Biocluster immuno-infectiologie région aura
La région Auvergne-Rhône-Alpes en ordre de marche derrière Yannick Neuder pour accueillir le futur biocluster européen ©P.Auclair

Le futur biocluster européen consacré à l’immuno-infectiologie et à la lutte contre l’antibiorésistance pourrait voir le jour à Lyon. Si la Région Auvergne-Rhône-Alpes est le chef de file de cette candidature, ce projet d’envergure est également défendu par les milieux scientifiques, industriels et académiques. Réponse, sans doute, à l’automne.

C’est officiel. La Région Auvergne-Rhône-Alpes est candidate pour accueillir le futur biocluster européen en immuno-infectiologie. Cette annonce a été formulée quelques heures avant la visite à Neuville-sur-Saône (près de Lyon) du Premier Ministre, Jean Castex, sur le futur site industriel du groupe Sanofi.

Toutes les forces vives scientifiques, académiques et industrielles s’étaient données rendez-vous au siège de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, à Lyon, pour soutenir ce projet d’envergure. Lors de son propos introductif, Yannick Neuder, vice-président de la Région en charge de la recherche et de l’innovation, a mis l’accent sur le bien-fondé de cette candidature, tant que le plan historique qu’économique.

 

Un écosystème dédié à la santé

Biocluster aura infectiologie
Yannick Neuder dévoile les grands orientations du futur biocluster lyonnais ©Charles Pietri

Principal argument, l’écosystème régional regroupe déjà quelques cadors de la santé, à l’instar de Biomérieux, Boehringer Ingelheim ou Sanofi. Un secteur qui mobilise 40 000 salariés sur les douze départements d’Auvergne-Rhône-Alpes. « La crise Covid-19 a mis en lumière la vulnérabilité de notre système de santé face à l’arrivée de nouvelles maladies infectieuses et la nécessité de préparer et repenser l’ensemble de la filière santé pour lutter plus efficacement contre des possibles futures crises sanitairesNous réunissons tous les atouts nécessaires pour accueillir ce futur biocluster européen », a expliqué Yannick Neuder, rappelant que la Région avait investi 200 millions d’euros pour favoriser l’innovation en santé sur le précédent mandat.

Cela étant, l’ambition du biocluster est de dépasser l’ancrage régional pour créer à Lyon – sous la forme d’un campus dans le biodistrict de Gerland – un écosystème d’excellence en immuno-infectiologie qui permettra de préparer la lutte contre les maladies infectieuses de demain. « En effet, bien qu’implanté à Lyon, ce biocluster compte d’ores et déjà des acteurs parisiens parmi ses parties prenantes et a vocation à devenir un lieu privilégié de développement de l’innovation en matière de maladies infectieuses à dimension internationale« , insiste Yannick Neuder.

Ce projet de grande envergure est notamment soutenu par Lyonbiopôle, pôle de compétitivité labellisé en 2005 qui fédère près de 280 acteurs publics/privés du secteur de la santé. « Au-delà des enjeux scientifiques et académiques, cette candidature est une démarche importante pour le milieu industriel« , a expliqué Florence Agostino-Etchetto, directrice générale de Lyonbiopôle. Une analyse partagée par son président, Philippe Sans, qui a insisté sur le caractère fondé de cette candidature. « Auvergne-Rhône-Alpes est le berceau du vaccin et du diagnostic. Et Lyonbiopôle sera le catalyseur de ce grand projet. Après plusieurs mois de travail et de co-construction : nous sommes prêts !« .

 

« One Health », les liens étroits entre santé humain et santé animale

Le futur cluster sera notamment centré sur les maladies émergentes et les problématiques d’antibiorésistance (résistance aux antibiotiques). En toile de fond, le concept « One Health » (une seule santé) fondé sur les liens étroits entre santé humaine et santé animale. « On sort à peine de la crise sanitaire Covid et on sait qu’il y aura probablement d’autres pandémies. Mais on ne sait pas où, quand et comment. Il faut donc évaluer et prévenir ces futures épidémies en anticipant au maximum. Et en s’appuyant sur le « One Health », sachant que près des trois quarts des épidémies humaines sont d’origine animale« , a insisté le Professeur Yazdan Yazdanpanah, Directeur de l’Institut d’immunologie, inflammation, infectiologie et microbiologie à l’Inserm et chef de service des maladies infectieuses à l’hôpital Bichat, à Paris.

Pour l’infectiologue lyonnais Bruno Lina, membre du Conseil Scientifique, la pandémie a démontré « l’impact considérable » des maladies infectieuses. « D’où la nécessité de trouver de nouveaux outils d’anticipation et de réponse pour réduire le délai ente l’innovation et la commercialisation des produits ».

Une vision évidemment partagée par Alexandre Mérieux, PDG de bioMérieux et chef de file du secteur industriel régional dans ce projet de biocluster. « Pour relever ce défi, il sera nécessaire de décloisonner les secteurs public-privé et jouer la carte de la pluridisciplinarité« . Une « stratégie de rupture » indispensable pour faire travailler en symbiose le monde académique, scientifique et industriel.

En juin dernier, Emmanuel Macron avait annoncé son intention de créer trois bioclusters d’envergure européenne dans le domaine de la santé, avec une enveloppe globale de 600 millions d’euros. Le premier cluster, dédié à l’oncologie, a déjà été attribué à Paris-Sarclay. Le second pourrait donc être implanté en Auvergne-Rhône-Alpes. Réponse, sans doute, à l’automne prochain…

À SAVOIR

Dans le cadre du Plan Innovation Santé 2030, le président de la République souhaite dynamiser la recherche et l’innovation. Avec quatre milliards d’euros de fonds publics, enveloppe complétée par quatre milliards de fonds privés. Dans ces quatre milliards de fonds publics figurent notamment 400 millions d’euros pour les programmes prioritaires de recherche. Et 600 millions pour créer des « clusters », entité regroupant recherche, soins, acteurs privés et valorisation industrielle des découvertes.

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