Les infarctus sont plus fréquents dans les zones défavorisées de Rhône-Alpes Auvergne
Les maladies cardiovasculaires, à l'origine de 26% des décès en Auvergne Rhône-Alpes ©DR

Selon une étude de l’ORS, le cancer et les maladies cardiovasculaires sont les principales causes de décès dans la future région Auvergne Rhône-Alpes, alors que les cas de diabète ne cessent de progresser.

A quelques jours du premier tour des élections régionales et avant la fusion d’Auvergne et de Rhône-Alpes, l’ORS (Observatoire Régional de la Santé) vient de publier un panorama santé de la future deuxième région de France qui concentrera 12% de la population française (7,7 millions d’habitants) et représentera 13% du territoire métropolitain. Cette étude très complète révèle notamment que le cancer et les maladies cardiovasculaires sont à l’origine de plus de la moitié des décès de cette grande région. Le cancer, à l’origine de 28% des décès, demeure ainsi la première cause de mortalité. “Il s’agit principalement de cancers du poumon, du côlon-rectum et de la prostate chez l’homme, et de cancers du sein, du côlon-rectum et du poumon chez les femmes“, notent les auteurs de cette étude. Ces derniers précisent que “seul l’Allier se trouve en surmortalité significative par rapport à la France métropolitaine“. Outre l’Allier, les départements de la Haute-Loire et de l’Ardèche présentent aussi des taux de mortalité liés au cancer plus importants que la moyenne, alors que les taux les plus bas se situent dans la moitié Est, en l’occurrence en Haute-Savoie, dans l’Isère et le Rhône.

Moins d’infarctus dans le Rhône et en Haute-Savoie

Les maladies cardiovasculaires, à l’origine de 26% des décès, sont particulièrement redoutables sur tout le flanc Ouest de la future région Auvergne Rhône-Alpes, alors que les taux de mortalité les moins élevés se retrouvent, là encore, sur la partie Est, qu’il s’agisse du Rhône, de la Haute-Savoie, de l’Ain ou de l’Isère. “La carte cantonale montre surtout des taux de mortalité très faibles dans les territoires les plus urbanisés“, soulignent les auteurs de l’étude, rappelant que les maladies cardiovasculaires comprennent les cardiopathies ischémiques (angine de poitrine, infarctus du myocarde…), l’insuffisance cardiaque, les accidents vasculaires cérébraux, les maladies thromboemboliques et l’hypertension artérielle.

En Auvergne Rhône-Alpes, le diabète nouveau fléau de santé publique

Autre enseignement de ce rapport, le diabète constitue une pathologie en augmentation constante dans la future grande région, au point d’être la deuxième maladie motivant une prise en charge en Affection de longue durée (ALD), juste derrière les maladies cardiovasculaires mais devant  le cancer. Cette pathologie, beaucoup plus répandue chez les populations défavorisées urbaines, fait de nombreuses victimes dans l’Allier, la Loire, le Puy-de-Dôme et l’Isère. En revanche, d’autres départements comme l’Ain, la Savoie et la Haute-Savoie, mais aussi l’Ardèche, le Cantal et la Haute-Loire apparaissent beaucoup moins impactés par le diabète. “Parmi les origines du diabète de type 2, les facteurs comportementaux occupent une large place (alimentation, surpoids, sédentarité), ce qui ouvre la voie à des programmes de prévention du diabète axés sur les facteurs de risque, programmes à mettre en œuvre auprès des publics concernés, dans les territoires les plus touchés par cette pathologie“, insistent les rapporteurs de cette étude.

Deux fois plus de décès “prématurés” chez les hommes

Enfin, ce panorama exhaustif de la santé en Auvergne Rhône-Alpes révèle que la surmortalité dite “prématurée”, autrement dit avant 65 ans, touche deux fois plus les hommes que les femmes. Dans ce domaine  aussi, la partie Est de la future grande région demeure beaucoup plus épargnée, les taux les plus faibles se concentrant sur les départements rhônalpins de l’Ain, du Rhône, de l’Isère, de la Savoie et de la Haute-Savoie. “Environ la moitié des décès prématurés pourraient être évités, soit par une amélioration du système de soins, soit par une diminution des facteurs de risque individuels (comportements en matière d’alcool, de tabac, d’alimentation, sédentarité, accidents, suicide…)“, concluent les experts de l’ORS, qui insistent sur l’importance de la prévention et du dépistage, notamment pour le cancer.

A savoir

Selon cette étude, les pathologies liées au tabac et à l’alcool constituent les deux premières causes évitables de décès. En Auvergne Rhône-Alpes, le seul cancer du poumon, pathologie souvent liée à la consommation de tabac, est responsable de plus de 5% des décès, avec un pic dans l’Allier et le Rhône.

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