Vous avez des difficultés à arrêter de fumer ? L’hypnothérapie peut s’avérer être une méthode efficace contre les addictions. Le point sur cette technique et ses bienfaits avec Jacques Marcout, hypnothérapeute à Lyon.

Hypnothérapeute, conférencier et auteur d’ouvrages sur le sujet, Jacques Marcout a contribué au développement de la discipline en France. Pourquoi faire appel à cette technique ? Quel est le mécanisme de l’hypnose ? Explications.

 

Comment et quand avez-vous pris conscience de vos qualités d’hypnothérapeute ?

Par hasard. Il y a quinze ans, j’ai fait un burn-out avec de gros problèmes gastriques. Mon gastro-entérologue était aussi hypnothérapeute. En une séance, il m’a fait disparaître tous mes maux. Pour m’initier à mon tour à cette technique, en faire bénéficier à mes clients souvent stressés, mon médecin m’a donc conseillé de suivre une école à Paris, de lire les ouvrages d’Olivier Lockaert (1). À l’époque, l’hypnothérapie était plutôt mal vue. Les temps ont changé…

 

Faut-il avoir un don, des facultés particulières pour devenir hypnothérapeute ?

Non, pas de facultés particulières si ce n’est qu’il faut avoir souffert pour comprendre la souffrance des autres et être dans une forme de bienveillance, à l’écoute de l’autre. Ensuite, il faut surtout s’astreindre à un cursus de formation extrêmement complexe pour maîtriser parfaitement cette technique ericksonienne qui permet de lâcher prise.

 

Comment procédez-vous ?

Lors d’une séance d’hypnothérapie, la personne n’est pas endormie. On se contente de déconnecter le conscient pour travailler sur l’inconscient, ce « disque dur » qui fait fonctionner 87% du corps. On arrive ainsi, avec des mots appropriés et une approche positive, à faire disparaître le stress, les phobies, les douleurs…

 

Comment se passe une séance ?

D’abord, l’anamnèse. Durant une demi-heure, on écoute le patient afin de connaître ses attentes, ses peurs, ses souvenirs douloureux ou traumatisants. À partir de là commence le travail d’hypnothérapie à proprement parler. Par la parole, avec des mots et des intonations appropriées, le patient est plongé en état d’hypnose, entre la veille et le sommeil. Cette profonde relaxation va permettre de traiter les angoisses, les dépendances, de couper certains liens avec le passé en effectuant une transformation intérieure positive de l’individu.

 

Tout le monde est-il sensible à l’hypnothérapie ?

Oui, à condition que le patient fixe lui-même ses objectifs et accepte de lâcher prise. Certaines personnes ont peur de tomber dans une forme d’inconscience, refusent de se laisser aller. Dans ce cas, inutile de persévérer.

 

L’hypnothérapie, un remède contre les addictions ?

 

Les effets sont-ils immédiats ?

Il y a des effets immédiats à l’issue de la première séance, puis durant les trois semaines qui suivent. En moyenne, il suffit donc de deux séances, sauf pour des cas plus lourds. La dépendance à la drogue est notamment plus longue à traiter que l’addiction à la cigarette.

 

Outre ces problèmes de dépendance, dans quels cas l’hypnothérapie est-elle très efficace?

En général, on parvient en deux séances à lutter contre certaines peurs, angoisses ou phobies. Exemple : savoir s’exprimer en public ou retrouver la confiance en soi en société. On parvient aussi facilement à traiter les problèmes de stress. En revanche, certaines pathologies sont plus longues à disparaître comme les TOC (Troubles Obsessionnels Compulsifs) présents depuis l’enfance, de même que certaines maladies chroniques commela dépendance à l’alcool et la drogue. Dans le cas de maladie comme un cancer, l’hypnothérapie va aussi permettre de mieux tolérer un protocole de médicaments, une chimiothérapie, et améliorer ainsi l’état moral et physique du patient.

 

Que pensez-vous de l’hypnose médicale ?

C’est une approche complémentaire de notre activité qui commence à être intégrée en milieu hospitalier, notamment auprès des enfants. Le problème, c’est le temps. Une séance d’hypnose dure au minimum une heure. Pas facile à trouver quand on connaît les rythmes infernaux dans les hôpitaux. Cela étant, je reste persuadé que l’hypnose va s’y développer car la France reste dans ce domaine très en retard par rapport à d’autres pays comme le Québec.

 

Combien coûte une séance d’hypnothérapie ?

En moyenne une centaine d’euros la première séance puis 80 euros les séances suivantes. Ces séances ne sont pas remboursées par la Sécurité sociale mais de plus en plus par certaines mutuelles qui ont compris qu’il valait mieux rembourser deux séances d’hypnose que des médicaments pendant des années.

 

(1) Enseignant international en hypnose Ericksonienne et fondateur de l’hypnose humaniste.

À SAVOIR

Quelle est la différence entre l’hypnose et l’hypnothérapie ?
L’hypnose, technique associée au monde de la magie et du spectacle, repose essentiellement sur les yeux et l’injonction. L’hypnothérapie, forme d’hypnose utilisée à des fins thérapeutiques, utilise la voix pour amener son patient dans un état artificiel.

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