L'addiction au tabac s'est dangereusement aggravée durant le confinement, notamment chez les plus jeunes. ©Free-Photos_Pixabay

Stress, anxiété, ennui, déprime… De Lyon à Grenoble, de Saint-Étienne à Clermont-Ferrand comme dans toute la France, la crise sanitaire et en particulier les mesures de restrictives du confinement ont eu un impact négatif considérable sur la santé mentale des jeunes, les rendant plus vulnérables aux addictions. L’aggravation de la consommation de tabac et de cannabis fait ainsi partie des nombreux effets secondaires du confinement. Coup de loupe sur la hausse de ces dangereuses habitudes, à l’occasion du Mois Sans tabac.

L’épidémie de coronavirus a fait déferler une vague de mal-être dans la région Auvergne-Rhône-Alpes. Comme dans toute la France. Entre le climat anxiogène que crée cette pandémie avec un nombre croissant de décès liés au Covid-19 , et la hausse du chômage et de la précarité, la santé mentale des Français et des Auverhonalpins est mise à rude épreuve. Situation inédite dans l’histoire, l’épreuve  confinement, entraîne des dégâts psychologiques conséquents. L’augmentation de stress, de l’anxiété ou encore de l’ennui amènent également à une hausse de la consommation des drogues, en particulier du tabac.

 

Une augmentation moyenne de 5 cigarettes par jour en confinement

Le tabac, avec la nicotine qu’il contient, est l’addictif le plus répandu dans le monde. Il s’agit également du plus meurtrier. Composée de plus de quatre milles substances chimiques et toxiques, la cigarette est en effet responsable de 3 000 décès chaque année dans la région Auvergne-Rhône-Alpes.

Pourtant, le nombre d’adeptes de la cigarette reste inquiétant, en particulier depuis le début de la crise sanitaire. Le premier confinement a eu des conséquences inquiétantes en matière d’addiction au tabac. Un triste constat révélé à travers l’étude menée par Santé Publique France sur l’évolution des comportements pendant l’épidémie.

En effet, les chiffres démontrent que plus d’un quart des fumeurs interrogés (27%) ont augmenté leur consommation de tabac durant le premier confinement. De cinq cigarettes supplémentaires par jour en moyenne en confinement par rapport à leurs habitude. En causes : l’ennui et le manque d’activité, bien avant le stress, selon les sondages.

Cette aggravation de l’addiction au tabac est sensiblement importante chez les jeunes, particulièrement touchés par les conséquences psychologiques négatives du confinement. Dans la tranche d’âge des 25-35 ans, plus de 40% déclarent avoir fumé d’avantage. Le changement d’environnement de travail est également un facteur aggravant. Pour 37% des actifs en télétravail durant cette période de restriction sévère des déplacements, de mars à mai, la consommation de tabac a également augmenté.

 

Augmentation de la consommation de cannabis chez les jeunes

L’usage de stupéfiants est interdite en France. Pourtant, 67% des consommateurs de cannabis ont pu s’approvisionner durant le premier confinement, malgré les limitations de déplacements. Ainsi, 26% des usagers interrogés par l’Observatoire français des drogues et toxicomanies (OFDT) ont déclaré que le confinement n’avait rien changé à leurs habitudes de consommation. « 8 consommateurs quotidiens sur 10 (82 %) et la moitié des usagers hebdomadaires ont maintenu leur niveau de consommation à l’identique », précise l’étude.

27% des consommateurs ont quant à eux confié avoir fumé d’avantage de cannabis qu’à leurs habitudes. Un constat inquiétant puisque cette drogue aux effets dévastateurs sur la santé et le développement, séduit de plus en plus en jeunes. Pour rappel, on estimerait à 41,6% les moins de 17 ans ayant déjà fumé du cannabis en Auvergne-Rhône-Alpes. Un taux au dessus de la moyenne nationale (39%).

La restriction des déplacements a toutefois eu un effet positif sur certains addicts. Plus d’un tiers d’entre eux n’auraient pas consommé de cannabis durant la période du premier confinement. Un espoir de changement.

 

La consommation d’alcool resterait stable en confinement

Selon les chiffres nationaux de l’étude, la consommation d’alcool serait quant à elle inchangée. En tous cas pour la majorité des personnes interrogées (65%).
Toutefois à l’échelle régionale, cette donnée n’est pas vraiment rassurante lorsque l’on sait que les Auverhonalpins boivent d’avantage d’alcool que la moyenne nationale.

En effet, selon le baromètre de janvier 2020 de Santé Publique France, ils comptent parmi les plus gros consommateurs de vin à l’échelle nationale. Une habitude à prendre au sérieux puisque l’intoxication éthylique est responsable de 20 000 passages aux urgences par an dans la région (chiffres de 2017).

La fermeture des bars et restaurants et l’annulation des rassemblements amicaux, familiaux ou festifs sur la période de mars à mai, ont en revanche permis un chiffre encourageant. Près d’un quart des Français (24%) affirment avoir consommé moins d’alcool durant ce premier confinement qu’à l’accoutumée.

Plus de 10% des personnes interrogées énoncent tout de même avoir augmenté leur consommation d’alcool en cette période, notamment en fréquence. Parmi les raisons énoncées, le plaisir est en première place. Avant l’ennui et le manque d’activité.

 

Mois Sans Tabac : l’occasion de changer les habitudes pour ce second confinement

Il n’est jamais trop tard pour arrêter de fumer ! “Le confinement est même le bon moment pour arrêter de fumer, selon le Pr Sébastien Couraux, chef de service pneumologie à l’hôpital Lyon Sud. Le mouvement du mois sans tabac en ce mois de novembre, associé au second confinement en raison de la crise sanitaire, pourrait donc être la période idéale pour se sevrer.

En effet, le coronavirus s’attaquant principalement aux voies respiratoires, il est plus que jamais important de prendre soin de ses poumons. Les formes les plus graves recensées dans les hôpitaux concernent en majorité les personnes souffrantes de pathologies respiratoires. Pour rappel, la cigarette reste le premier facteur de cancer du poumon en France. Les méthodes pour aider à l’arrêt du tabac sont nombreuses. La seule exigence, selon les tabacologues, est la volonté.

Enfin, les conditions de ce nouveau confinement sont différentes du précédent, notamment avec la possibilité de maintenir leurs activités professionnelles pour de nombreux Français. Les motifs de l’ennui et du manque d’activité devraient ainsi réduire.

Alors pourquoi ne pas changer la tendance pour ce second confinement en adoptant de nouvelles habitudes plus saines ?

À SAVOIR

Les outils d’aide à l’arrêt du tabac tels que Tabac info Service, sont toujours disponibles et actifs durant ce confinement. Les appels reçus au 3989 ont baissé de près de 20% entre mars 2019 et 2020. N’hésitez pas à prendre contact avec ces dispositifs pour arrêter de fumer. Pour rappel, ils sont mis gratuitement au service de ceux qui en besoin.

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