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Les actes de médecine esthétique réalisés de manière illégale doivent être signalés aux autorités sanitaires voire judiciaires en cas de préjudice. ©Freepik

Blanchiment dentaire, injections en tout genre… Les actes de médecine esthétique ont le vent en poupe mais les résultats ne sont pas toujours ceux escomptés. En ligne de mire : les actes pratiqués illégalement et à moindre coût, qui mettent en danger la santé de nombreux patients, souvent inconscients des risques auxquels ils s’exposent. Décryptage de l’arnaque des soins esthétiques et des moyens de s’en prémunir et de s’en défendre avec les docteurs Julie Lyonnar, pharmacienne et Anabelle Jan, médecin, également inspectrices en santé publique à l’ARS.

Banalisés par les réseaux sociaux, les soins de médecine esthétique tels que le blanchiment dentaire ou encore l’injection d’acide hyaluronique sont des actes médicaux ayant pourtant leur importance. Produits certifiés, expertise professionnelle et maîtrise parfaite des techniques… Pour s’assurer d’une prise en charge adaptée et sans risques, ces actes doivent être réalisés par des professionnels de santé qualifiés et certifiés. 

Or, des centres, cabinets ou encore particuliers proposent ces actes sans y être habilités, souvent à moindre coût. Les tarifs attractifs attirent ainsi de nombreux patients, souvent inconscients des risques auxquels ils s’exposent.

Actes mal réalisés : des conséquences sur le long terme

« Le rôle du médecin est important. Ces actes de médecins esthétiques ont en effet une incidence significative sur la santé des patients. Il doit pouvoir déterminer les éventuelles contre-indications, évaluer le bien fondé des actes à réaliser mais également informer les personnes. Les patients doivent ainsi recevoir une information claire et détaillée des soins réalisés. Mais aussi des risques avant de poursuivre« , détaille le Dr Anabelle Jan, médecin inspecteur en santé publique à l’Agence régionale de santé.

Les risques pour la santé ne sont en effet pas anodins. Un mauvais blanchiment dentaire peut par exemple entraîner des infections ou des brûlures au niveau de la sphère bucco-dentaire. Mais également au niveau des gencives. D’une manière générale, des soins mal réalisés peuvent provoquer des infections, des nécroses des tissus voire des lésions au niveau des nerfs. Des conséquences pouvant affectées la santé des patients sur le long terme.

Victime de faux soins de médecine esthétique, que faire ?

« En cas de doute dans les conditions de réalisation des actes concernant l’hygiène, l’origine des produits, la première chose à faire est de consulter son médecin traitant. Ou dans le cadre d’un soin dentaire, son chirurgien-dentiste. Ensuite, il est important de réaliser un signalement sur le portail dédié. Cela permet une prise en charge par les autorités sanitaires« , explique le Dr Julie Lyonnar, pharmacienne inspecteur en santé publique à l’ARS. Si un préjudice est estimé, la victime peut également porter plainte.

Ces signalements sont importants pour les patients ayant été victime de réalisation d’actes de médecine esthétique de manière illégale. Mais ils le sont également pour prévenir permettant un contrôle et un renforcement de la sécurité des patients. « Le nombre de signalements et de démarches de la part des victimes est certainement en deçà de la réalité. Certaines personnes peuvent ne pas oser entreprendre ces démarches ou ne savent tout simplement que faire. Il est donc important pour l’ARS de communiquer et de sensibiliser au maximum les patients », précise l’inspectrice en santé publique.

Les premières recommandations sont tout d’abord de se renseigner sur les soins à réaliser et leurs enjeux. Mais aussi sur les professionnels vers qui se tourner auprès d’un professionnel de santé. Il est donc utile de demander conseil à son médecin traitant ou encore à son chirurgien-dentiste selon la nature des actes réalisés.

À SAVOIR
La réalisation d’actes médicaux sans autorisation et qualification adéquates est punie par des sanctions pénales. Soit jusqu’à 30 000 euros d’amende et deux ans de prison. Dans le cadre de dommages aux victimes, des peines émanant de la mise en danger de la vie d’autrui peuvent également s’y ajouter.

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