Espérance de vie: mieux vaut habiter en Rhône-Alpes qu’en Nord-Pas-de-Calais

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Mieux vaut être un cadre en Rhône-Alpes qu’un ouvrier en Nord-Pas-de-Calais pour espérer vivre vieux. Tel est l’un des constats à la lecture du rapport publié par la Drees sur l’état de santé de la France. Autres enseignements, l’écart d’espérance de vie entre les hommes et les femmes continue de se réduire, les tumeurs et les maladies de l’appareil circulatoire demeurant les principales causes de mortalité.

Si vous voulez vivre vieux, mieux vaut habiter en Rhône-Alpes qu’en Nord-Pas-de-Calais, en Picardie ou en Lorraine. Tel est l’un des nombreux enseignements  de l’édition 2015 de “L’état de santé de la population en France”, un rapport de 500 pages publié par la direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) des ministères sociaux. Ce document, qui regroupe plus de 200 indicateurs, dresse un panorama détaillé de la santé des Français, en combinant approches par population, par déterminant et par pathologie.
On découvre ainsi que l’espérance de vie en Rhône-Alpes atteint 79,6 ans chez les hommes et 85,5 ans chez les femmes. Des chiffres sans équivalents en province, seule l’Île-de-France affichant une espérance de vie moyenne légèrement supérieure (80,1 ans chez les hommes, 85,5 ans chez les femmes) en France métropolitaine. De multiples facteurs expliquent cette disparité géographique. Certains tiennent aux inégalités sociales, au recours aux soins et aux comportements individuels de santé. L’étude des comportements à risque montre par exemple que la consommation quotidienne d’alcool chez les personnes âgées de 18 à 75 ans est soumise à des variations régionales parfois importantes. “Deux régions se distinguent par une proportion de buveurs quotidiens nettement plus élevée que la moyenne nationale : le Nord-Pas-de-Calais et le Languedoc-Roussillon, avec une prévalence de 18 % et 17 % contre 11 % en moyenne”, révèle le rapport, soulignant que malgré une baisse régulière de la consommation d’alcool depuis les années 2000, son excès de consommation “est à l’origine d’une part importante de la morbidité (cancers, maladies chroniques du foie, atteintes psychiques, séquelles d’accidents) et de la mortalité prématurée” en France.

Les femmes, le tabac et l’alcool

Malgré tout, globalement, dans notre pays, “l’espérance de vie continue d’augmenter, contribuant au vieillissement de la population et à l’augmentation du nombre de personnes atteintes de pathologies chroniques et d’incapacité fonctionnelle“, notent les experts de la Drees, qui soulignent que “si les femmes, en France, bénéficient d’une espérance de vie supérieure à celle des hommes, l’écart entre les sexes ne cesse de se réduire. Il était de 8,2 ans en 1994, puis de 7,1 ans en 2003. il est désormais de 6,2 ans en 2014“.
Autre constat, depuis 2004, les tumeurs sont  la première cause de mortalité en France, devant les maladies de l’appareil circulatoire et les morts violentes (accidents suicides…), mais la hiérarchie des causes de mortalité est inversée chez les hommes et chez les femmes. Ainsi, les maladies de l’appareil circulatoire restent la première cause de mortalité chez les femmes, devant les tumeurs. C’est l’inverse chez les hommes. “Mais l’évolution des comportements des femmes vis-à-vis du tabac et de l’alcool est dès à présent lisible dans l’évolution des taux de mortalité pour les tumeurs des voies aériennes supérieures, du poumon et du foie“.

Les populations les moins favorisés cumulent les facteurs à risques

Des disparités géographiques fortes mais aussi des disparités sociales apparaissent au fil des pages du rapport. “À âge et à sexe égal, l’existence et l’importance des problèmes de santé sont d’abord liées à la position sociale et au niveau d’études“, insistent les spécialistes de la Dress, qui tentent d’identifier les facteurs de ces inégalités: les conditions de vie et notamment de travail, les modes de vie et les comportements à risque, l’effet de la structure sociale (position relative, domination hiérarchique et perte d’autonomie), le rôle du système de santé et de soins. “Ce sont souvent les mêmes populations, les moins favorisées (faible revenu, peu diplômées), qui cumulent les expositions aux différents facteurs de risque pour la santé, que ce soit dans l’environnement professionnel (exposition au travail physiquement pénible, au travail de nuit, aux produits toxiques, etc.) ou dans l’environnement familial (bruit, mauvaise qualité de l’air ou de l’eau, etc.). Ce sont elles aussi qui ont le plus souvent les comportements défavorables à la santé (notamment en matière de nutrition, d’activité physique, de prévention, etc.)“, résument les analystes de la Drees, précisant que “l’écart d’espérance de vie à 35 ans entre cadres et ouvriers est de 6,3 ans pour les hommes et de 3 ans pour les femmes“.
Ces disparités se retrouvent partout et à tout âge, même le plus jeune. Ainsi, pour  l’obésité par exemple, à l’origine de nombreuses pathologies, la proportion d’enfants et d’adolescents obèses atteint  4,5 % dans la classe ouvrière contre seulement 1,2 % chez les cadres en grande section de maternelle. Cet écart ne cesse de croître avec l’âge, 5,8 % des enfants d’ouvriers souffrant d’obésité en CM2 contre seulement contre 0,8 % dans une famille de cadres.
Autre chiffre significatif, seulement 27% des ouvriers pratiquent une activité physique hebdomadaire, soit exactement deux fois moins (54%) que les cols blancs…

A savoir

Le rapport de la Drees révèle d’importantes disparités en matière de santé bucco-dentaire en France, que ce soit sur le plan socio-professsionnel ou géographique. Ainsi, 53% des enfants d’ouvriers ont au moins une dent cariée, alors qu’ils ne sont que 26% dans les rangs des enfants de cadres. “En dépit d‟une amélioration de la santé bucco-dentaire depuis quelques décennies, le taux de recours aux chirurgiens- dentistes, de l’ordre de 40 % en 2012 dans la population adulte, reste insuffisant. Des disparités importantes, de l’ordre de 20 %, sont observées entre les régions“, révèle le rapport. En Rhône-Alpes, la proportion d’adultes ayant consulté au moins une fois un chirurgien-dentiste est de 42,3%. Un taux légèrement supérieur à la moyenne nationale, mais loin de PACA qui avec 53% d’adultes ayant consulté un chirurgien-dentiste dans l’année, fait figure de bon élève en matière de santé bucco-dentaire.

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