Mieux manger revient aussi à changer ses habitudes alimentaires, ce qui n'est pas toujours facile ! ©Shutterstock

Chargée dès le 19 octobre d’établir le lien entre nutrition et santé, la nouvelle Cité Internationale de la Gastronomie lyonnaise est le symbole d’une immense révolution alimentaire, qui vante sur fond d’éducation tous les bienfaits d’une cuisine justement équilibrée. Sans excès… ni restrictions !

Mieux vaut manger pour vivre, que vivre pour manger, proclamait Socrate. Mieux vaut bien manger pour bien vivre, aurait-il pu philosopher au XXIème siècle au sujet du lien étroit entre nutrition et santé. « Aujourd’hui, chacun a bien compris qu’un bon équilibre alimentaire était gage de bonne santé. Le mettre en application, en revanche, est une autre affaire », relève Marion Allard, diététicienne au Pôle Santé les Célestins de Vichy, l’une des Mecque thermales et bien-être de la région.

C’est prouvé, observer une bonne hygiène de vie, tant alimentaire que sur le plan de l’activité physique, est le moyen le plus naturel de repousser cholestérol, obésité et autres maladies cardiovasculaires. Et, au final, de vivre mieux et plus longtemps.

L’idée est à ce point entrée dans les mœurs qu’elle en appelle aujourd’hui à une autre notion, celle de l’éducation alimentaire, largement vantée à tour de revues et d’émissions de télé. « Il faut apprendre aux enfants à bien manger. On a déjà un permis de conduire. Pourquoi ne pas créer un permis de santé ? », plaidait ainsi récemment le chef étoilé Michel Guérard.

 

Bien manger demande des efforts

La prise de conscience, pour autant, se heurte aux réalités de notre monde contemporain, décidément paradoxal. Au travail, on mange (trop) vite, et donc (trop) mal. À la maison, c’est souvent le temps qui fait défaut. « C’est une organisation », reconnaît Marion Allard, qui confirme pourtant que « manger moins vite permet de manger moins » et que « prendre le temps d’organiser ses repas, de faire son marché et cuisiner le week-end en famille est aussi un loisir agréable ».

La diététicienne confirme surtout que « l’on peut manger de tout, mais en supprimant tous les produits industrialisés et autres produits sucrés très addictifs. On se drogue avec des choses légales, mais qui ont de fortes incidences sur la prévalence de maladies comme l’obésité et le cancer ».

 

Nutrition et santé : Lyon au coeur de la recherche

La nutrition de demain, en effet, s’appuie sur de véritables enjeux de santé publique, mais aussi économiques et sociétaux. Dans ce contexte, la région Auvergne-Rhône-Alpes développe une véritable expertise en matière de recherche nutritionnelle, de Grenoble à Clermont-Ferrand en passant par Saint-Étienne et, surtout, Lyon, berceau de la bonne chère.

« L’objectif de nos équipes pluridisciplinaires est de contribuer à ce que tous les Européens aient une alimentation saine à l’horizon 2030. Il y a des progrès, et la France et Lyon en particulier ont un rôle à jouer, du fait de leur forte culture gastronomique », explique le professeur Martine Laville, présidente du Centre Européen pour la Nutrition et la Santé.

Basé à l’hôpital Lyon-Sud, le CENS regroupe le Centre de Recherche en Nutrition Humaine et le laboratoire CarMeN (cardiovasculaire, métabolisme, diabétologie et nutrition).

Ses chercheurs collaborent étroitement avec le centre de recherche ouvert dès 2008 par le prestigieux Institut Paul Bocuse, qui forme les chefs de demain aux grandes évolutions alimentaires. « On sait que le nombre de diabétiques, soit 5% de la population française, va doubler d’ici 20 ans, et que 15 à 20% des adultes souffrent déjà d’obésité », livre le diététicien Nicolas Tête, professeur en nutrition à l’IPB et chargé de ce volet pédagogique. « Le maître mot, c’est la diversité et la variété, à travers la promotion de tous les groupes alimentaires ». Exit, donc, super-aliments, produits détox et autres régimes d’éviction (sans gluten, cétogène…), qui contribuent « à la dérive d’une alimentation ‘’médicale’’».

 

Cité de la Gastronomie : le ”bien manger” en exposition

Cette éducation aux bonnes pratiques alimentaires est aussi au cœur du projet de Cité Internationale de la Gastronomie, qui ouvre ses portes à l’automne, à Lyon. C’est en effet celle, parmi les quatre Cités françaises, qui a été retenue pour faire le lien entre nutrition et santé (lire par ailleurs), comme le résume l’un de ses concepteurs, le cuisinier étoilé de Saint-Bonnet-le-Froid (Haute-Loire) Régis Marcon : « il est de notre devoir de nous préoccuper de la façon de nous nourrir sainement, et toujours avec délice. Et notre défi est de prouver au grand public que santé et plaisir peuvent se marier dans l’assiette »… Oui, chef !

 

À SAVOIR

Ouverte le 19 octobre 2019 au Grand Hôtel-Dieu de Lyon, la Cité Internationale de la Gastronomie est un espace hybride dédié aux liens vertueux existant entre alimentation et santé. Sur quatre niveaux et 4 000 mètres carrés, la Cité Internationale de la Gastronomie mettra en évidence l’importance de bien se nourrir pour rester en forme, au travers d’espaces pédagogiques consacrés aux pratiques alimentaires d’ici et d’ailleurs, ainsi qu’à l’histoire sanitaire ET culinaire de la ville. Des expositions temporaires et des résidences de chefs sont également prévues. La cité abrite aussi un « gastrolab », pépinière à start-up de la nutrition-santé, une « gastroludothèque », pour comprendre les cycles de l’alimentation et, pour les plus jeunes, une « ludothèque miam-miam ». Ouverte 7/7 jours, la Cité de la Gastronomie espère digérer 300 000 visiteurs par an…

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