A Lyon, l’alerte canicule activée

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La canicule exige des mesures de prudence
Le plan canicule sera activé cette semaine

A partir de ce mardi 30 juin, un épisode de canicule (1) fait suer toute la France. En Rhône-Alpes, le mercure pourrait flirter avec les 40 degrés à l’ombre. La préfecture du Rhône a activé le niveau 3 “alerte canicule”. A la clé, diverses mesures, notamment pour protéger les personnes âgées. Anne-Marie Durand, directrice santé à l’Agence régionale de santé en Rhône-Alpes, détaille les différents stades du plan canicule et leurs incidences.

Qu’est ce que le plan canicule ?

C’est un plan mis en œuvre en 2004 après le terrible épisode de canicule de l’été 2003, qui s’était soldé par de nombreux décès. C’est un plan qui comporte une vraie structure avec des actions visant à prévenir les effets de la chaleur sur la population. Il est commun à l’ensemble des départements. Il consiste à organiser les structures de soins pour faire face aux besoins de la population mais aussi pour informer, alerter des impacts de la chaleur sur la population. Ce plan est réactualisé chaque année.

Quels sont les différents niveaux du plan canicule ?

C’est un plan qui est très souple. Pour s’adapter à chaque situation il comporte 4 niveaux. Le premier se déclenche automatiquement du 1er juin au 31 août. Bien sûr, si les températures le nécessitent, on peut avancer ou reculer les dates de mises en œuvre des actions. Ce niveau correspond à une structure de veille : on surveille la météo et ses éventuels impacts sur la santé, et l’agence régionale de santé s’assure de la préparation des intervenants en santé (disponibilité en lits tout l’été, personnel en nombre suffisant, procédures à jour…)

Des mesures spécifiques pour faire face à la canicule

Quels sont les critères de déclenchement des niveaux suivants ?

Le niveau 2 est un niveau d’avertissement. Il correspond au niveau jaune de la météo. Il permet d’adapter les mesures et en particulier d’informer les personnes sensibles des dangers de la chaleur. Le niveau 3 est un seuil d’alerte, déclenché par le préfet quand les météorologistes prévoient des températures très chaudes sur une longue durée dans un département. C’est un acte formel qui déclenche des batteries de mesure de la part des acteurs et dans les structures de soins ou d’hébergement.

Qu’en est-il du dernier niveau, qui rend compte d’un niveau maximal d’alerte ?

Le niveau 4 est déclenché par le préfet ou par le gouvernement lorsqu’un épisode très durable est prévu sur une grande partie du territoire français. Il entraîne une mobilisation générale sur l’ensemble du territoire des services pour informer et prendre en charge au mieux la population. Des renforts en santé peuvent être réquisitionnés par les préfets ; les médias sont sollicités pour relayer les messages de prévention.

Les personnes âgées, premières victimes de la canicule

Quelles sont les personnes à risques ?

Les sujets présentant le plus de risques face aux grandes chaleurs sont les personnes fragiles : les enfants en bas âge, les personnes âgées, les personnes qui travaillent à proximité d’un four ou à l’extérieur comme les ouvriers du bâtiment ou des routes, les personnes porteuses de pathologies chroniques tels des problèmes cardiovasculaires.

Quels sont les bons gestes à adopter ?

Essentiellement des gestes de bon sens. Il est donc déconseillé de sortir aux heures les plus chaudes, c’est-à-dire entre 11h et 17h. Bien sûr il faut éviter de faire des efforts importants à ces mêmes heures. Il est important de protéger son logement en fermant les volets la journée et en les ouvrant la nuit. L’apport d’une climatisation est intéressant notamment dans les structures comme les maisons de retraite ou les crèches. Il faut boire beaucoup d’eau (2 litres par jour) et faire attention avec les personnes âgées car elles ne ressentent pas la soif. Il faut les faire boire régulièrement pour éviter la déshydratation du corps.
(1) En France, le terme de canicule est employé lorsque des températures très élevées se maintiennent au moins 3 jours et 3 nuits consécutivement. Pour la région lyonnaise par exemple, il faut que les températures nocturnes ne descendent pas au-dessous de 20 degrés la nuit, et qu’elles atteignent 34 degrés en journée. Ces seuils sont sensiblement identiques dans l’Ain, l’Ardèche, l’Isère, la Loire, la Savoie et la Haute-Savoie. Dans la Drôme, le plan canicule est activité lorsque les températures ne tombent pas sous les 21 degrés la nuit et atteignent 36 degrés en diurne durant au moins trois jours. A Paris, les seuils de canicule sont fixés à 21 degrés la nuit et 31 degrés en journée.

Le plan canicule comporte quatre stades
Pour Anne-Marie Durand, le grand avantage du plan Canicule est d’être adaptable à toutes les situations. ©ARS

A savoir

Le niveau 3 du plan canicule, déclenché par la préfecture du Rhône, après concertation avec l’Agences régionales de santé (ARS), comprend notamment des mesures de prévention pour les personnes à risque, obligatoirement recensées depuis 2004 par la mairie. Les associations ou services publics les appellent pour s’assurer que tout va bien et faire intervenir les pompiers ou des personnes référencées en cas de non-réponse. Des visites à domicile sont aussi organisées. Ce niveau prévoit par ailleurs l’accueil des personnes à risque dans des lieux rafraîchis (bâtiments publics, supermarchés…) ainsi que des mesures pour assurer la protection, le rafraichissement et l’hydratation des nourrissons et jeunes enfants.
La vague de canicule de 2003 aurait coûté la vie à 70 000 personnes en Europe dont 15 000 en France. Les températures ont souvent dépassé les 35°C et même les 40°C, dans les pays du Sud de l’Europe comme l’Espagne, l’Italie ou le Portugal.

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