Changement d'heure et effets sur l'organisme
Le changement d'heure a des conséquences néfastes sur la santé et en particulier sur le sommeil. ©Pixabay

Dans la nuit du samedi 30 octobre au dimanche 31 octobre 2021, à 3 heures du matin, on passera à l’heure d’hiver. Si on gagne une heure de sommeil, on perd aussi beaucoup de luminosité en fin de journée. Un décalage qui n’est pas sans incidence puisque notre horloge biologique va être perturbée. Fatigue, perte d’appétit, manque de concentration, troubles du sommeil ou d’endormissement… Les conséquences du changement d’heure sont nombreuses. En attendant la fin du traditionnel passage à l’heure d’hiver, les conseils d’un médecin du sommeil pour limiter ses impacts néfastes sur la santé.

Heure d’été, heure d’hiver… Chaque année depuis 45 ans, on retarde ou on avance d’une heure les horloges lors du changement de saison. Est-ce enfin la dernière fois cette année ? Après un référendum, le Parlement européen a voté en 2019, la fin du changement d’heure pour 2021. Avec la volonté d’instituer l’heure d’été définitivement. Mais la crise sanitaire liée à la Covid-19 a depuis tout bouleversé… La suppression du changement d’heure a été annulée et aucun projet de loi ne fait aujourd’hui état d’une nouvelle date.

Ce décalage horaire n’est pourtant pas sans conséquence sur la santé et en particulier sur celle des personnes fragiles. Quels sont les effets du changement d’heure sur l’organisme. Comment les réduire ? Les conseils du Dr Anne-Hélène Giraud, médecin spécialiste du sommeil à l’Hôpital privé de la Loire, à Saint-Etienne. 

 

Les enfants et les personnes âgées plus touchés par le changement d’heure 

Quelles conséquences engendrent le changement d’heure sur la santé ? 

L’horloge biologique fonctionne sur 24 heures. Elle est basée sur le cycle circadien naturel de l’homme, soit l’alternance veille-sommeil. Cette horloge interne rythme notamment la sécrétion de la mélatonine ou « l’hormone du sommeil ». Elle a aussi une incidence sur l’activité du système immunitaire. 

Le changement d’heure va déréguler le fonctionnement de l’horloge biologique. Ainsi, ce changement peut provoquer une fragilité du système immunitaire, la perturbation de l’appétit (une sensation de faim à des horaires décalés, une perte ou une diminution de l’appétit…) ainsi que des troubles du sommeil (insomnies, réveils fréquents, difficultés d’endormissement…). 

La fatigue ressentie peut également entraîner des problèmes de concentration, de l’attention ou encore des troubles de l’humeur. On assiste ainsi à une augmentation des accidents de la route et des risques d’infarctus du myocarde la semaine suivant le changement d’heure.

 

Combien de temps le corps met-il à se remettre du décalage horaire ? 

En général, l’organisme s’adapte en quelques jours à ce nouveau rythme. En revanche, cela peut prendre plus de temps pour les personnes fragiles tels que les enfants et les personnes âgées ou malades. Les nourrissons, qui ont un rythme de sommeil différent, sont également impactés par le décalage horaire car l’environnement autour d’eux est modifié.

Pour les personnes ayant des difficultés à s’adapter au changement d’heure et pour lesquelles les symptômes durent plus d’une semaine, des traitements existent. La luminothérapie est le traitement le plus généralement utilisé par les médecins du sommeil pour permettre la régulation de l’horloge biologique d’une personne en fonction du nouveau rythme horaire de son environnement. 

 

L’heure d’hiver plus proche de celle de notre horloge biologique

Gagner une heure de sommeil en hiver, est-ce réellement bénéfique ? 

L’heure d’hiver est celle qui se rapproche le plus de notre horloge biologique naturelle car elle correspond davantage au rythme du soleil et de la lumière, sur lequel notre organisme se régule.

Nous avons perdu environ 1h30 de sommeil depuis une cinquante d’années. Dormir une heure de plus la nuit du passage d’heure d’été à l’heure d’hiver est bénéfique pour l’organisme en prenant en compte la quantité de sommeil. 

