Plébiscitée par une majorité des Français, l'homéopathie ne sera bientôt plus remboursée par l'assurance maladie. ©Pixabay
Plébiscitée par une majorité des Français, l'homéopathie ne sera bientôt plus remboursée par l'assurance maladie. ©Pixabay

L’arrêt du remboursement des soins en homéopathie, dont l’efficacité est contestée, sera effective en janvier 2021. Les spécialistes français de l’homéopathie, les laboratoires Boiron (Lyon) et Rocal (Paris) ont déposé devant le Conseil d’État un recours qui s’appuie sur une étude démontrant tous les bienfaits de la discipline.

Le débat entre pro et anti-remboursement des médicaments homéopathiques a longtemps fait rage. Son issue, depuis le mois de juillet 2019, semble inéluctable. La ministre de la Santé et des Solidarités, Agnès Buzyn, a en effet officialisé la radiation progressive des médicaments homéopathiques parmi les soins remboursés par la Sécurité Sociale. Cet arrêt doit être effectif et définitif au 1er janvier 2021.

Cette décision suivait les recommandations de la Haute Autorité de Santé, indiquant l’absence d’efficacité scientifiquement avérée des médicaments homéopathiques. L’idée n’était pas d’en interdire l’usage, donc, mais bien de ne pas en encourager le recours, sans preuve légitime de leur efficacité.

Mais cette justification a été clairement remise en cause par les principaux acteurs du marché. À commencer par les laboratoires lyonnais Boiron.

 

Une vaste étude pour démontrer l’efficacité de l’homéopathie

Directement touché par le déremboursement, le leader mondial de l’homéopathie a rapidement réagi. D’abord en déposant dès le mois d’octobre une requête sommaire devant le Conseil d’État. Lundi 9 décembre, le groupe Boiron a officiellement déposé un ”recours complet contre la décision du gouvernement de mettre fin à la prise en charge par l’assurance maladie des médicaments homéopathiques”.

Déposé conjointement avec les Laboratoires Rocal-Lehning (Paris), ce recours s’appuie sur ”une des plus importantes études pharmaco-épidémiologiques menées en France”. Réalisée auprès de plus de 8000 personnes, cette étude a conclu qu’à ”niveau de sécurité égale les patients pris en charge par des médecins généralistes” avaient:

  • deux fois moins recours aux aux antibiotiques dans les infections des voies aériennes supérieures
  • deux fois moins recours aux anti-inflammatoires dans les douleurs musculo-squelettiques

  • trois fois moins recours aux psychotropes dans l’anxiété, les troubles du sommeil et les dépressions

 

Médicaments homéopathiques et ”liberté de choix des Français”

Pour étayer leur recours, les laboratoires arguent également de l’impact négatif d’un arrêt du remboursement sur le plan économique. ”Le remboursement des médicaments homéopathiques, qui ne représentent que 0,29% des remboursements de médicaments, est synonyme d’économies pour la Sécurité sociale compte tenu de la moindre consommation d’autres médicaments plus chers”.

Signé de leurs dirigeants, Valérie Poinsot (Boiron) et Stéphane Lehning (Rocal-Lehning), le recours en appelle enfin au maintien de ”la liberté de choix des Français”. Ceux-ci, au cours des derniers mois, ont globalement largement pris position en faveur de l’homéopathie. 82% des sondés la jugent en effet complémentaire à l’exercice de la médecine conventionnelle.

 

À SAVOIR

Née au XVIIIeme siècle, l’homéopathie est une méthode thérapeutique très populaire classée parmi les médecines douces. Selon un sondage Ipsos publié à l’automne 2018, 77% des Français y ont déjà eu recours. 74% estiment aussi que ces médicaments sont efficaces. Preuve de l’attachement des Français, ils sont aussi 74% à avoir indiqué être opposé à l’arrêt des remboursements des médicaments homéopathiques.

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