À la ménopause, les clés pour renouer avec le désir existent, qu'elles soient comportementales ou thérapeutiques. ©Shutterstock

Baisse des hormones, troubles du désir, douleurs pendant la pénétration… la ménopause apporte son lot de désagréments et oblige à repenser son rapport au désir et à la sexualité. Jeanne-Marie Vidon, sexologue et thérapeute de couple à Villeurbanne, nous livre ses conseils pour vivre une sexualité épanouie.

Ménopause : des traitements pour compenser la baisse d’hormones

Face aux modifications physiologiques, des options existent ! Des traitements par voie orale ou application locorégionale permettent de limiter les douleurs ressenties lors de la pénétration.

 

1/ Bénéficiez d’un traitement hormonal substitutif (THS)

Le principe est de remplacer les deux hormones oestrogène et progestérone. L’oestrogène est efficace sur les troubles dits “climatiques” tels que les bouffées de chaleur, la sécheresse vaginale, les troubles de l’humeur et prévient notamment l’ostéoporose.

Assez efficace pour lutter contre les inconforts liés à la ménopause, il nécessite cependant un suivi gynécologique très régulier (tous les 6 mois ou 1 ans maximum). Il est indispensable de respecter l’association de ces deux hormones afin d’éviter les risques de cancer du sein ou du col de l’utérus. En revanche, il ne peut être prescrit aux femmes ayant des antécédents de cancer (ovaires, seins, utérus). Les maladies cardio-vasculaires peuvent également faire l’objet d’un contre indication.

 

2/ Ménopause : usez des alternatives à action locale

Afin d’améliorer la souplesse des parois du vagin, augmenter l’hydratation des muqueuses et restaurer la flore vaginale, Jeanne-Marie Videon recommande l’utilisation de traitements à appliquer au niveau locorégional. Crèmes avec un faible dosage hormonal, ovules de probiotiques, ovules à l’acide hyaluronique, ces alternatives peuvent être prises 2 à 3 fois par semaine, en dehors des rapports sexuels.

 

3/ Optez pour le lubrifiant

À base d’eau ou encore d’acide hyaluronique, le lubrifiant est un allié de taille. À utiliser de façon ludique au moment des préliminaires, et pas seulement lors de la pénétration. « L’essentiel est de ne pas avoir l’impression d’utiliser un “médicament” qui parfois peut désérotiser la relation ». L’huile d’amande douce ou même l’huile de coco peuvent toutes deux faire office de lubrifiant naturel, à condition qu’elles soient bio, sans parfum et avec une composition clean.

 

4/ Pensez aux nouvelles techniques thérapeutiques

Laser (quelques séances), injections d’acide hyaluronique, rééducation périnéale par électrostimulation, de nouvelles méthodes fleurissent pour les femmes qui ne peuvent bénéficier d’un traitement THS et qui souffrent de douleurs. Ils sont généralement pratiqués chez un gynécologue, un médecin esthétique ou une sage femme.

 

Ménopause : convoquer son désir et faire preuve de patience

La diminution importante des hormones peut entraîner une baisse de désir chez la femme. Outre les modifications physiologiques, elles se sentent moins séduisantes, se mettent des barrières, ont plus de mal à jouer avec leur corps et à l’utiliser comme atout. “Elles s’attendent à ressentir les mêmes choses qu’avant la ménopause. Or, après la ménopause, il faut aborder la sexualité de manière un peu différente, il faut convoquer le désir.”

 

5/ Recréez des moments à deux

Intensifiez la relation avec son partenaire afin de retrouver un peu de complicité dans la relation, pas uniquement sur le plan sexuel. Pratiquez des activités ensemble, passez plus de temps l’un avec l’autre, pour être de nouveau dans la séduction.

 

6/ Nourrissez votre imaginaire érotique

Tout est bon pour renouer avec le désir : le souvenir de moments d’intimité passés au sein du couple, un film, une lecture, une musique, une odeur… Tous les sens doivent être en éveil. La vie sexuelle ne s’arrête pas à la ménopause. Il faut accepter d’être plus attentif aux petites choses susceptibles de provoquer un émoi.

 

7/ Misez sur les préliminaires

Les relations sont un petit moins centrées sur la pénétration, elles demandent plus de sensualité. L’importance des préliminaires est décuplée, arrivé à cet âge là.

« Il faut vraiment plus de temps pour se reconnecter à son excitation et pour que les sensations corporelles se réveillent. Il faut faire évoluer cette sexualité en mettant beaucoup de sensualité, peut-être beaucoup plus de mots, de jeux. Oser demander plus de baisers, de caresses de la part de son partenaire, qui se sont un peu perdus au fil des années ».

 

8/ Oubliez les performances

L’orgasme est tout à fait possible, même après la ménopause, mais il ne doit pas être l’objectif à atteindre à tout prix. Il faut plutôt se dire qu’il s’agit d’un moment de partage, de plaisir. Il peut y avoir beaucoup de plaisir sans atteinte systématiquement l’orgasme. Et il ne faut pas imaginer qu’un rapport sexuel a échoué si l’orgasme n’est pas au rendez-vous. Ce qui est important, c’est tout ce qu’il y a autour. « Si on se met dans cette quête de l’orgasme à tout prix cela met une distance, car il y a une impatience. On est alors dans le contrôle et non dans le lâcher-prise ».

 

Ménopause : les partenaires masculins ont aussi un rôle à jouer !

L’imprévu, la spontanéité, les attentions deviennent le mot d’ordre. Imaginez que la sexualité démarre dès la tendresse, bien loin de la chambre à coucher. Plus les femmes avancent en âge, plus elles auront besoin et envie d’une sexualité beaucoup plus sensuelle et probablement moins génitale. Il faut être très patient, accepter de prendre plus de temps pour ces moments d’intimité.

« Certains hommes peuvent avoir le sentiment de ne “pas avoir beaucoup de temps” face à l’excitation de leurs compagnes, qui est parfois fugace. Face à leur propre fragilité sexuelle, ils peuvent être tentés de se précipiter alors vers la pénétration. Il faut faire tout l’inverse ! Il est important de faire évoluer la sexualité, et pour la conserver il faut faire preuve de créativité afin de la rendre harmonieuse, riche et durable ».

 

Retrouvez la liste de tous les gynécologues et spécialistes de la ménopause dans votre ville ou votre quartier sur www.conseil-national.medecin.fr

 

À SAVOIR

La ménopause désigne l’arrêt des règles, autrement dit l’arrêt de la production des hormones de reproduction (œstrogène et progestérone) et survient en moyenne vers 50 ans. Cette période de transition est souvent synonyme de difficultés physiques et psychologiques. Elle entraîne atrophie des parois utérine et vaginale, sécheresse vaginale ou baisse de la libido qui peuvent limiter le plaisir lors des rapports sexuels.

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