En pleine alerte canicule, la Métropole de Lyon et la région Auvergne-Rhône-Alpes suffoquent… Thomas Bénet, médecin épidémiologiste au sein de la cellule Auvergne-Rhône-Alpes de Santé Publique France, partage ses conseils et recommandations pour traverser cette vague de forte chaleur alors que plane toujours une recrudescence du Covid-19.

On observe une poussée du mercure sur Lyon et la région Auvergne-Rhône-Alpes. Quelles sont les populations les plus fragiles dans ces moments de canicule ?

Thomas Bénet : “Les populations les plus à risques vont être essentiellement les personnes âgées et les plus jeunes, surtout les bébés de moins d’un an, car ils ont des difficultés à réguler la température de leur corps. Il y a également d’autres personnes, atteintes de pathologies chroniques, qui possèdent des facteurs de risque. Leur traitement peut modifier leur sudation et empêcher la régulation de la température de leur corps. Les travailleurs extérieurs, ou les sportifs qui veulent continuer à sortir faire leur activité physique, peuvent eux aussi, être exposés à des risques de coup de chaleurs.

 

Canicule, Covid-19 et pathologies

La présence du Covid-19 en période de fortes chaleurs peut-elle être une source de risques supplémentaires ? 

“Il existe certains facteurs communs au Covid-19 et à la canicule. Les personnes atteintes de certaines pathologies comme le diabète ou l’obésité ont des risques de contracter des formes sévères de coronavirus, mais elles sont aussi plus sensibles aux coups de chaleur. En cas de hausse des températures, il faut avoir une attention particulière au diagnostic pour ces sujets à risques. Mais une suspicion d’infection au coronavirus ou de toute autre maladie ne doit pas empêcher la prise en charge d’un coup de chaleur. Dans ce cas là, la prise de paracétamol en automédication peut être dangereuse. Le diagnostic entre coup de chaud et pathologie virale n’est pas toujours évident. C’est pourquoi il faut faire appel à un avis médical avant de s’administrer des médicaments.”

 

Concernant les mesures de prévention de la canicule, les précautions à prendre sont-elles compatibles avec les gestes barrières de l’épidémie de Covid-19 ? 

“Les mesures et précautions liées au Covid-19 ne sont pas modifiées en épisode caniculaire. S’il y a canicule, cela ne doit pas changer les mesures barrières qui sont essentiellement basées sur la distanciation sociale. La seule difficulté peut éventuellement reposer sur le port du masque, rendu inconfortable par la chaleur. En revanche, un point important commun aux deux phénomènes, c’est le contact avec les personnes à risques. Il faut absolument garder le contact, pas en allant directement les voir mais par téléphone. Il est essentiel d’identifier les personnes à risques dans son entourage. Cela peut être un ami qui a des facteurs de risques, ou une personne âgée. L’objectif de ce maintien du contact est de pouvoir prévenir, alerter, ces personnes qui peuvent être moins bien informées que nous.”

 

Chaleur et hydratation

Quelles sont vos recommandations pour traverser les épisodes de fortes chaleurs ? 

“Lorsque les températures sont élevés, il est conseillé d’aller dans des lieux frais, donc climatisés et ventilés. Mais avec la présence du coronavirus, il faut éviter de se rendre dans les supermarchés, cinémas etc…. Il faut pouvoir se rafraîchir une à deux heures par jour, en restant chez soi, ou dans des lieux avec peu de personnes. Cela peut se faire par des moyens simples, comme se mouiller les membres avec du linge mouillé, qui permet de faire baisser la température du corps. Enfin, il faut garder une alimentation normale, car cela apporte des sels minéraux.

Le point sur les recommandations à observer en cas de forte chaleur.

 

Enfin, quels sont les choses qu’il faut éviter dans des épisodes caniculaires ? 

“Il faut idéalement éviter les efforts sportifs et l’alcool car cela déshydrate. La recommandation est de boire 1 à 2 litres d’eau par jour. Il faut être vigilant aux personnes âgées et aux personnes qui ont des pathologies, notamment cardiaques. Les patients sous traitement doivent faire attention à leur hydratation. S’ils boivent trop, cela peut les conduire à d’autres pathologies. De plus, ce n’est pas l’hydratation qui fera baisser la température du corps mais cela préviendra des coups de chaleur.” 

NB: Le docteur Thomas Bénet est médecin épidémiologiste au sein de la cellule Auvergne-Rhône-Alpes de Santé Publique France.

À SAVOIR

Il ne faut pas forcément considérer une température élevée comme étant de la canicule. En effet, lorsque les températures nocturnes sont inférieures à 20°, on parle de pics ou de vagues de chaleurs. Un épisode de canicule survient lorsque la température dépasse 35° le jour et ne descend pas en dessous de 20° durant trois jours consécutifs la nuit.

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