S'impliquer dans son opération, avant, pendant et après l'intervention chirurgicale, permet de retrouver plus rapidement son autonomie. ©Shutterstock

Les nouvelles méthodes de prise en charge pour une opération chirurgicale, en faisant du patient le premier acteur de sa guérison, favorisent grandement son rétablissement. Vous devez vous faire opérer ? Alors, à vous de jouer ! Le point avec le Dr Martine Gelas, de l’Agence Régionale de Santé Auvergne-Rhône-Alpes.

Une chirurgie, ça se prépare. Et le patient, depuis quelques années, est devenu un membre à part entière de l’équipe médicale chargée de l’opération. Venue de Scandinavie, cette évolution de l’approche de l’intervention chirurgicale fait en effet de l’opéré le principal acteur de sa guérison. « Cette méthode, appelée Réhabilitation améliorée en chirurgie, ou RAC, est apparue dans les pays nordiques dans les années 90 avant d’arriver en France dans les années 2000. Elle vise à limiter les complications post-opératoires et à aider le patient à retrouver rapidement son autonomie », résume le Dr Martine Gelas Boniface, conseiller médical, référente en chirurgie pour l’Agence Régionale de Santé Auvergne-Rhône-Alpes.

84 établissements de santé de la région Auvergne-Rhône-Alpes ont été ou sont déjà accompagnés par l’ARS pour la mise en place de la Réhabilitation améliorée en chirurgie.

 

Être acteur de son opération, comment ça marche ?

L’idée générale est d’accompagner l’amélioration des techniques chirurgicales et anesthésiques par une véritable implication du patient dans son parcours de soin : avant, pendant et après l’opération. En préparant son intervention chirurgicale et en anticipant son retour à la maison, le patient ne subit plus son opération. Quel que soit son âge, il en devient acteur et augmente ainsi ses chances de guérison.

Les gestes médicaux, qu’il s’agisse des techniques ou des protocoles de prise en charge, évoluent dans ce sens : chirurgie mini-invasive pour limiter cicatrices et douleurs, suppression des comprimés préopératoires ou de la prémédication classique, recours moindre à la morphine au profit de l’anesthésie locorégionale… L’un des premiers objectifs des équipes soignantes est de « transformer le patient en acteur de sa prise en charge ». Ces changements de pratiques exercent un rôle certain sur l’état physique du patient, moins passif. Mais aussi sur son moral, moteur essentiel de son rétablissement.

 

Quels avantages pour le patient ?

Les bénéfices sont multiples. On évite de nombreuses complications post-opératoires en se préparant avec soin et en s’informant. Rassuré en amont, le patient évacue une partie de son stress pré-opératoire.

L’adoption de pratiques simples (se rendre au bloc en marchant, ôter rapidement les drains et tuyaux, se lever dès le premier jour, s’habiller durant sa convalescence) a un effet psychologique particulièrement propice à son rétablissement. La durée d’hospitalisation ainsi diminuée, le patient retrouve ainsi plus rapidement le réconfort de son domicile. Il évite ainsi tout risque supplémentaire d’infection.

 

Avant l’opération : les bons gestes pour guérir plus vite

 

  • On co-organise son parcours de soin

On programme l’intervention chirurgicale lors des consultations avec le chirurgien et l’anesthésiste. Mais aussi avec le coordinateur médical. Ces praticiens définissent le chemin clinique. Ils aident le patient à bien préparer son séjour à l’hôpital et son retour à domicile.

  • On se prépare correctement

Pratiquer une activité physique, observer une alimentation équilibrée, diminuer ou stopper sa consommation d’alcool, de tabac et de stupéfiants, prendre soin de son hygiène corporelle et bucco-dentaire sont autant de réflexes permettant au patient d’arriver à l’hôpital au meilleur de sa forme.

  • On se prend en main

Le patient se présente à l’hôpital muni de tous les documents nécessaires. D’où l’importance d’une checklist préalable… Le respect des horaires fixés est essentiel. Il faut se présenter à l’hôpital ni trop tôt, ni trop tard. On optimise ainsi les flux hospitaliers et les longs délais d’attente, courants dans le passé, n’existent plus.

  • On part à l’hôpital en forme 

Inutile de se priver de nourriture sans raison ! Le jeûne dit ‘’moderne’’ préconise de manger léger jusqu’à 4 heures et de boire des liquides clairs sucrés jusqu’à 2 heures avant l’opération (et non la veille, comme il était recommandé auparavant).

  • On planifie son retour

Il est essentiel d’anticiper le retour à la maison : trajet jusqu’au domicile, accompagnement par un proche. Il est essentiel également d’avoir programmé à l’avance ses consultations post-opératoires et sa rééducation (séances de kinésithérapie, rendez-vous avec l’infirmier…)

 

À SAVOIR

Favorable à une meilleure guérison et à un risque moindre de complications et d’infections, le retour précoce à la maison ne signifie pas pour autant une rupture dans la qualité de la prise en charge. Le départ de l’hôpital ne se fait qu’avec le feu vert des équipes médicales. Une fois chez lui, le patient reste en contact avec son établissement de santé, joignable 24h/24 et 7j/7 sur un numéro d’urgence directement relié au service concerné. On programme  systématiquement un appel de l’équipe soignante au lendemain du retour à domicile. Le patient est en possession de son compte-rendu d’hospitalisation. Son médecin traitant est tenu au courant.

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