école inclusive en Auvergne-Rhône-Alpes
3% des élèves accueillis en école dite "ordinaire" sont des enfants dits "diffférents". ©Adobe Stock

L’école inclusive fait son chemin en France. Entre ouvertures de classes spécialisées en école ordinaire et formations des professionnels, l’Agence Régionale de Santé multiplie les actions en faveur de l’accueil d’enfants “différents“ en école “ordinaire“. Une initiative exemplaire en Auvergne-Rhône-Alpes.

En Auvergne-Rhône-Alpes, où l’on recense près de 55 000 enfants en situation de handicap scolarisés en milieu ordinaire ou spécialisé, l’Agence Régionale de Santé et la Région académique (Académies de Lyon, Grenoble et Clermont-Ferrand) ont fait partie des premières régions à signer, en septembre 2016, une convention érigeant l’école inclusive en priorité.

En 2019, 10 jeunes autistes de 6 à 11 ans ont ainsi fait leur rentrée dans une école élémentaire de Roche-la-Molière, dans la Loire. L’objectif de cette nouvelle classe ? Faire bénéficier à ces élèves souffrant d’un trouble du spectre autistique des bienfaits d’une scolarisation en milieu ordinaire, tout en garantissant le maintien de la qualité de leur accompagnement spécialisé. Il s’agit là du principe fondamental de l’école inclusive, dispositif issu de la Loi pour l’égalité des droits et des chances du 11 février 2005.

 

École inclusive : des actions concrètes

Plus de la moitié des établissements médicaux-sociaux de la région (265 instituts en tout) proposent désormais aux enfants atteints, par exemple, de troubles moteurs ou psychiques des enseignements externalisés, c’est-à-dire en milieu scolaire de droit commun. L’ARS, qui consacre chaque année près de 680 millions d’euros en soutien du handicap (enfance), multiplie les actions pour élargir le dispositif. Elle œuvre aussi à optimiser la coopération entre milieu scolaire et secteur médico-social, au travers de formations croisées entre professionnels des deux secteurs. L’ARS organise aussi, cet automne, le lancement d’un appel à candidatures pour la constitution de 41 équipes mobiles chargées d’apporter compétences techniques et informations aux professionnels de l’Éducation Nationale.

Entre autres soutiens notables, l’ARS contribue également à l’ouverture d’ici 2022 de 44 classes spécialisées dans l’accueil d’enfants souffrant de troubles autistiques, sur le modèle de Roche-la-Molière. Avec un objectif ambitieux : conduire au moins la moitié de ces élèves à poursuivre ensuite une scolarité en classes ordinaires.

 

L’école inclusive : pour quels élèves ?

« L’école inclusive exprime la capacité de l’école ordinaire à accueillir tous les enfants, quels que soient leurs besoins éducatifs particuliers et leurs singularités », résume Catherine Gini, référente pour l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes. Soit les jeunes autistes (1% des naissances en France), mais aussi tous les enfants présentant déficiences intellectuelles, troubles moteurs, polyhandicaps, troubles psychiques, déficiences sensorielles (visuelles ou auditives) ou encore troubles “dys“ (dyslexie, dyspraxie, etc.) …

À l’heure actuelle, 3% des élèves accueillis en école ordinaire sont des enfants différents.

 

Quels bienfaits pour les élèves ?

L’accueil en milieu ordinaire, comme l’ont prouvé de nombreuses études, augmente les chances de réussite et d’accès à une qualification. Il garantit aux enfants un enseignement de meilleure qualité, un plus grand nombre d’heure de scolarisation et, bien sûr, un éveil social décuplé. Et ce sans les couper des accompagnements médicaux et éducatifs délivrés dans leurs établissements et services spécialisés.

Et à l’école, le bénéfice rejaillit également sur les autres enfants, confrontés directement au handicap : « L’école inclusive ouvre le regard des autres élèves face aux différences et contribue à en faire des citoyens sensibilisés au handicap», relève Catherine Gini.

 

Une vraie réponse pour les parents

Confrontées parfois à un chemin de croix, les familles d’enfants en situation de handicap bénéficient d’une offre de plus en plus complète, entre accueil en milieu ordinaire avec l’appui de services mobiles médico-sociaux (SESSAD), et instituts spécialisés. L’ARS s’attache à repérer au plus vite les enfants en attente de solution : « notre objectif est d’éviter que certains enfants passent entre les mailles du filet. Des commissions se réunissent dès le mois de juin pour identifier des solutions sur mesure et, parfois, convaincre les familles de l’intérêt d’un accueil en milieu ordinaire. Mais la demande des familles est globalement satisfaite, car la plupart souhaitent que leur enfant rejoigne l’école ordinaire ».

 

À SAVOIR

École inclusive : les nouveautés 2020-2021

Le gouvernement a annoncé durant l’été une série de mesures pour améliorer l’accueil en milieu scolaire des élèves en situation de handicap :

  • Simplification de l’accès aux droits MDPH

  • Mise en place d’un numéro vert unique “Aide Handicap École“ : 0 805 805 110

  • Création de 8000 postes d’AESH (accompagnants élèves en situation de handicap, ex AVS)

  • Création de 350 nouvelles Ulis (unités localisées pour l’inclusion scolaire)

  • Lancement d’un livret de parcours inclusif dématérialisé

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here