Une jeune femme atteinte de misophonie, fortement gênée par des bruits.
Le quotidien d'un misophone peut se transformer en véritable calvaire. ©Freepik / Andreas

Déglutition, grincement de dent, bruit de clavier, clic de stylo, sifflement, mastication… Ces petits bruits du quotidien peuvent paraitre banal, mais ils sont susceptibles de transformer en enfer la vie de tous ceux qui souffrent de… misophonie. Cette aversion des petits bruits impacterait ainsi de près ou de loin jusqu’à 15% de la population, et parfois dans des proportions clairement handicapantes, à l’image de l’humoriste Bruno Salomone. Le point.

La misophonie est un trouble neuro-psychique bien réel, qui se caractérise par une aversion aux sons produits par un autre individu. Certains de ces sons, perçus de manière répétitive, peuvent ainsi devenir insupportables à l’oreille d’un misophone, au point de générer un véritable handicap social.

Ce phénomène reste encore peu connu des professionnels de santé mentale et ses causes exactes restent à démontrer. Il est donc difficile à diagnostiquer. Les psychiatres s’appuient sur une échelle d’évaluation, nommée Amsterdam Misophonia Scale qui permet de mesurer les TOC (Troubles Obsessionnels Compulsifs). Il apparaît que certains bruits, dans les études menées auprès des patients, reviennent plus souvent que d’autres. C’est le cas notamment des bruits de clavier, mais aussi des sons provoqués par la mastication et la bouche, le ronflement, les bruits nasaux de tout types ou encore l’aspiration d’un liquide à la paille.

Grâce à des études réalisées par l’Université Medical Center d’Amsterdam, on sait que 55% des Français atteints de ce trouble ont un cas similaire au sein de leur famille. La misophonie pourrait donc avoir des origines génétiques. On sait aussi que la misophonie se manifeste assez tôt, souvent au début de la puberté. En revanche, le profil des victimes est varié. Il n’y a pas un sexe plus touché que l’autre par cette maladie. 

Misophonie : quels sont les signes qui alertent ? 

Quelques symptômes peuvent mettre sur la voie d’une éventuelle misophonie. C’est le cas lorsqu’une personne commence à se focaliser sur des bruits en particulier, souvent des bruits de bouches produit par l’entourage. Cette personne va ressentir une sorte de dégout qui va très vite se transformer en sentiment de colère. Puis la sensibilité olfactive de cette personne va s’étendre à d’autres petits bruits. 

Cette maladie peut avoir de lourdes conséquences. Connaissant leur trouble, les victimes peuvent développer un sentiment d’anxiété, au moment d’anticiper sa manifestation. Mais le plus grand danger reste l’isolement, provoqué par le besoin d’éviter les situations sociales. Le fait de ne pas arriver à prendre sur soi peut également être facteur de frustration, de colère, d’irritabilité voire d’agressivité. Certaines misophones peuvent être victimes de nausées.

Une maladie qui se soigne ? 

La misophonie est traité comme toutes les phobies par une prise en charge thérapeutique. Dans ce cas précis cette prise en charge est appelée thérapie cognitivo-comportementale, 

Elle va permettre d’apprendre aux patients à gérer leurs réactions émotionnelles. Sans thérapie le risques d’aggravation des troubles est presque inévitable. Pour calmer ce trouble, le recours à des réunions de groupes, tels les misophones anonymes, peut aussi s’avérer utile. 

Juliane Barday

À SAVOIR 

Étymologiquement, la misophonie signifie « haine du son ». Ce trouble très handicapant peut être gérer, comme l’explique Bruno Salomone dans son livre « Les misophones ». Le comédien y dépeint la manière dont il a vécu cette maladie et donne des pistes pour venir à bout de ce trouble. 

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