Le moustique tigre est déjà de retour à Lyon.
Facilement identifiable avec ses rayures noires et blanches, le moustique tigre est de retour dans la région depuis plusieurs semaines. ©Pixabay

Présent dans la quasi totalité de la région Auvergne-Rhône-Alpes, où il sévit désormais tout l’été, le moustique tigre a été signalé dès le mois de mars dans l’agglomération lyonnaise, première zone touchée. Porteur de maladies (dengue, Zika, chikungunya), ce nuisible volant représente une réelle menace pour l’homme. Et la manière la plus efficace de s’en débarrasser reste d’identifier et de détruire ses nids, pour la plupart issus de nos modes de vie.

Chaque année, le moustique tigre fait sa réapparition en Auvergne-Rhône-Alpes. Dans toujours plus de secteurs, et de plus en plus tôt. Propagateur de virus (lire À SAVOIR), l’insecte, de son nom scientifique Aedes albopictus, sévit principalement au coeur de l’été, avec un pic en août et début septembre. Il a pourtant été signalé à Lyon dès la deuxième quinzaine de mars. Puis dans l’agglomération lyonnaise courant avril, selon l’Agence Régionale de Santé Auvergne-Rhône-Alpes, qui déploie chaque année un plan de lutte.

“Le moustique tigre émerge habituellement plutôt fin avril, début mai”, relève Valérie Formisyn, ingénieure d’études sanitaires à l’ARS. “Mais les conditions météorologiques ont été particulièrement favorables à son retour précoce”. La chaleur printanière, en effet, a contribué à un développement plus rapide des larves : une semaine, au lieu des deux ou trois habituelles. Il s’agit très certainement d’un paramètre auquel il faudra s’habituer, réchauffement climatique oblige : “c’est la troisième année consécutive où l’on a des signalements du moustique tigre avant le 1er mai”, confirme Valérie Formisyn.

 

Pourquoi le moustique tigre s’est-il d’abord implanté à Lyon ?

La métropole lyonnaise se situe dans une zone où le moustique tigre a pris ses aises. Comme dans la vallée du Rhône, autour de Grenoble ou Chambéry, la bestiole aime la plaine (voir carte ci-contre). Les secteurs montagneux, plus froids et donc moins propices à la survie des oeufs, sont moins concernés. L’insecte y a été ponctuellement observé, mais sans implantation définitive. Pour l’instant… “En PACA, la région de Briançon, pourtant située en altitude, est de plus en plus touchée”, observe ainsi la spécialiste de l’ARS.

La carte des communes où le moustique tigre a été signalé en 2019 montre bien ses territoires de prédilection. ©Source ARS

Si la progression semble inéluctable dans la région, seuls les départements de l’Allier, du Cantal et de la Haute-Loire sont jusqu’ici épargnés. Mais ce n’est que durant l’été, après un renouvellement successif de générations, que l’on pourra réellement savoir si le moustique tigre a établi de nouveaux quartiers. En 2019, il s’est ainsi installé dans la région d’Annecy, tout autour du lac. Ainsi que du côté d’Annemasse, près du lac Léman, au bord duquel les Suisses ont signalé sa présence à Genève.

 

Gare aux pots de fleurs, arrosoirs, jeux d’enfants…

La proximité des lacs ou des fleuves, pour autant, n’est pourtant pas un facteur. Idem pour les piscines entretenues, où les produits d’entretien jouent un rôle répulsif. Le moustique tigre, en effet, prolifère dans de toutes petites quantité d’eaux stagnantes. La raison de ce développement ”urbain” tient donc sans doute plutôt à la concentration de population.

La femelle pond en effet ses oeufs dans des gîtes qui n’ont rien de naturels. Il s’agit de coupelles de pots de fleurs, d’arrosoirs, de pieds de parasols, de jeux d’enfants, piscines non entretenues… Soit autant d’objets fabriqués par l’homme, dans lesquels la femelle pond des oeufs lorsque l’eau disparaît et où ils se développent lorsque celle-ci y fait son retour.

 

Moustique tigre : comment s’en débarrasser ?

La meilleure méthode pour se défaire de la présence du moustique tigre est de supprimer ces gîtes larvaires potentiels. Il est donc essentiel de faire la chasse aux objets trainant susceptibles de se remplir d’eau, de vider pots de fleurs, arrosoirs et autres réceptacles liquides.

C’est là, finalement, tout l’avantage de cette espèce. Il s’agit de la plus dangereuse, mais aussi de la plus facile à éradiquer. Contrairement à d’autres moustiques ”classiques” qui prolifèrent dans les arbres ou les haies.

Et s’il existe d’autres moyens de se protéger (vêtements longs, moustiquaires… ), aucune autre méthode n’est efficace à 100%. Qu’il s’agisse de la citronnelle, et même des serpentins et des prises anti-moustiques, à base d’insecticide. Le message est donc clair : lancez la chasse aux nids !

 

À SAVOIR

Chaque été, les autorités sanitaires alertent sur la menace représentée par le moustique tigre. L’insecte contribue en effet à propager des virus particulièrement virulents, à l’image du Zika, de la dengue ou du chikungunya. d’où l’importance du signalement de sa présence, pour permettre à l’action publique de gagner en efficacité. C’est la vocation du site www.signalement-moustique.fr, sur lequel chacun peut témoigner de son apparition. Ces signalements permettent aussi d’effectuer une cartographie plus précise de l’implantation du moustique tigre. Celui-ci, signalé à Lyon dès fin mars, s’est peut-être déjà invité dans d’autres secteurs, où il n’a tout simplement pas été signalé…

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