Cependant, le décalage horaire perturbe l’organisme. En effet, cela dérègle le rythme biologique instauré depuis plusieurs mois. Plutôt que d’améliorer la qualité du sommeil, celle-ci est dégradée. On assiste ainsi à des troubles d’endormissements ou encore davantage de réveils nocturnes. 

 

Chacun a des besoins de sommeil différents selon son âge ou son état de santé. Comment déterminer le temps de sommeil dont notre corps a besoin ?

 

Les trois axes du sommeil sur lesquels porter une attention particulière sont : sa quantité, sa qualité et ses horaires. Chaque personne possède des besoins physiologiques différents par rapport au sommeil en fonction des caractéristiques de son organisme.

Pour déterminer le nombre d’heures de sommeil dont vous avez besoin, choisissez une période sans exigences en terme d’horaires. L’heure à laquelle le réveil se fait naturellement en ayant le sentiment d’un sommeil réparateur déterminera la durée de sommeil dont vous avez besoin.

Dix conseils pour limiter les effets du changement d’heure sur l’organisme

Quels conseils pourriez-vous donner pour limiter les effets du changement d’heure sur la santé ?

  • Se préparer au changement d’heure les jours qui le précèdent. Décaler son réveil d’un quart d’heure à trente minutes progressivement pour faciliter l’adaptation.
  • Faire des courtes siestes de 15 à 30 minutes en début d’après-midi pour limiter les effets de la fatigue tout en préservant la qualité du sommeil de nuit.
  • Éviter les aliments riches en mauvaises graisses, en sucres rapides ou en sel pour éviter d’affaiblir davantage l’organisme lors de la digestion.
  • Manger léger le soir et au moins deux heures avant le coucher.
  • Limiter l’utilisation des écrans avant l’heure du coucher.
  • Au réveil, veiller à s’exposer à la lumière (de préférence naturelle) pour favoriser la régulation de l’horloge biologique.
  • Limiter la prise de médicaments hypnotiques tels que les somnifères pour s’endormir.
  • Augmenter la pratique d’activité physique (même en période de confinement) pour favoriser l’adaptation de l’organisme au nouveau rythme horaire.
  • Respecter le plus possible un rythme de vie régulier (heures des repas, du réveil et du coucher, de l’activité physique…)
  • Écouter son corps et ne pas hésiter à faire des pauses et à se reposer quand cela est nécessaire.

Retrouvez la liste des médecins spécialistes du sommeil sur www.conseil-national.medecin.fr

 

À SAVOIR 

Le changement d’heure a été instauré en France à la suite du choc pétrolier de 1973-1974. En 2019, le Parlement européen a voté sa suppression, en faveur de l’heure d’été, qui sera alors établie tout au long de l’année. Mais la date d’entrée en vigueur de cette loi, qui devait avoir lieu cette année, n’est pour le moment pas encore connue… À suivre.

2 Commentaires

  1. Certes le changement d’heure ne permet pas de faire des économies d’énergie mais, contrairement à ce que nous disent certains, il n’est pas dangereux pour la santé (ou alors toutes les personnes qui prennent l’avion et qui ont un décalage horaire devraient mourir sur le champ) et surtout le changement d’heure est utile car il permet d’harmoniser les journées en fonction de la saison c’est-à-dire d’avoir de longues soirées en été et un jour qui ne se lève pas trop tard en hiver. Il faut donc dénoncer la consultation en ligne qui a eu lieu en 2019 qui, puisqu’il s’agit d’une consultation en ligne, n’a aucune valeur et qui aurait montré que 83,71% des Français souhaitaient la fin du changement d’heure et que 59,17% souhaitaient toujours rester à l’heure d’été, dénoncer ce simulacre de démocratie et, par exemple, organiser un référendum sur ce sujet. Et alors peut-être les Français, retrouvant un semblant de lucidité, comprendront qu’il faut garder le changement d’heure puisqu’il est utile et peu contraignant.

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