L'apparition des premières règles se fait à l'adolescence, entre 12 et 14 ans en moyenne. ©Pixabay

Entre idées reçues et pudeur malvenue, la question des règles reste souvent teintée de mystères pour les jeunes femmes. Ma Santé lève le voile sur l’un des grands tabous de notre société avec le concours de Morgan Stockman, sage-femme à Lyon.

Premier préjugé, les règles n’ont rien de « sales » ! Tout comme les saignements du nez, le sang qui s’écoule du vagin est tout à fait naturel et surtout, cela n’a rien d’anormal. Toutes les femmes sont en effet concernées par les menstruations, plus ou moins tôt au cours de l’adolescence. Les explications de Morgan Stockman, sage-femme à Lyon.

 

Pourquoi saigne t-on ?

Lorsque le corps d’une jeune fille est physiologiquement suffisamment évolué pour procréer, il se met alors à produire des ovules (cellules de reproduction féminine). Cette fabrication est organisée sous forme de cycles menstruels qui durent en moyenne 28 jours. L’intérieur de l’utérus est revêtu d’une couverture de cellules et de petits vaisseaux sanguins que l’on appelle l’endomètre.

Au cours de chaque cycle, une ovule est alors émise par les ovaires pour permettre une fécondation. Lors de la première partie du cycle menstruel, l’endomètre augmente en épaisseur pour éventuellement accueillir une ovule fécondée. Lors de la seconde partie du cycle, si l’ovule est fécondée, l’endomètre développe alors une grossesse. À l’inverse, lorsqu’elle n’est pas fécondée, l’ovule est éliminée du vagin sous forme de sang et de cellules endométriales. C’est ce que l’on appelle communément les règles ou les menstruations.

À quel âge peut-on avoir ses premières règles ?

Le corps de chaque femme évoluant différemment, l’âge des premières règles varie également. Pas de panique donc, si elles n’arrivent pas en même temps que celles des autres jeunes filles. Les premiers cycles menstruels débutent généralement à l’adolescence (vers 12 et 13 ans en moyenne) et accompagnent les nombreux changements de la puberté.

 

Fréquences, durées : pas vraiment… de règles !

Un cycle menstruel dure généralement entre 20 et 35 jours, c’est à dire qu’il s’écoule environ un mois entre le premier jour des règles et l’arrivée des prochaines. La durée du cycle varie cependant d’une femme à une autre et dépend de plusieurs facteurs (contraception, maternité, problèmes de santé…). Les saignements des menstruations s’étendent quant à eux sur deux à huit jours.

La quantité des saignements peut physiologiquement beaucoup varier d’une femme à une autre. Les émotions peuvent également faire fluctuer les cycles hormonaux. Le système limbique (centre de contrôle de nos émotions) est une zone du cerveau qui régule nos hormones et donc le cycle hormonal féminin.

Quelle(s) protection(s) menstruelle(s) choisir ?

Encore une fois, il n’y pas de règles : chaque femme possède des préférences et des critères différents en ce qui concerne son hygiène intime. Cela tombe bien, il existe plusieurs protections menstruelles différentes.

Les serviettes hygiéniques

Ce sont les plus classiques. De plusieurs tailles et épaisseurs, ces couches protectrices s’adaptent généralement aux différentes morphologies. Il existe également aujourd’hui, des serviettes hygiéniques lavables et réutilisables.
L’avantage : elles sont faciles à mettre et à changer.
L’inconvénient : elles peuvent être inconfortables pour certaines femmes, voire provoquer des irritations cutanées.

Les tampons

Méthode plus récente que les serviettes hygiéniques, ces petits bâtonnets de coton s’insèrent directement dans le vagin pour absorber le sang. Ils disposent d’un applicateur permettant de les insérer et d’un petit fil pour les retirer.
L’avantage : il est presque invisible comparé aux serviettes hygiéniques.
L’inconvénient : bien que rare, le risque de choc toxique existe. L’important est de changer régulièrement de tampon au cours de la journée pour limiter ce risque de choc toxique.

Le syndrome du choc toxique correspond à une maladie infectieuse causée par la présence d’une toxine bactérienne qui se développe dans le sang. La stagnation de sang externe dans le corps dans le cadre du port d’un tampon ou d’une coupe menstruelle (voir ci-dessous) par exemple, donne lieu à un environnement pouvant potentiellement permettre le développement de cette toxine et ainsi créer un choc toxique chez la personne.

 

La coupe menstruelle

Il s’agit d’un petit récipient en silicone à insérer directement dans le vagin pour recueillir le flux menstruel. La coupe se compose d’un système de ventouse lui permettant de rester en place. Lorsque celle-ci est pleine, il faut alors la retirer pour la vider avant de la remettre en place.
L’avantage : elle est écologique et économique car réutilisable.
L’inconvénient : la manipulation pour l’insérer et la retirer est assez laborieuse. Enfin, le port d’une coupe menstruelle peut potentiellement favoriser l’apparition d’un choc toxique. Comme pour le tampon, il est conseiller de la vider régulièrement.

 

Les culottes menstruelles

Plutôt que de porter des serviettes hygiéniques sur les sous-vêtements, ces culottes se composent de plusieurs couches absorbantes permettant de recueillir directement le sang des règles. Lorsqu’elles sont pleines, il faut les laver et en changer.
L’avantage : très simples à porter, il faut juste les enfiler.
L’inconvénient : quand elles sont pleines, il faut carrément changer de culotte.

 

Les éponges de règles

Les éponges de mer s’insèrent à l’intérieur du vagin pour étancher le sang qui s’écoule. Lorsque sa capacité maximale est atteinte, elle doit être retirée puis rincée avant d’être remise en place.
L’avantage : elles sont naturelles et biodégradables.
L’inconvénient : le fait de devoir les enlever avec les doigts peut rebuter celles qui ont du mal à être en contact direct avec le sang.

 

Le « flux instinctif libre »

Cette technique se base sur la connaissance de son corps. Elle consiste à déterminer quand le sang va s’écouler de son vagin comme pour l’urine. Lorsque la femme le ressent, elle se rend donc aux toilettes pour l’évacuer.
L’avantage : plus de protections hygiéniques !
L’inconvénient : il semble très complexe de connaître avec précision le moment où va s’écouler les règles et cela le semble d’autant plus si elles sont abondantes.

 

À SAVOIR

L’apparition des premières règles signifie qu’un rapport sexuel non protégé peut potentiellement donner lieu à une grossesse. Dans le cas de RELATIONS INTIMES, il est donc important de consulter un médecin, une sage femme ou LE PLANNING FAMILIAL pour aviser à un moyen de contraception adapté s’il n’y a pas de désir d’enfant.

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