Le travail peut être perçu comme une véritable thérapie pour certains patients. ©Unsplash

La reprise du travail après un cancer est souvent taboue. Changements, adaptations, reprise de confiance en soi… le cap est pourtant difficile à passer et mérite l’attention. Le point avec Claire Prasloix, psychologue spécialisée en oncologie au Centre Jean Perrin, à Clermont-Ferrand.

Durant la maladie, l’activité professionnelle est mise sur pause. L’après-cancer est souvent synonyme de reprise du travail. Comment se passe cette étape, quelles sont les difficultés à surmonter et comment y faire face ? Explications avec la psychologue Claire Prasloix, de l’équipe de psycho-oncologie du Centre Régional de Lutte Contre le Cancer Jean Perrin, à Clermont-Ferrand. 

 

L’après-cancer : comment le définir ?

« Chaque personne a sa manière de vivre la maladie. Il est donc difficile de généraliser, tant les définitions de l’après-cancer diffèrent. Pour certains patients cette phase se caractérise par la fin de l’administration des traitements lourds. Pour d’autres, la poursuite de traitements hormonaux et les examens de surveillance régulier, durant plusieurs années réactivent l’angoisse de la récidive et rendent plus flou encore cette notion d’après-cancer. »  

 

Reprise après un cancer : à chacun son rythme 

Le travail est-il une thérapie ?

« Le travail permet de se réinscrire dans le mouvement de la vie active. Le cancer entraîne souvent une estime de soi altérée : le patient peut ne plus se sentir utile voire même se penser comme une charge pour son entourage. Ainsi, le fait de reprendre une vie professionnelle permet de changer la donne, de se responsabiliser de nouveau. Cela permet de retrouver de l’indépendance et une place tant au sein de la famille que dans ses relations sociales. »  

 

Quand la reprise d’une vie professionnelle est-elle envisageable ? 

« Cela dépend de chacun. Deux dimensions sont à prendre en compte : physique et psychologique. Tout d’abord, la fatigue et les douleurs doivent être suffisamment atténuées pour permettre de reprendre le travail. Ensuite, psychologiquement, chaque personne a des ressentis différents. Certains patients d’un plus jeune âge dont le cancer est stabilisé, peuvent avoir hâte de reprendre. D’autres, ont besoin de plus de temps ou encore de renouveau et de changement dans leur vies professionnelles. »  

 

Une étape difficile à ne pas négliger

Quelles sont les principales difficultés auxquelles on se heurte lors de la reprise ?

 « L’illusion qu’ont souvent les patients est que tout va reprendre exactement comme cela était avant le cancer. Or, ce n’est pas le cas, au début de la reprise en tous cas. Ils peuvent légitimement avoir des difficultés de concentration ou nécessiter plus de temps pour accomplir une tâche. C’est pour cela qu’il est important de reprendre de façon modérée (un temps partiel par exemple) et définir ce que l’on peut faire de façon raisonnable. Ce processus peut-être difficile. »  

 

Quelles attitudes adopter pour une reprise réussie ? 

« S’écouter soi-même. Il s’agit d’une expérience bouleversante sur le plan physique mais aussi psychologique. Il faut donc penser à la reprise de façon prudente et progressive. Prendre le temps de se reconstruire et de se redéfinir par rapport aux autres et à soi-même. Cela demande également une réadaptation de ses besoins et de ce que l’on est capable de faire. » 

 

 

À savoir :

Il existe des espaces d’écoute et d’accompagnement des anciens-malades qui peuvent en avoir besoin. Pour être mis en relation avec des experts psychologues spécialisés dans les thématiques du cancer, prenez contact avec DES ÉTABLISSEMENTS ET CENTRES HOSPITALIERS ou auprès des associations de lutte contre le cancer.  

 

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