troubles dys quelles différences ?
Les troubles dys, malgré leurs différences, ont un point commun : un handicap difficile à surmonter au quotidien pour de nombreux enfants. ©Pixabay

5 et 8 % des enfants en France seraient concernés par des troubles spécifiques des apprentissages : les fameux troubles dys. Chacun de ces troubles engendre d’importantes difficultés dans la scolarité d’un enfant. Les différences sont toutefois notables. À l’occasion de la 14ème Journée Nationale des Dys, samedi 10 octobre 2020, Ma Santé lève le voile sur leurs différences et fait le point sur ce handicap invisible, avec le concours de Marie-Claire Thiollier, spécialiste de la prise en charge des enfants Dys à Lyon.

Dyslexie, dyspraxie, dyscalculie, dysorthographie, dysgraphie, dysphasie… Autant de termes que de différences. Ces troubles, regroupés sous la bannière des troubles « dys », partagent la même affiliation aux troubles spécifiques des apprentissages, à l’exception de la dysphasie, trouble du développement du langage. Aux côtés des troubles déficitaires de l’attention (TDA/H), ils forment donc une réalité scolaire délicate, tant par leur étection que par leur prise en charge.

Un peu perdu au milieu des Dys ? Ma Santé vous aide à vous repérer dans la grande famille des Dys, avec le concours du Dr Marie Thiollier, orthophoniste de formation, la directrice et coordinatrice de soins du réseau E=mcDys, à Lyon.

 

Troubles dys : des enfants en difficulté

Dys, difficulté en grec. Les troubles de l’apprentissage sont synonymes d’obstacles dans l’acquisition des facultés à lire, écrire, parler ou encore se concentrer. Sans déficience intellectuelle ni neurologique, la cause de ces troubles renvoie à un atypisme neuro-développemental. On identifie donc un fonctionnement cérébral singulier, comme un atypisme cognitif.

En effet, loin du vocabulaire de maladie, déficience ou retard, les troubles dys s’imposent comme une particularité durable. On ne soigne pas ni ne guérit ce fonctionnement atypique. Etre dys, c’est être différent toute la vie. Une prise en charge spécifique est
nécessaire : les professionnels de santé vont ainsi proposer des mesures de
compensation et des adaptations spécifiques, ajustées à chaque âge et situation, pour
permettre aux personnes de « vivre avec ». Loin d’un environnement social inadapté, l’enfant peut s’épanouir et réussir sa scolarité. À condition que l’entourage accompagne sans jugement et dans le respect de la souffrance invisible.

 

Dyslexie et dysorthographie : la lecture, l’écriture et moi

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La dyslexie révèle souvent une altération de la lecture. ©Pixabay

Regroupés au sein des troubles du neuro-développement, les troubles spécifiques des apprentissages s’expriment sur les bancs de l’école. Dans l’acquisition de la lecture pour les dyslexies, de l’orthographe pour la dysorthographie, avec fréquemment une répercussion secondaire dans la qualité de l’écriture.

Être dyslexique peut revêtir plusieurs types de difficultés. Il y a en effet plusieurs formes de dyslexies. La dyslexie phonologique (en lien avec un trouble phonologique) concerne les difficultés dans la manipulation des sons. Faire correspondre lettres et sons, déchiffrer des sons, des syllabes, des mots, est entremêlé de confusions. La dyslexie de surface, ou dyslexie lexicale, relève d’un défaut d’ordre visuo-attentionnel et entrave donc la constitution du lexique orthographique et la reconnaissance des mots. Ainsi, le lecteur redécouvre à chaque fois le même mot et le lit différemment. Le lexique est pauvre, l’image des mots est floue. On parlera de dyslexie mixte quant toutes les subtilités précédentes sont un obstacle.

Concrètement ? La lecture est laborieuse et fatigante, elle n’arrive pas à s’automatiser et l’enfant doit redécouvrir à chaque fois les mécanismes pour identifier les mots. La compréhension du texte lue est altérée et tout devient difficile, les apprentissages reposant tous sur la lecture.

