image d'une page de journal avec le mot cancer passé à la loupe

Si le lymphome est le 6ème cancer le plus fréquent en France, il reste bien souvent mal connu. Qu’est ce qu’un lymphome? Comment le détecte-t-on? Comment se soigne-t-il? Décryptage avec Florence Broussais-Guillaumot, directrice médicale du LYSARC (structure opérationnelle de recherche clinique sur le lymphome) et hématologue au CHU de Lyon Sud.

Réputée pour son expertise en matière de pathologies cancéreuses, Lyon abrite notamment un institut entièrement dévoué à la recherche sur les lymphomes. Le LYSARC, situé au coeur du CHU Lyon-Sud, est la plus grande structure académique européenne aux opérations de recherche sur cette pathologie. À l’occasion de la journée mondiale du lymphome, sa directrice médicale, l’hématologue Florence Broussais-Guillaumot, lève le voile sur ce cancer qui touche 18 000 Français chaque année.

 

Qu’est ce qu’un lymphome ?

Le lymphome est un cancer issu du système lymphatique. Il se manifeste souvent pas une augmentation du volume des ganglions. Le système lymphatique est un organe systémique, c’est à dire qu’il est présent sur l’ensemble du corps à l’instar du système nerveux ou sanguin. Il est constitué entre autre des lymphocytes (autrement dit les globules blancs) qui sont les protecteurs du corps. Leur rôle est de défendre le corps contre les agressions extérieures comme les virus ou les agents environnementaux (pollens). Mais aussi contre les cellules autoréactives (sorte de cellules “mutantes”) de notre corps. Autrement dit celles qui sont amenées à dégénérer et à attaquer le corps lui même. Ce sont ces cellules dont le code génétique est altéré qui provoquent des cancers.

Par ailleurs, le lymphome peut aussi se manifester par l’atteinte d’un organe en particulier, sans que les ganglions ne soient touchés. On parle alors de lymphome du sein, du cerveau, du pancréas ou de n’importe quel autre organe.

 

Quels sont les différents types de lymphomes ?

Il existe une cinquantaine de lymphomes différents. Ce chiffre élevé est dû à 2 facteurs :

  • Tout d’abord, il existe deux grandes familles de lymphocytes : les lymphocytes B (formés dans les os) et les lymphocytes T (qui maturent au niveau du Thymus).
  • Ensuite, il existe différents stades de maturations des lymphocytes : comme n’importe quelle cellules, ils grandissent pour atteindre différents “âges”.

On appelle maturation l’acquisition de ses fonctions par un lymphocyte. Or, chaque étape de maturation du lymphocyte peut être bloqué et aboutir à un lymphome différent. Cela explique pourquoi on parle “des” lymphomes.

 

Lymphomes : le cancer du sang le plus répandu

Cela touche-t-il une fraction de la population en particulier ?

On diagnostique 18 000 nouveaux cas de lymphomes en France chaque année et 110 000 en Europe. Il s’agit aussi du cancer du sang le plus courant.

Cette maladie est caractérisée le plus souvent par un épuisement du système lymphatique. Par conséquent, cette maladie implique le plus souvent les personnes âgées (plus de 65 ans) qui ont été longtemps exposées à un environnement entraînant la sollicitation de ce système immunitaire. Ce type de cancer touche également un peu plus les hommes que les femmes et assez peu les enfants.

 

Quels sont les symptômes qui doivent faire consulter ?

Les symptômes peuvent aller d’une petite plaque de moins de 1 centimètre sur la peau (pour laquelle une intervention n’est pas nécessaire) à une infection gravissime dans laquelle on va faire de la fièvre, où on perd beaucoup de poids on dont on peut mourrir en quelques semaines…

On différencie deux grands types de lymphomes :

  • Le lymphome indolent : il proliférera très doucement dans le temps et les gens resteront en vie pendant assez longtemps sans forcément se rendre compte qu’ils sont malades.
  • Le lymphome agressif : les lymphomes se multiplient très vite. Il est fatal très rapidement s’il n’est pas traité.

Des traitements efficaces contre les lymphomes

Comment se guérit cette pathologie ? 

Le lymphome agressif – qui est le plus préoccupant – se guérit assez vite (6 mois environ) avec un traitement adapté. Le traitement le plus courant se fait par immuno-chimiothérapie.

60% des personnes seront guéries par cette immuno-chimiothérapie seule. La chirurgie ne sert qu’à faire le diagnostic lors d’une biopsie tumorale. Il existe quelques indications de radiothérapie mais très restreintes. Si cette solution ne fonctionne pas, on envisage d’autres traitements comme l’immunothérapie. Cette technique a évolué depuis les années 2000 et on compte aujourd’hui 2 types d’immunothérapie :

  • Immunothrapie avec l’anticorps monoclonaux directement dirigé sur une cible exprimée par le lymphocyte responsable du lymphome (anti CD20 par exemple).
  • Immunothrapie à base de CAR-T cells qui consiste à utiliser les lymphocytes sains du patient et à les multiplier avant de les réinjecter dans le patient. Il sera ainsi mieux armé pour se défendre contre le lymphome.

 

À SAVOIR

Fondé à Lyon, le LYSARC regroupe l’ensemble des métiers permettant la mise en place des études cliniques sur le lymphome. Il se différencie du LYSA, qui est un réseau indépendant de recherche clinique sur le lymphome. Cet organisme mène des études cliniques, de la première administration de nouveaux traitements à l’Homme jusqu’à l’établissement de stratégies thérapeutiques de référence. Il diffère aussi de l’institut Carnot CALYM, un consortium d’entités de recherche engagées dans l’accélération de l’innovation et de son transfert dans le domaine du lymphome.

Afin de mieux comprendre cette arborescence complexe, le LYSARC, le LYSA et l’Institut Carnot CALYM lancent un nouveau site web visant à mieux informer sur le lymphome.

 

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