Glaucome : le dépistage vous sauve la vue

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Le glaucome, grave affection oculaire pouvant conduire à la cécité, touche plus d’un million de personnes en France. Qu’est-ce que le glaucome ? Comment prévenir et traiter le glaucome ? Explications d’un expert de la vision.

Méconnu en France, le glaucome menacerait pourtant de lourds handicaps visuels plus d’un million de personnes. Relayé par l’Unadev, l’Union Nationale des Aveugles et Déficients Visuels, ce pronostic alarmant explique pourquoi cette grave affection de la vue est devenu l’un des grands enjeux de santé publique dans le pays.

Glaucome : “des dommages irréversibles”

Qu’est-ce que le glaucome ?

Professeur Philippe Denis : Le glaucome est une maladie du nerf optique liée le plus fréquemment à une augmentation de la tension oculaire. Cette montée de pression altère le nerf optique, le câble qui envoie la lumière au cerveau. Sa destruction entraîne des trous dans le champ visuel. La forme la plus fréquente est celle du glaucome à angle ouvert, qui concerne 90% des patients. Il est dû à la fermeture très progressive du trabéculum, le filtre d’évacuation du liquide intra-oculaire.

Quels sont les signes qui préviennent d’un glaucome ?

Professeur Philippe Denis : C’est là l’un des problèmes de cette maladie, qui évolue lentement et progressivement. On ne se rend compte de rien, le cerveau reconstituant automatiquement l’image, et l’autre œil compensant celui qui est touché. Les premières gênes surviennent parfois 10 ans après le déclenchement de la maladie. Il est donc souvent trop tard au moment de la prise en charge du patient, car les dommages sont pour la plupart irréversibles. Ce qui est perdu l’est pour toujours.

Glaucome : des milliers de patients ignorent qu’ils en sont victimes

Comment prévenir la maladie ?

Professeur Philippe Denis : La seule prévention qui existe, c’est le dépistage. Aucune vitamine ou médicament quelconque ne peut empêcher l’éclosion d’un glaucome. On peut heureusement en détecter les stades les plus précoces en recourant à des appareils simples, indolores et non invasifs, qui offrent une vue 3D de l’architecture du nerf optique et permettent de détecter les premiers signes. La mesure de la pression oculaire est aussi un examen simple, non douloureux et réalisable en quelques secondes.

Quels sont les facteurs de risque ?

Professeur Philippe Denis : Les risques sont plus importants chez les personnes présentant une tension de l’œil, ayant des antécédents familiaux ou/et souffrant de myopie ou d’hypermétropie. On constate aussi un nombre deux fois plus élevé de cas chez les populations afro-antillaises. L’âge, également, est important, les glaucomes se déclarant le plus souvent après 50 ans.

Est-ce une maladie rare ?

Professeur Philippe Denis : Au contraire, on estime à 7 à 800 000 le nombre de patients atteints d’un glaucome en France, et à 3 à 400 000 le nombre de ceux qui ignorent qu’ils en sont victimes. Soit un total de 1 à 1,2 millions de personnes touchées dans notre pays. Une étude a récemment démontré que les cas de glaucome représentaient une consultation sur dix dans nos cabinets d’ophtalmologie. Il s’agit donc bien d’un enjeu de santé publique majeur.

Glaucome : dépistage obligatoire après 45 ans !

Comment soigne-t-on un glaucome ?

Professeur Philippe Denis : On ne corrige pas un glaucome avec des lunettes. Il existe en revanche plusieurs thérapeutiques destinées à abaisser la pression oculaire, à base de collyres dans 80 % des cas, de laser et de chirurgie pour les cas les plus graves. La chirurgie donne en effet de bons résultats, mais elle est réservée aux cas de glaucomes qui continuent d’évoluer lorsque les traitements en collyres ne sont pas assez efficaces.

Peut-on enrayer l’évolution de la maladie ?

Professeur Philippe Denis : La plupart du temps, le glaucome se stabilise et n’évolue pas, si tant est qu’il ait été dépisté tôt et qu’il ait été convenablement traité. En revanche, l’absence de traitement peut rapidement engendrer une dégradation de la vision, occasionner de la gêne quotidienne, pour lire ou pour conduire, voir aboutir à une cécité partielle ou totale. D’où l’importance primordiale d’un dépistage précoce, surtout à partir de 45 ans !

Existe-il d’autres formes de glaucome ?

Professeur Philippe Denis : Il en existe en effet une forme plus rare et dangereuse, le glaucome aigu, ou à angle fermé. Il survient lorsque l’iris se colle au trabéculum, ce qui engendre une augmentation brutale de la tension oculaire, qui se traduit par de vives douleurs, une chute rapide de la vision, des nausées… Il s’agit d’une urgence ophtalmologique, qui nécessite une prise en charge immédiate.

 

A SAVOIR

1 à 1,2 million de personnes seraient atteintes de glaucome en France, dont un tiers sans le savoir. Cette déficience oculaire grave, à l’origine de 10 à 15% des cas de cécité dans l’Hexagone, concerne 8% des plus de 55 ans. Le vieillissement de la population se traduit d’ailleurs pas une augmentation constante du nombre de cas dans le monde (70 millions aujourd’hui, 100 millions en 2030).

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