La dysorthographie, souvent associée à la dyslexie, touche elle à l’acquisition de l’orthographe. La dissociation graphème-phonème (même son, écriture différente) est délicate et demande de nombreux efforts. Les mots peuvent être mal conjugués, des lettres oubliées ou ajoutées. L’écriture devient alors un véritable calvaire.

 

La dyscalculie : « les maths, pas vraiment mon dada » 

Les troubles des activités numériques, appelés troubles des apprentissages du calcul ou dyscalculie, dépeignent une difficulté à comprendre et utiliser les nombres. Réaliser des calculs simples, résoudre des problèmes, écrire et lire des nombres, différencier la soustraction d’une addition, se positionner dans un problème de géométrie…

Toutes ces facultés opérationnelles sont complexes et mettent en jeu l’attention, la mémoire, le raisonnement, tant sur les opérations que les écritures de nombres ou encore la géométrie, deviennent un véritable casse-tête.

 

La dysgraphie ou l’art d’avoir du mal à écrire

Trouble de l’acquisition et de l’automatisation du geste graphique, l’enfant a du mal à écrire. Tenir un stylo correctement relève du mystère. Le geste est lent, l’écriture parfois illisible et les ratures nombreuses. La ponctuation s’inscrit aussi dans cette difficulté. Ainsi, être dysgraphique, c’est focaliser toute son attention sur l’écriture. Pas de place pour les distractions, et encore moins une double-tâche.

 

Dyspraxie : maladresse ou entrave ?

Handicap du « comment faire », les dyspraxies s’inscrivent dans les troubles du développement moteur, comme troubles développementaux de la coordination motrice. Ces troubles altèrent les gestes du quotidien, la motricité fine, associant parfois des difficultés visuo-spatiales.

Avoir des difficultés de motricité fine (coloriage, découpage), des maladresses, fait partie du quotidien pour l’enfant souffrant de dyspraxie. Ainsi les puzzles, jeux de construction et les lacets sur les chaussures représentent une difficulté supplémentaire.

 

La dysphasie : une poésie

La poésie, toute une histoire de mots ! Les dysphasies sont des troubles touchant le développement du langage oral, tant d’un point de vue réceptif qu’expressif. Prononcer des mots complexes, parler clairement et mettre les mots dans l’ordre : un art difficile à maîtriser pour l’enfant. De même, comprendre les consignes et les mots abstraits semblent épineux.

 

Pas de dys, mais une même épine ! LE TDA/H

Appartenant à la famille des dys, son appellation n’en porte pourtant pas le son. Ce trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité désigne une difficulté dans le maintien de l’attention avec potentiellement une hyperactivité motrice. Le manque de concentration altère les résultats scolaires : les élèves sont perçus comme impulsifs, insolents ou irrespectueux. Sans être un défaut d’effort, l’enfant est distrait et peut également être bruyant et virulent.

Quelque soit les troubles identifiés, la notion de parcours de vie est essentielle. Le lien avec les familles et tous les acteurs concernés priment. Médecin, orthophoniste, ergothérapeute, psychologue… Tant de professionnels qui sont à même d’accompagner. En effet, l’accompagnement et le parcours de soins de ces personnes présentant des troubles des apprentissages doivent s’ajuster, à chaque étape de leurs apprentissages et de leurs besoins.

 

Consultez le programme de la 14ème Journée Nationale des Dys à Lyon en visioconférences, le samedi 10 octobre 2020

 

Retrouvez la liste de tous les médecins psychologues de votre région sur www.conseil-national.medecin.fr

 

À SAVOIR

L’Académie de Lyon dispose depuis 1 an d’une plateforme numérique pour l’école inclusive. Son but ? Préparer la scolarité d’un enfant en situation de handicap. Une plateforme simple pour accompagner les parents dans leurs démarches afin d’obtenir des aménagements de parcours scolaire pour leur enfant. Pour accéder au site, cliquez ici.

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