Reconstruction mammaire: l’autogreffe, une technique moins traumatisante

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Bonne nouvelle pour les candidates à la reconstruction mammaire. La Haute Autorité de Santé vient de valider la pratique de l’autogreffe de tissus adipeux dans le sein. Une technique développée dans le service de chirurgie plastique et esthétique de l’hôpital de la Croix-Rousse, à Lyon.

Bonne nouvelle pour les candidates à la reconstruction mammaire. La Haute Autorité de Santé vient de valider la pratique de l’autogreffe de tissus adipeux dans le sein. Une technique développée dans le service de chirurgie plastique et esthétique de l’hôpital de la Croix-Rousse, à Lyon.

La reconstruction mammaire par autogreffe, qui vient d’obtenir l’aval de la Haute Autorité de Santé (HAS), n’est pas révolutionnaire. A l’aube du XX° siècle, les médecins de l’époque réfléchissaient déjà à déplacer de la graisse d’un endroit à l’autre du corps. Tombé en désuétude pendant près d’un siècle, la technique a été remise au goût du jour quand on a découvert la présence de cellules souches dans la graisse. Le protocole est simple : on prélève de la graisse dans les zones les plus graisseuses de la patiente comme la région abdominale, la région des cuisses ou la face interne des genoux. Ensuite la graisse est purifiée par lavage, décantation, filtrage ou centrifugation. Enfin, la graisse est réinjectée grâce à des canules (petits tubes utilisés en chirurgie) très fines à usage unique qui déposent la graisse à de multiples endroits dans le sein.

Lyon en pointe de la reconstruction mammaire

Usuelle pour d’autres reconstructions (notamment faciale), cette technique était peu exploitée pour la reconstruction mammaire. “Les spécialistes pensaient en effet que la graisse injectée pouvait perturber les mammographies post opératoires, empêchant un possible diagnostic du cancer du sein“, explique le Professeur Ali Mojallal, chef de service adjoint du service de chirurgie plastique et esthétique aux Hospices Civils de Lyon (HCL). Une unité de pointe, Lyon ayant développé depuis plusieurs années une expertise reconnue sur le sujet, en France et même à l’international.
Les progrès de la médecine et les travaux des praticiens et des chercheurs lyonnais ont ainsi permis de développer cette technique dans un cadre strict, pratiquée en bloc opératoire par un spécialiste en chirurgie plastique. Peu traumatique, le prélèvement et l’injection des tissus adipeux a été évalué par la Haute Autorité de Santé. Cette dernière a estimé la solution “efficace, simple et entrainant peu de risques de complications ». Ce jugement va permettre la reconnaissance de cette technique par la Caisse d’Assurance Maladie, et donc sa prise en charge, dans les prochains mois.

Une intervention rapide en ambulatoire

Réalisée en ambulatoire, l’autogreffe de tissus adipeux dans le sein nécessite une intervention d’à peine une heure et demie. Cette technique, qui ne laisse aucune cicatrice, est vouée à se développer dans certains cas:

  • Lorsque la technique intervient après une tumorectomie, c’est à dire après avoir retiré la tumeur et une petite quantité des tissus du sein. Dans ce cas, il faut respecter le risque de récidive : l’opération doit se faire au minimum trois ans après l’ablation de la tumeur.
  • Après une mastectomie ou l’ablation complète du sein, la reconstruction du sein grâce aux tissus adipeux est généralement associée à une autre technique de reconstruction par prothèse ou par lambeau. L’équipe Lyonnaise a décrit une reconstruction du sein en plusieurs étapes en utilisant uniquement la greffe graisseuse sans avoir recours à d’autres techniques.
  • Enfin, la technique peut aussi convenir aux patientes désireuses d’améliorer l’esthétique de leurs seins. “Une intervention facturée entre 2 000 et 3 500 euros la séance”, confie le professeur Ali Mojallal, qui précise que dans ce cas précis, l’Assurance Maladie ne prend évidemment pas en charge l’injection.
De nouvelles techniques pour ma reconstruction mammaire
Le professeur Mojallal, l’un des spécialistes français de la reconstruction mammaire ©Martin Fort

A savoir

L’autogreffe ne présente aucun risque de rejet car le receveur est le donneur. Comme pour toute intervention en milieu hospitalier, le seul risque est celui d’une infection si les normes d’hygiène ne sont pas respectées.

 

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