralement d’y remédier.

L’hallux valgus

Cette déviation progressive du gros orteil vers l’intérieur du pied est aussi douloureuse qu’handicapante. Le gros orteil forme une bosse qui a tendance à s’accentuer au fur et à mesure du temps. Les femmes sont les premières touchées par l’hallux valgus, du fait de la forme de leurs chaussures, mais aussi de la ménopause.

Les panaris

Conséquence d’une blessure ou d’une piqûre, le panaris ne relève pas toujours du domaine des pédicure-podologues. Cette infection cutanée due à une bactérie est avant tout inflammatoire et doit donc être traitée avec précaution par un médecin traitant. Les panaris  »préfèrent » les mains, mais lorsqu’ils s’attaquent aux pieds, ils se forment le plus souvent au bout de l’orteil.

À SAVOIR

Un bilan podologique annuel ainsi qu’un soin de pédicure annuel permettent de prévenir un minimum les risques d’apparition de pathologies du pied.

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