Alzheimer : ralentir la maladie à défaut de la prévenir

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La maladie d’Alzheimer est une pathologie qui touche 450 000 personnes en France. A l’heure actuelle, il n’existe aucun traitement curatif pour soigner la maladie d’Alzheimer. Toutefois, on peut agir pour ralentir la maladie. Un nouveau traitement pourrait aussi agir en prévention, comme l’explique le Dr Catherine Thomas-Anterion, neurologue à Lyon.

Quel est l’arsenal de traitements médicamenteux pour traiter la maladie d’Alzheimer ?

Il existe deux types de traitements médicamenteux, pour l’heure, mais aucun n’est curatif.

D’une part, les traitements spécifiques qui visent à ralentir la maladie. Il existe deux grandes familles : les anticholinestérasiques, les anti-MNDA. Le choix de la molécule va se faire selon les symptômes, l’âge du patient, le stade de la maladie, les autres médicaments. L’intérêt de ces traitements est parfois discuté car ils ne guérissent pas. D’après les études, 30% des patients verraient l’évolution de leur maladie ralentir et leur quotidien s’améliorer. En pratique on ne sait pas vraiment reconnaître les sujets répondeurs et ceux chez qui le médicament est inefficace. En revanche, la relative innocuité de ces traitements, si on respecte les règles de prescription et si on les surveille, est avérée.

D’autre part, il existe des traitements symptomatiques qui peuvent améliorer le sommeil, l’anxiété, l’appétit… quil ne faut jamais négliger.

Le lien social, meilleur rempart contre la maladie d’Alzheimer

Qu’en est-il des traitements non médicamenteux ?

Ils sont nombreux et très variés:

  • Un accompagnement psychologique si nécessaire. Mais surtout un accompagnement pour les aidants. Il peut s’agir d’une psychothérapie en face à face classique ou d’un groupe de parole. Il existe de nombreuses propositions mais beaucoup de familles n’y vont pas car elles sont pudiques, n’ont jamais fait de psychothérapie et n’en voient pas l’utilité et sont submergées par les choses à faire pour le malade.
  • Le maintien ou la mise en route d’activités sociales (jeux, rencontres, échanges etc.) pour mobiliser les réseaux de neurones et les compensations. L’effet est aussi psychologique avec un mieux être pour le patient et la famille. Il sera mieux dans sa peau, et la famille sera elle-aussi plus sereine. A travers les échanges affectifs, on stimule les interactions et les émotions.   
  • La stimulation cognitive est aussi recommandée. Il ne s’agit pas de gymnastique du cerveau, mais plutôt de stimuler les capacités d’attention, la curiosité, la motivation.
  • L’activité physique : il est démontré qu’il existe un effet positif sur l’évolution de la maladie. Pour ceux qui le peuvent, il est conseillé de faire 30 minutes d’exercice physique par jour.
  • La musicothérapie, le tai chi, la danse, la thérapie avec des animaux de compagnie
  • L’orthophonie peut être intéressante pour traiter les troubles du langage quand le patient a encore les moyens intellectuels de travailler en rééducation, et l’envie

Y a t-il de nouvelles perspectives de traitement ?

On recherche des traitements curatifs. Il y a de nombreux essais, mais on commence à se dire qu’on les donne trop tard. Il faudrait probablement empêcher le dépôt de protéines qui entraîne la mort des neurones, et est responsable du développement de la maladie. L’idée est donc de repérer 15à 20 ans plus tôt les sujets à risques, notamment autour de 60-70 ans . Des essais soumis aux règles éthiques strictes sont en cours pour évaluer des traitements qui retarderaient la survenue de la maladie de plusieurs années. Bien sûr, cela est difficile pour les personnes déjà malades et leurs familles qui se sentent démunies et en attente de perspective de traitement maintenant.

Changer de regard sur la maladie d’Alzheimer

A quel moment faut-il « placer » les malades en établissements spécialisés ?

Il n’y a pas de bon moment, cela est très variable. Une étude démontre que seuls 30% des patients sont placés à cause de cette maladie. Mais attention, on ne compte pas ceux qui étaient déjà en institution à cause de leur grand âge. Entrer en institution dépend réellement des symptômes et des difficultés à la maison : le patient est-il seul ? A-t-il des aides et lesquelles ? J’ai l’exemple d’une femme qui est malade depuis 17 ans. Elle vit à domicile avec son conjoint de 95 ans, et tous les jours, son mari l’emmène faire les courses, elle ne s’en souvient pas, mais tout fonctionne harmonieusement. Ils ont un réseau d’aide familial et professionnel très bien accepté. Inversement, j’ai l’exemple d’une femme de 80 ans qui avait un début de maladie, faisait ses courses et ses comptes, et a souhaité partir en institution par peur de s’embrouiller, d’avoir des personnes chez elle. En maison de retraite, elle est heureuse d’avoir des activités. Il y a donc plein de sujets pour qui cela est positif, surtout s’ils sont seuls. Souvent, ils arrêtent alors les traitements anxiolytiques, les cachets pour dormir, car ilq se sentent en sécurité. Il est important de changer le regard sur la maladie. Certaines familles arrivent à maintenir des niveaux satisfaisants d’activités humaines, via des vacances, des fêtes de famille, même si le malade d’Alzheimer ne s’en souvient pas le soir.

Retrouvez tous les neurologues de votre ville ou de votre quartier sur www.conseil-national.medecins.fr

A savoir

A l’occasion de la journée mondiale de la maladie d’Alzheimer, le 21 septembre prochain, l’association France Alzheimer & maladies apparentées, avec le soutien de la Fondation Swiss Life, lance pour la 3e année consécutive une nouvelle campagne d’envergure nationale intitulée « Des mots pour Alzheimer ». 8 personnalités se sont engagées aux côtés de l’association en prêtant leur voix et leur image pour mobiliser l’opinion publique sur les contraintes de la maladie et les besoins des familles.

Lien de visionnage du spot de 30’’: https://youtu.be/Ufkzkg0ZAcs

Lien de visionnage d’une lecture : https://youtu.be/PqXceZgVmI4

La maladie d’Alzheimer touche 450 000 personnes en France. Si l’on comptabilise toutes les maladies apparentées, on considère qu’il y a au moins 800 000 personnes concernées.

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