Le modèle des centres dentaires low cost remis en cause
Les centres dentaires discount sont désormais sous surveillance en France

A Lyon et à Chalon-sur-Saône, les chirurgiens-dentistes libéraux viennent de gagner une bataille face aux discounters en obtenant la fermeture de centres low cost Dentexia. Motif: des pratiques contraires à l’éthique de la profession. L’Agence Régionale de Santé montre notamment du doigt les mesures de stérilisation et de désinfection.

La bataille fait rage entre les chirurgiens-dentistes libéraux et les dirigeants de centre dentaires low-cost. A défaut de gagner la guerre, les premiers ont gagné une bataille avec la fermeture de deux enseigne Dentexia, à Lyon (Rhône) et à Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire) en l’espace d’un mois, à chaque fois pour des problèmes d’hygiène. A Lyon, les responsables de la Fédération des Syndicats Dentaires Libéraux (FSDL) avaient aussi alerté par lettre recommandé les autorités sur les “dérives mercantiles” constatées au sein de ces centres dentaires à bas coûts de l’agglomération. Une démarche soutenue par les présidents de l’Union Régionale des Professionnels de Santé (URPS) Rhône-Alpes et le Conseil de l’Ordre Départemental du Rhône. A l’origine de leur action, une trentaine de plaintes de patients contre ces centres, mécontentement motivé par des “règlements anticipés sans réalisation des soins prévus“.

Dentistes discounters et dérives commerciales

A la suite de cette initiative syndicale, l’Agence Régionale de Santé (ARS) avait diligenté une inspection surprise dans les locaux de Dentexia Tête d’Or, dans le sixième arrondissement de Lyon. Inspection suffisamment éloquente pour inciter les services de l’ARS à ordonner une suspension de toute activité de soins, à effet immédiat. L’agence régionale reproche notamment au centre lyonnais des opérations de stérilisation réalisées dans un local inadapté dépourvu de zone propre, ce local étant “commun au laboratoire de prothèses générant des poussières de meulage“.
Dans un communiqué, l’ARS fait également mention de “désinfection dans des conditions inadaptées ou défectueuses avec notamment pénurie de produits détergents et désinfectant” ou encore de pratiques de lavage et de désinfection du matériel à stériliser trop aléatoires. Des anomalies ont enfin été constatées dans la phase de conditionnement et dans l’élimination des déchets d’activité de soins à risques infectieux. Plus globalement, ce sont tous les processus de stérilisation et de désinfection qui sont montrés du doigt par l’ARS.
A la suite de cette décision, la FSDL s’est réjouit de cette fermeture “mettant fin provisoirement à des dérives commerciales de ce centre mis en liquidation judiciaire fin 2015 et où plusieurs centaines de patients ont été escroqués (prothèses ou implants payés et non effectués)“.

Implants et prothèses à prix cassés

Le docteur Marc Barthélémy, nouveau président de l’URPS chirurgiens-dentistes et vice-président de la FSDL, s’est lui aussi félicité de cette intervention des agents de l’ARS. “Cela fait longtemps que l’on alerte sur les dérives commerciales de tels centres qui, sous couvert d’association loi 1901, cassent les prix, leurs créateurs n’étant pas de vrais professionnels de santé. Ces centres, qui ont le droit de faire de la publicité, sont justes animés par des intérêts financiers. Ils pratiquent des actes hors nomenclature, en particulier la pose de prothèses et d’implants, avec des surtraitements, des crédits, des paiements anticipés, des travaux non effectués…. Toutes ces pratiques contraires à l’éthique nuisent à l’image de notre profession et aux intérêts des patients“.

Mesures d’hygiène et de désinfection insuffisantes

Dans leur communiqué, les instances de la FSDL “conseillent vivement aux éventuels repreneurs de revenir à des pratiques un peu plus déontologiques, faute de quoi, ils s’exposeraient à des poursuites judiciaires de notre part et des sanctions des pouvoirs publics qui viennent enfin de prendre conscience des dangers de telles structures commerciales, dont le seul but est le profit“.
Depuis, un autre centre dentaire low-cost Dentexia implanté à Châlon-sur-Saône a donc été fermé, début mars, par l’ARS Bourgogne-Franche-Comté. Pour motiver cette fermeture, l’Agence Régionale de Santé estime que “la sécurité des actes n’était pas garantie, en particulier par insuffisance des mesures d’hygiène et de désinfection“. D’autres fermetures administratives pourraient suivre, quelques 300 anciens patients s’étant regroupés dans un “Collectif contre Dentexia”, s’estimant victimes de nombreux manquements.

A savoir

De plus en plus répandus, les centres dentaires “low cost” se développent en proposant des tarifs défiant toute concurrence sur les éléments prothétiques, en général entre 40 et 50% inférieurs aux prix pratiqués par la profession sur les implants et les prothèses. En revanche, ces centres discount ne peuvent casser les prix sur les autres traitements (dévitalisation, détartrage, traitement des caries, extraction de dents…), soins conventionnés encadrés de manière stricte.

Chargement des commentaires facebook ...

4 COMMENTS

  1. Il y aurait certainement à remettre à plat les tarifs des prothèses dentaires messieurs les dentistes coefficient entre 7 et 12 fois le prix d achat cela éviterais des cabinets low cost
    A l attention du ministre de la santé
    Comment laisser en vente les cigarettes qui provoquent des cancers dont les soins sont pris en charge à 100%
    Dans le même temps remboursement quasi néant pour les prothèses

  2. madame, monsieur,
    vous avez eu à relater la liquidation d’un centre dentaire dit low cost
    Je vous joins différents éléments mis en ligne par notre syndicat, l’ujcd Union Dentaire sur le sujet. Celui ci n’est que la cristallisation d’un système créé et laissé à la dérive par les pouvoirs publics depuis 30 ans. Nous aurons à coeur de la dénoncer et de trouver la solution indispensable pour les patients ET leurs praticiens lors des négociations conventionnelles qui débuterons en septembre 2016 entre les syndicats dentaires, la sécurité sociale et les assureurs complémentaires. De l’avis de tous, ce sera la dernière chance pour rétablir un système de soins dentaires efficients pour tous, patients, chirurgiens dentistes et sécurité sociale.
    Je vous en souhaite bonne lecture
    je me tiens à votre disposition pour tout éclairage supplémenatire
    cordialement
    Docteur Schmidt Pierre
    secrétaire général adjoint de l’ujcd Union Dentaire
    le texte mis en ligne par le président de l’ujcd après la liquidation de dentexia http://www.ujcd.com/la-faillite-des-low-cost-provoque-une-urgence-sanitaire/ avec lettre à mme la ministre
    l’affiche diffusée à nos adhérents et aux praticiens français centre à bas coût, coup bas pour votre santé http://www.ujcd.com/centre-low-cost-affichez-avis/

  3. j’ai été client de dentexia paris ou je me suis fait posé plusieurs implants. Je n’ai absolument pas à me plaindre des soins qui m’ont été prodigué ni des implants que j’ai reçu. SI les dentistes n’appliquaient pas des tarifs prohibitifs, ce genre de centre n’existerait pas.

  4. Mon mari s’est fait soigner les dents et poser deux implants chez Dentexia ,
    Rien a redire ni à voir avec les prix de chez les dentistes traditionnels . Travail très bien fait . Aucun regret . Aucun problème concernant les modes de paiement et la réalisation des soins .

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here