Une femme mineure ou majeure ne souhaitant pas poursuivre une grossesse pour des raisons non médicales peut avoir recours à l'IVG.
Avoir recours à une IVG peut arriver à n'importe quel âge et ce, malgré la vigilance et l'utilisation d'un moyen contraceptif.©shutterstock_Olena

L’IVG ou Interruption Volontaire de Grossesse est un droit accordé aux femmes d’avorter pour des raisons non médicales si elles le désirent. Ce sujet passionne les débats aux États-Unis depuis que la Cour Suprême a décidé le 24 juin que chaque État américain déciderait s’il autoriserait ou non l’avortement sur son territoire. Qu’en est-il en France ? Que prévoit la loi du 2 mars 2022 pour le droit à l’avortement ? Le point avec Morgan Stockman, sage-femme à Lyon.

L’IVG touche tous les âges et tous les milieux sociaux, et particulièrement les femmes âgées de 20 à 24 ans. Deux tiers des femmes ayant recours à cette intervention utilisent un moyen de contraception. Quelles sont les différentes méthodes d’IVG ? Comment se déroule cette intervention? Le point avec Morgan Stockman, sage-femme à Lyon. 

Qu’est-ce qu’une IVG ?

Il s’agit d’une interruption volontaire de grossesse déclenchée pour des raisons personnelles et non médicales. 

L’IVG est un acte confidentiel pour les femmes mineures.

À partir de quel âge peut-on avorter ?

À n’importe quel âge. Les femmes mineures non émancipées peuvent demander le consentement de leurs parents mais ce n’est pas obligatoire. Elles peuvent également se faire accompagner par un représentant légal majeur. Le geste est anonyme pour les femmes mineures. La confidentialité va jusqu’au remboursement de la Sécurité sociale. L’acte n’apparaît pas sur le décompte. 

Quelles sont les différentes méthodes d’IVG?

Il existe deux méthodes. 

L’IVG médicamenteuse est réalisable jusqu’à sept semaines de grossesse (neuf semaines après le début des dernières règles). Elle peut être pratiquée en ville par un médecin ou une sage-femme. Ces derniers doivent avoir signé un contrat de collaboration avec une structure médicale en cas d’hospitalisation de la patiente. 72% des interventions volontaires de grossesse pratiquées sont médicamenteuses. 

L’IVG instrumentale est réalisable jusqu’à quatorze semaines de grossesse (soit seize semaines après le début des dernières règles). Elle peut-être pratiquée dans un hôpital ou une clinique. La loi du 2 mars 2022 prévoit d’ailleurs la création d’un répertoire qui recense ces établissements de santé (souvent les maternités publiques). 

Comment se déroule une interruption volontaire de grossesse ?

L’IVG médicamenteuse consiste à prendre un premier médicament (anti-progestérone) pour arrêter la grossesse. Puis 36h à 48h après un autre médicament (prostaglandine) pour provoquer des contractions. Les médicaments peuvent être prescrits par un médecin ou une sage-femme (possible en téléconsultation) et délivrés par une pharmacie. 

L’IVG instrumentale consiste à aspirer l’oeuf. Cette intervention d’une dizaine de minutes peut se faire sous anesthésie locale ou générale en fonction de la préférence de la patiente. 

La loi du 2 mars 2022 prévoit deux semaines supplémentaires pour avorter.

La loi du 2 mars 2022 est-elle une avancée pour le droit à l’avortement ?

C’est une avancée pour les femmes. Cette loi supprime le délai de réflexion (sauf pour les mineures non émancipées) et augmente de deux semaines le délai de recours à l’IVG. En outre, elle permet d’effectuer la première consultation en téléconsultation ce qui offre un gain de temps pour obtenir l’ordonnance de l’échographie à pratiquer.

La loi du 20 mars 2017 prévoit deux ans d’emprisonnement et 30 000€ d’amende pour délit d’entrave à l’intervention volontaire de grossesse. Une personne qui chercherait à décourager une femme à avorter est depuis sanctionnée par la loi.

En 2013, l’IVG est devenue gratuite pour toutes les femmes.

En France, il y a un éveil des consciences. Nous allons dans le sens de la protection du droit des femmes à l’avortement.


Pourquoi la loi prévoit un allongement du délai de recours à l’interruption volontaire de grossesse ?

En France, deux mille femmes partent chaque année à l’étranger parce qu’elles n’ont pas respecté le délai légal. En cause, la désertification médicale (elles sont éloignées du système de soin), elles ne savent pas qu’elles peuvent faire une intervention volontaire de grossesse chez un médecin ou une sage-femme et/ou elles ont une situation personnelle complexe (mineure qui n’ose pas en parler, réfugiée, etc.). Il faut savoir que seul moins de 40% des femmes ont le choix du type d’IVG qui sera pratiqué. Pour les autres, il sera imposé par le délai. 

À SAVOIR
220 000 IVG ont été pratiquées en 2020 sur 800 000 grossesses, soit une baisse de 4% par rapport à 2019 selon la drees

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