Chez l'enfant les saignements de nez peuvent être fréquents. ©2007 John Sartin

Il vous arrive régulièrement de saigner du nez sans raison apparente ? Si ce petit désagrément est généralement bénin, il peut aussi cacher des pathologies plus graves. Décryptage de ce mal rependu mais finalement peu connu avec Amélie Lefèvre-Henry, médecin généraliste.

Saigner du nez est un désagrément gênant mais assez courant, particulièrement chez les jeunes enfants et les personnes âgées. Les causes peuvent être multiples et dépendent souvent de l’environnement. Si cette pathologie est généralement bénigne, elle peut aussi être le symptôme d’un mal plus grave. Le point avec le Dr Amélie Lefèvre-Henry, médecin généraliste au centre de santé de l’université Claude Bernard à Lyon 1.

 

Qu’est ce qu’un saignement de nez (ou épistaxis) ?

Comme son nom l’indique, le saignement de nez est un écoulement de sang provenant de notre organe nasal. Cette pathologie est aussi appelée épistaxis.

 

Pourquoi saigne-t-on du nez ?

On distingue deux types de saignements de nez :

Les saignements antérieurs

Dans 60% des cas, le saignement de nez est causé par une source mécanique (qu’on appelle « essentielle »). Ce type de saignement « antérieur » est dû à la rupture des petits vaisseaux sanguins appelés « capillaires », à l’intérieur du nez. Plusieurs facteurs comme le soleil, un effort physique important, un air sec ou encore une stimulation excessive du nez (grattages) peuvent être à l’origine de cette rupture. Chez les personnes âgées, saigner du nez est souvent dû à une tension élevée, entraînant la rupture des capillaires. Chez les jeunes enfants, une fragilité accrue de ces vaisseaux ou un grattage intempestif peuvent en être la cause.

Les saignements postérieurs

Ce type d’épistaxis, beaucoup moins bénin, combine généralement des saignements postérieurs et antérieurs. Les saignements proviennent à la fois du nez mais aussi de la gorge. Ce genre de cas est généralement accompagné d’une dégradation générale de la santé du patient : fatigue, pâleur, hypotension, etc. et demande des soins adaptés, allant jusqu’à l’hospitalisation.

 

Quand consulter ?

Si vous êtes dans le cas d’un saignement bénin, il est bon de consulter si les crises surviennent plus de trois fois par an. Même si la masse de sang perdue peut parfois paraître impressionnante, elle ne doit pas forcément alerter. Il est difficile de mesurer la quantité perdue, mais il semblerait qu’un volume correspondant à un verre (soit environ 33cl), ne soit pas inquiétant.

Néanmoins, il peut être bon de consulter si cette perte s’accompagne d’une fatigue excessive ou d’autres symptômes. Dans ce cas, votre médecin devrait vous prescrire un bilan sanguin afin de vérifier que cet événement ne soit pas le symptôme d’un mal plus grave comme un saignement postérieur sous-jacent par exemple.

Si vous êtes dans le cas d’un saignement postérieur, il est important et même urgent de consulter afin d’effectuer un bilan et de recevoir un traitement adéquat. Le bilan se compose généralement d’un hémogramme (une analyse de sang poussée) dans lequel les médecins vérifient les plaquettes, le fer, ou encore le volume de globules rouges. La quantité de sang perdu doit être un signal d’alerte au dessus d’un demi-litre : les cas les plus graves peuvent aller jusqu’à la perte de 1,5 litre de sang.

 

Que faire quand mon nez saigne ?

L’idéal est de s’asseoir, la vue du sang peut être éprouvante pour certaines personnes, d’autant plus si l’écoulement est très abondant. Il faut éviter de mettre sa tête en arrière : l’ingestion de sang n’est pas très bonne pour l’estomac (pouvant aller jusqu’à des nausées).

De plus, en procédant ainsi vous risquez d’avoir du mal à évaluer la quantité de sang perdu. Mettez votre tête en avant tout en pinçant vos narines à l’aide du pouce et de l’index, cela pendant au moins 10 minutes. Cette durée laissera à votre sang le temps de coaguler et de stopper mécaniquement l’hémorragie. Gardez des mouchoirs à proximité pour éviter de tacher vos vêtements.

 

Quels traitements ?

Généralement, saigner du nez est bénin et l’épistaxis s’arrête d’elle-même. Mais si elle persiste et devient gênante, il peut être intéressant d’améliorer sa coagulation par un traitement médical. Une cautérisation des vaisseaux responsables des saignements peut également être envisagée.

 

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À SAVOIR

Le rôle de la coagulation est essentiel car ce processus permet d’arrêter les hémorragies. Néanmoins, faites attention aux traitements qui l’améliorent : ils peuvent avoir pour conséquence la création de caillots.

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