L'association lyonnaise Hugo lutte por l'amélioration de la prise en charge du harcèlement scolaire en France. ©Pixabay

En France, un jeune sur dix serait victime de harcèlement scolaire. Un fléau aux conséquences parfois dramatiques, en raison notamment du manque de réaction des différents professionnels. Un vide que le tout premier Centre de Formation du Harcèlement Scolaire, ouvert le 12 septembre à Lyon, entend bien combler.

Le harcèlement scolaire est la cause de dégâts parfois irréversibles. Ses victimes silencieuses sont innombrables (jusqu’à 750 000 élèves concernés) et peuvent voir leur vie entière saccagée. Par faute, notamment, du mur rencontré au moment de dénoncer les faits auprès d’enseignants et de personnels socio-éducatifs démunis, voire dans le déni.

Lutter contre cette absence de réponse est la vocation première du nouveau Centre de Formation du Harcèlement Scolaire (CFHS) qui a ouvert ses portes le jeudi 12 septembre à Lyon. Première française, ce centre dédié aux professionnels donnera aux adultes en contact avec les victimes de harcèlement scolaire et de cyber harcèlement scolaire les armes pour intervenir vite et efficacement. Tant auprès des victimes, d’ailleurs, que des auteurs de ces violences verbales, physiques et psychologiques.

La création d’un tel centre à Lyon n’a rien d’anodin. la région Auvergne-Rhône-Alpes est en effet la première à s’être officiellement engagée dans la lutte contre le Harcèlement Scolaire. Des assises ont été organisées en mars dernier à Lyon Confluence, au siège de la Région, qui a aussi lancé les bases d’un Centre de ressources et d’études systémiques sur les intimidations scolaires.

Harcèlement scolaire : un centre destiné à la formation des professionnels

Autofinancé, le Centre de Formation du Harcèlement Scolaire est, lui, déjà opérationnel. Il propose des cycles de formation sur trois jours. D’abord aux professionnels de santé (médecins généralistes, psychologues, ophtalmologues…), puis aux professionnels du droit (juristes, avocats…), socio-éducatifs et périscolaires. Quid, dans ce contexte, du personnel scolaire? “Nous n’avons pas pour l’instant la possibilité d’intervenir auprès du corps enseignant”, regrette Hugo Martinez, le président de l’association Hugo à l’origine de la création du Centre. Profs et surveillants devront en effet attendre le feu vert de l’Education Nationale pour suivre les formations.

“Nous partons de très loin”, reprend Hugo Martinez, jeune lyonnais victime douze ans durant de violentes brimades. “Mais nous avons la chance de pouvoir montrer que la France, après des années de retard, peut être pionnière. On va commencer par Lyon. Puis s’étendre au reste du pays: nous avons déjà des demandes de formations venant de partout en France”.

Le coût de la formation (200€) peut-être remboursé en fonction des prestations offertes par les organismes auxquels adhèrent les personnes intéressées. Une première session devrait être organisée dès le mois d’octobre 2019.

Sensibiliser, former, agir et accompagner les victimes

L’association Hugo, créée dans un véritable désert, a pour vocation première la structuration de la prise en charge du harcèlement scolaire. Ses actions ont notamment favorisé l’inscription de sa définition dans la législation française, le 26 juillet 2019. “Jusqu’ici, s’il y avait réellement une volonté d’agir, c’était une volonté limitée. beaucoup de paroles, mais peu d’actions, en somme”, dénonce Hugo Martinez. “Le harcèlement scolaire est pourtant l’affaire de tous. Chacun peut agir à sa hauteur, ne serait-ce qu’en apprenant à ses enfants à veiller à ce que personne ne soit seul et isolé, dans sa classe ou la cour de récré”.

Les actions de l’association Hugo se répartissent autour de quatre pôles : la sensibilisation du public, les actions en faveur d’une lutte efficace, la formation des professionnels et l’accompagnement des victimes et de leurs familles. “J’ai souffert longtemps et, au-delà du besoin de faire ma propre thérapie à travers cet engagement, savoir que d’autres souffrent m’insupporte. Je veux les aider et contribuer à ce qu’ils ne vivent pas ce que j’ai vécu”.

 

À SAVOIR

Hugo Martinez, qui s’est entouré de prestigieux parrains (Guillaume Canet, Elie Semoun, Kev Adams, Pascal Olmeta, Djamel Debbouze, Jean-Paul Belmondo…), peut aussi compter sur la collaboration de la psychologue Catherine Verdier, l’une des grandes spécialistes de la question en Europe. Parmi les autres projets de l’Association Hugo, l’organisation d’un Grand Concert du Harcèlement Scolaire en 2020, susceptible de donner une dimension médiatique inédite à la lutte contre le harcèlement scolaire. FINANCÉE PAR UNE CAMPAGNE ULULE, cette soirée devrait avoir lieu à la Bourse du Travail de Lyon.

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